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Faire le point sur les intérêts de la végétalisation
de l’alimentation en milieu hospitalier et décrire les étapes
qui permettent de faire évoluer les pratiques : tels sont les objectifs
d'un rapport, fruit d’un travail de terrain de l’AVF auprès
des équipes de l’hôpital Cochin, et à la maternité
de Port-Royal, à Paris. Il s’adresse aux équipes hospitalières,
aux responsables de restauration et aux décideurs institutionnels.
La restauration hospitalière est à la croisée d’enjeux
de santé publique, d’éthique et de transition écologique.
Alix Mennella, responsable du pôle Végécantines de
l’AVF, a suivi pendant cinq semaines les équipes soignantes
et le personnel de cuisine de ces établissements, afin de cerner
les besoins spécifiques du milieu hospitalier - contraintes logistiques,
exigences nutritionnelles, diversité des profils de patient·es
- et de co-construire un plan de végétalisation généralisable
à d’autres établissements de santé. L’association
souhaite mettre ce rapport à la disposition de tous les établissements
médico-sociaux, afin d’accélérer la mise en
œuvre d’une alimentation plus durable et plus inclusive.
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Adopter
une alimentation plus végétale, c’est faire
un choix simple et cohérent : bon pour la santé,
bénéfique pour la planète, et naturellement
inclusif. En restauration collective, cela permet de répondre
à une grande diversité de besoins et de convictions,
tout en favorisant une alimentation de qualité, durable
et accessible à tous. La végétalisation passe
par deux actions complémentaires : proposer
une alternative végétarienne quotidienne ; diminuer
la part des protéines animales dans les menus standards.
Axe
1 : développer l’offre végétarienne
Proposer
des légumineuses quotidiennement
Intégrer
au moins une proposition végétale quotidienne, centrée
notamment sur les légumineuses, constitue un levier
nutritionnel et éducatif pour la restauration hospitalière,
tout en se conformant aux recommandations actuelles. Sur le plan
de la santé, les légumineuses apportent des protéines
végétales de qualité, des fibres, des minéraux
et des vitamines du groupe B, tout en étant exemptes d’acides
gras saturés. Leur consommation régulière
est associée à une amélioration du transit,
à un meilleur contrôle glycémique et à
une diminution du risque cardio-métabolique, des enjeux
particulièrement importants chez des patients souvent fragilisés
ou atteints de pathologies chroniques.
Cette orientation s’inscrit pleinement dans les recommandations
du Programme National Nutrition Santé (PNNS 5), qui préconise
au moins deux portions de légumineuses par semaine. Aller
au-delà de ce seuil en proposant une option végétale
quotidienne permet non seulement de respecter le cadre actuel,
mais aussi d’anticiper les évolutions futures des
politiques de santé publique, qui tendent à donner
une place croissante aux protéines végétales
dans l’alimentation.
Ces options végétariennes ne doivent pas être
marginalisées, mais devenir à terme l’option
par défaut pour les patients, notamment dans des services
traitant les maladies cardio-vasculaires, où l’alimentation
majoritairement végétarienne est particulièrement
adaptée, car cardioprotectrice.
Au-delà de l’aspect réglementaire, proposer
chaque jour une option végétale contribue à
normaliser la présence des légumineuses dans les
repas et à les inscrire dans un cadre familier et rassurant.
L’hôpital devient ainsi un lieu de découverte
: en dégustant des préparations variées,
appétissantes et bien tolérées - purées,
dhal, houmous, plats mijotés, associations céréales-légumineuses
-, les patients peuvent abandonner certaines réticences,
et être plus enclins à reproduire ces choix alimentaires
à domicile, notamment si les équipes soignantes
ont su présenter leurs atouts nutritionnels pour l’évolution
de la qualité de vie.
Enfin, cette démarche est essentielle pour garantir une
prise en charge équitable des patients, quelles que soient
leurs motivations éthiques ou religieuses. Une proposition
végétale quotidienne, pensée comme un
plat complet à part entière, et non comme une simple
substitution, permet de respecter les choix alimentaires,
de prévenir les déséquilibres nutritionnels
et de s’inscrire pleinement dans les principes de qualité,
de diversité et d’inclusion attendus de la restauration
hospitalière. |
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Végétaliser
les menus en ambulatoire
L’accueil
en ambulatoire a fortement augmenté ces dernières
années, passant de 7,6 millions en 2017 a 9,9 millions
en 2023.
L’accueil ambulatoire constitue un moment clé
dans le parcours du patient : il est l’occasion de délivrer
des messages forts en matière de santé, de nutrition
et de durabilité. Végétaliser l’offre
des menus ambulatoires apparaît comme une mesure pertinente
pour répondre à plusieurs objectifs institutionnels
:
-
la
santé publique
-
la
réduction de l’empreinte carbone
-
la
réduction du gaspillage alimentaire
-
la
cohérence avec les politiques nutritionnelles nationales
: PNNS, loi EGalim et loi
Climat et Résilience
-
la
maîtrise des coûts, avec des proposition de qualité
moins onéreuses :
légumineuses et céréales
L’impact
carbone peut être mesuré, sur la base de 9,9 millions
de repas : proposer un menu végétarien plutôt
que carné, s’établissant à 0,5 kg de
CO2 émis pour un repas végétarien, contre
7,26 kg de CO2 pour un repas carné, permet une économie
de 67 millions de kg/eqCO2/an, selon le calculateur de l’ADEME. |
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| Végétaliser
les
entrées
Les
protéines d’origine animale sont parfois proposées
en entrée puis en plat.
