....
.
Paysages à modeler, hier, aujourd’hui, demain
..
Les vallées de l’Yvette
....
(2) Aujourd’hui : L’agriculture reine des plateaux
Demain
: Des plateaux agricoles aux horizons dessinés
- Une agriculture de proximité pour les habitants
Aujourd’hui : une urbanisation villageoise aux portes de l’agglomération
Demain : Des lisières de forêt préservées aux abords des villages
Renouer le dialogue entre la ville et la campagne - Créer des continuités entre les quartiers
Aujourd’hui : Les voies de circulation de vallée en vallée - Demain ::Des voies pour tous - Des routes paysage

...


Les vallées de l’Yvette et de ses affluents constituent le cœur historique du Parc naturel régional de la Haute Vallée de Chevreuse, un territoire
qui s’étend de Gif-sur-Yvette à l’est aux Essarts-le-Roi à l’ouest, et qui couvre 16 communes. Châteaux, fermes, moulins, lavoirs, petites églises, vieux murs… témoignent d’un passé rural organisé autour de grands domaines. La nature y a toujours eu la part belle : forêts majestueuses, vallées jardinées, plateaux cultivés aux larges horizons. Cette conversation tranquille entre nature et agriculture a inspiré peintres, musiciens, poètes et écrivains venus en villégiature y travailler et s’y promener sur les petits chemins de traverse...

M. Vandewalle, Président du Parc

Aujourd’hui : L’agriculture reine des plateaux    

Des sols fertiles sur les plateaux, des prairies pâturées dans les vallées

Sur le territoire des vallées de l’Yvette, l’agriculture revêt un visage double et complémentaire, organisée en fonction du relief. Les grands plateaux sont dominés par une agriculture intensive et céréalière tandis que les vallées accueillent plus volontiers l’élevage, avec de nombreuses prairies de fauche et
des pâturages. Les plateaux de ce territoire sont parmi les plus fertiles d’Europe.

Les paysages agricoles des plateaux ont eu tendance à s’uniformiser, devenant ainsi monotones pour le regard. L’intensification agricole a conduit à supprimer tous les obstacles pour les machines et à gérer l’eau de manière rationnelle. Les arbres et notamment leurs alignements, ainsi que les mares sont des éléments de ressources pour la biodiversité et des repères pour la lecture d’un paysage. Ainsi, un alignement d’arbres le long d’une rivière sert à la fois à lutter contre l’érosion des berges mais aussi à signaler la présence de l’eau sur un plateau agricole.

Les vallées fragmentent l’espace agricole en plusieurs plateaux isolés les uns des autres.


Occupation agricole des sols des vallées de l’Yvette
 
Demain : Des plateaux agricoles aux horizons dessinés      

Les paysages agricoles, bien qu’ils ne soient pas reconnus au même titre que les vallées, ont des qualités indéniables qui mériteraient d’être davantage mises en valeur. Les terrains plats, parfois légèrement ondulés, soulignent les horizons boisés. Les couleurs changeantes selon les saisons et les plantations donnent la sensation d’un territoire vivant qui ne cesse de se réinventer. Enfin, de nombreuses fermes au bâti remarquable (cf livret Découvrir les grandes fermes) signale la présence de l’activité économique au milieu de cet espace nourricier. Depuis plusieurs années, le Parc encourage et subventionne la plantation de haies et d’arbres isolés, notamment auprès des agriculteurs, principaux « aménageurs » des grands plateaux agricoles.

RD36 à Châteaufort aujourd’hui

Demain (?) :
à gauche de la route : - plantation d’un arbre le long de la route
- plantation d’une lisière végétale le long du village
- plantation d’arbres fruitiers
à droite : - des arbres prélevés permettent d’ouvrir une perspective sur un village.

 

Demain : une agriculture de proximité pour les habitants

 

Les vallées de l’Yvette constituent le premier espace agricole périurbain à l’Ouest de l’Île-de-France. Malgré leur fertilité, les terres sont menacées par la ville qui avance et qui grignote peu à peu les espaces agricoles. Il est primordial de repenser l’usage des franges urbaines afin que celles-ci ne soient pas vues comme des vides en attente de constructions mais comme des opportunités pour y développer notamment une agriculture de proximité. Elles permettent de développer des activités complémentaires à côté d’une agriculture intensive davantage destinée à la transformation industrielle et à l’exportation.


Photomontage d’une lisière agro-urbaine idéale


Les vallées ont été creusées avec une pente raide exposée au sud et une pente douce

L’agriculture de proximité permet d’envisager autrement le lien entre la ville et son environnement immédiat. Avec ses points de vente, ses vergers, ses cheminements, le paysage et les pratiques citadines y gagnent en intérêt. Dans cette optique, le Parc cherche des terres agricoles disponibles pour permettre à de jeunes maraîchers sans terre de s’installer au plus près des villes. Mais le prix élevé du foncier sur le territoire constitue actuellement un frein au développement de ce type d’activités.

Photomontage d’une parcelle, à proximité immédiate de la ville, destinée au maraîchage

Aujourd’hui : une urbanisation villageoise aux portes de l’agglomération

 


Chevreuse en 1957


Chevreuse en 2011

L’urbanisation des vallées de l’Yvette est composée principalement de villages situés dans les vallées. Sur les plateaux, on retrouve quelques fermes et hameaux. Ce paysage urbain est hérité des grands domaines seigneuriaux ou d’abbayes constitués dès le Moyen-Âge, et qui se sont développés davantage encore à l’époque classique. Les traces de cette époque sont encore très visibles aujourd’hui à travers les boisements hérités des grands parcs et des chasses.

Depuis la seconde moitié du XXe siècle, les villages se sont beaucoup étendus. L’une des missions du Parc naturel est d’inciter à la maîtrise de l’urbanisation, à la fois pour préserver le cadre de vie du territoire, mais également pour conserver la vocation agricole des terres. Le risque est également que ces villages perdent leur identité car en se développant, ils finissent par se rejoindre, créant un tissu urbain sans discontinuité.

Ces photos aériennes témoignent d’une urbanisation qui s’est beaucoup développée dans la seconde moitié du XXe siècle, dans la vallée mais aussi sur les coteaux.

Demain : Des lisières de forêt préservées aux abords des villages

 

La plupart des villages de plateau sont directement bordés par la forêt. Sur les crêtes, en rebord de coteau et de plateau, au contact des grands espaces cultivés, les forêts apportent l’abri nécessaire pour se protéger des vents dominants. Il est très important de préserver ces lisères forestières pour conserver à la fois les équilibres écologiques et cette valeur forestière qui plaît beaucoup aux habitants.

Des constructions qui respectent le paysage de vallées.

Si les paysages des vallées ont autant de qualités, on le doit à la précision de leur organisation. Pour la garder, il est nécessaire de faire des choix : positionner précisément les constructions par rapport au relief, organiser la parcelle de façon à rendre moins visible la construction, choisir la limite du village en définissant clairement l’enveloppe urbaine.

En agissant en tant que conseil auprès des communes, le Parc cherche à ce que l’ensemble de ces dispositions soient intégrées dans les futurs projets d’aménagement.

Schémas d’implantation de villages en fonction du relief

 
Renouer le dialogue entre la ville et la campagne villages  

La ville et ses nombreuses extensions contemporaines ont petit à petit grignoté sur l’espace agricole sans pour autant se développer de manière très harmonieuse. De nombreux quartiers semblent tourner le dos aux parcelles agricoles. Il est important de préserver les franges urbaines pour renouer le dialogue entre la ville et la campagne. Certains aménagements doux permettent de renforcer le lien entre la ville et les espaces naturels qui l’entourent.

Ce photomontage permet de montrer que de légers aménagements peuvent contribuer à améliorer la relation entre la ville et la campagne.

Créer des continuités entre les quartiers

La construction de nombreux lotissements ces cinquante dernières années a contribué à créer des quartiers souvent peu reliés aux centres anciens. Aujourd’hui, pour stopper l’urbanisation des terres agricoles et naturelles, les nouvelles habitations s’insèrent au cœur des villages.

Le projet BIMBY - Built In My Back Yard -, porté par la mission urbanisme du Parc, s’inscrit justement dans cette logique de densification du tissu urbain existant ; pour plus de renseignements : bimby.fr.

La création de liaisons douces est un moyen de relier les quartiers entre eux, limitant ainsi les déplacements automobiles. Elles permettent également de changer le regard sur l’espace public, qui redevient un lieu de promenade, de convivialité.