Ces entrées sont généralement :
- des
œufs durs avec une sauce type mayonnaise riche en AGS
- de
la charcuterie : jambon, saucisson, pâté en croûte…
- du
poisson : sardine, maquereau, thon en salade…
La
cible d’apports protéiques est de 80g/jour en milieu
hospitalier ; contre 50 à 60g par jour pour les adultes
bien portants.
En
se basant sur des grammages standard minimum, les apports protéiques
seraient supérieurs de 10% aux apports ciblés (80g),
bien que restant dans l’intervalle de 10 à 20% de
l’apport énergétique total.
Une
entrée protéinée n’est donc pas nécessaire
pour maintenir les apports protéiques.
Nous
recommandons donc de :
- Supprimer
les entrées contenant des protéines animales :
cela n’est pas indispensable pour l’équilibre
protéique des repas, et augmente le bilan carbone des
menus, particulièrement si un plat avec viande est proposé
par la suite. Une entrée apportant des fibres, minéraux
et vitamines contenues dans les produits végétaux
est plus cohérente.
- Si
le retrait des entrées carnées n’est pas
envisageable, privilégier ces entrées protéinées
lorsque le plat principal repose sur des protéines végétales.
Il reste nécessaire de proposer une alternative d'entrées
végétales - crudité, légumineuse…
- pour les végétariens et végétaliens.
- Envisager
de proposer le poisson plutôt en plat principal lorsque
cela est possible. Sa teneur en protéines étant
élevée et son empreinte carbone plus faible, l’arbitrage
entre viande et poisson - lorsque le poisson est proposé
en entrée -, peut se faire en faveur du poisson ; exemple
: pâte à la sauce tomate, émietté
de thon, filet de citron.

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Créér
de nouvelles recettes
L’introduction
des légumineuses au sein d’un établissement
hospitalier ne doit pas se limiter à l’ajout ponctuel
d’une portion de légumineuses, mais s’inscrire
dans une réflexion globale sur la construction de l’offre
alimentaire. Cette évolution implique un travail de fond
sur les menus, afin d’intégrer durablement ces nouvelles
composantes dans l’offre de restauration.
Les
préparations proposées doivent être goûteuses
et savoureuses, tout en restant simples, lisibles et rassurantes
pour les patients. Le temps du repas étant un moment clé
de confort et de bien-être, il est essentiel de préserver
une zone de sécurité alimentaire en proposant des
plats familiers, composés d’aliments facilement identifiables
et de recettes inspirées du quotidien.
L’introduction
des légumineuses peut se décliner de différentes
manières :
- sous
forme de plats 100% végétariens, complets et équilibrés
;
- ou
sous forme de plats mixtes, associant viande et légumineuses,
permettant une transition progressive vers une alimentation
plus végétale et une meilleure acceptabilité
par les patients. Contrôler les pertes et le gaspillage
alimentaire étant essentiel d’un point de vue économique
et sanitaire - dénutrition -, la vigilance sur l’acceptabilité
de l’offre est essentielle.
La
réussite du projet repose sur plusieurs piliers :
- un
travail approfondi sur les recettes, intégrant les assaisonnements,
les textures, les associations légumes-légumineuses
et les modes de cuisson ;
- une
phase de test et d’évaluation de l’acceptabilité,
par des dégustations, une communication adaptée
auprès des patients, et une analyse du gaspillage alimentaire
lors de l’introduction des nouveaux plats.
L’AVF
met à disposition un recueil de recettes, conçu
pour accompagner les établissements dans la diversification
de leurs menus. |
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.Végétaliser
l'offre alimentaire en milieu hospitalier
Vers
un modèle plus vertueux
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Le secteur médico-social
a pour l’instant peu investi la végétalisation
de l’alimentation. Mais la volonté de
répondre aux attentes des patients et la nécessité
de réduire l’empreinte écologique
sont de fortes motivations pour le développement
de l’offre végétarienne. Cependant,
les exigences médicales et logistiques, les
freins structuraux et la culture de prise en charge
diététique des patients hospitalisés
tendent à fortement ralentir cette évolution
des pratiques.
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Afin
de garantir l’adhésion des équipes
et la pérennité de ces changements, il est
indispensable de sensibiliser les professionnels de santé
et de la restauration aux intérêts sanitaires,
environnementaux et économiques du développement
de l’offre végétale. Imposer une transition,
aussi indispensable soit-elle, sans en donner le contexte
ni la finalité ne peut mener qu’à
un rejet, tout en rajoutant de la charge mentale à
des soignants déjà très sollicités.
Il est important de se rappeler que la transition vers
un monde plus végétal, moins polluant et
plus éthique, est un processus de réflexion
et d’adaptation multipartite. Nous recommandons
ainsi de monter des groupes de réflexion collaboratifs
afin d’inclure les médecins, diététiciens,
chefs cuisiniers et cadres de santé au processus
de décision et de déploiement. vegetarisme.fr
Où
trouver l'Association végétarienne de France
(AVF) |
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| @avf.vege
AVF
Association végétarienne de France
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(Association végétarienne de France)
123veggie.fr
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