Les aménagements paysagers le long de ces cheminements participent au bien-être et à la qualité de vie des habitants, toujours plus demandeurs de nature en ville.


Exemple d’une opération de densification
au Mesnil-Saint-Denis

Au Mesnil-Saint-Denis, à une minute du centre commerçant, de nouveaux logements ont été construits à l’intérieur du tissu urbain existant. Une voie piétonne relie les quartiers alentours au cœur historique.
Aujourd’hui : Les voies de circulation de vallée en vallée
Le carrefour de Lartoir aux Essarts-le-Roi au début du XXe siècle... Le même carrefour en 2012

Quand les routes traversantes se voient de loin...

L’organisation des voies de circulation remonte parfois au XVIIe ou même à la Renaissance. Les grands axes coupent les vallées pour rejoindre des destinations lointaines. Les routes locales suivent les vallées et vallons pour desservir les bourgs, villages et hameaux.

Le carrefour de l’Artoire, aux Essarts-le-Roi,
avec le développement du trafic automobile,
s’est transformé en un aménagement complexe.

Demain ::Des voies pour tous
 

Accueillir tous les modes de déplacements en ville et à la campagne nécessite de penser les routes autrement, à pied, en fauteuil, à vélo, en poussette, à voiture, en tracteur… tous les déplacements sont à prendre en compte. La notion d’espace partagé permet d’envisager plus de confort pour tous.

La croissance de la circulation automobile au XXe siècle a modifié le paysage urbain en compartimentant ses différents usages. Cela s’est accompagné du développement d’un mobilier urbain souvent standardisé qui encombre l’espace public. Aujourd’hui, l’objectif est de le repenser en faisant une place à tous - véhicules, piétons, cyclistes -, tout en retrouvant l’identité propre à chaque village.


Aujourd’hui, un espace segmenté


Demain, un espace partagé
Piétons et cyclistes qui empruntent la rue de la République à Saint-Rémy-lès-Chevreuse rêvent de trottoirs élargis, de trajets sécurisés, et de vitesse automobile réduite.
Des routes paysage  

Menant de sites historiques en sites naturels remarquables, les routes sont aussi des patrimoines avec leurs bordures de grès sur des kilomètres et leurs alignements d’arbres majestueux. Ces routes se sont parfois réduites à des conduits d’automobiles dont seuls les flux et la vitesse sont contrôlés… L’objectif des communes et du Parc est de leur redonner cette mission panoramique.

Une hiérarchie des routes se dessine en fonction des essences d’arbres utilisées. Les platanes et peupliers soulignent les grands axes - souvent d’anciennes routes royales -, les arbres fruitiers mènent aux fermes, et les poiriers isolés indiquent la présence de carrefours ou bornent les parcelles agricoles.

La route départementale 91 est une route emblématique qui relie les châteaux de Versailles
et de Rambouillet, en passant par celui de Dampierre, l’abbaye de Port Royal des Champs,
et le site des Cascades des Vaux de Cernay.

.....
.
Paysages à modeler, hier, aujourd’hui, demain Les vallées de l’Yvette

.....
Le Parc naturel régional de la Haute Vallée de Chevreuse
fait partie de l’arc francilien de biodiversité remarquable. Les zones humides y abritent une grande partie des espèces régionales menacées. Des milieux riches et variés, rivières, ravins encaissés, plateaux sablonneux accueillent une faune et une flore spécifiques indispensables au monde vivant. Les patrimoines ne sont pas en reste avec près d'un milliers d'édifices recensés, du château classé au plus modeste lavoir. Découvrez les richesses de ce territoire d'exception........

 

......

 

....
Président du Parc naturel régional de la Haute Vallée de Chevreuse : Yves Vandewalle
Directeur de publication : Anne Le Lagadec
D’après le Plan paysage et biodiversité des Vallées de l’Yvette : Agence Folléa-Gautier et Atelier d’Écologie Urbaine
Rédaction : Nicolas Tinet, Anne Le Lagadec, Laurence Renard
Photos : Gérard Benoit à la Guillaume, Gérard Dalla Santa, Sandra Tarpinian, PNRHVC
Illustrations : Boris Transinne, Sandra Tarpinian

Parc naturel régional de la Haute Vallée de Chevreuse

Maison du Parc - Château de la Madeleine - Chemin Jean Racine - Chevreuse (78)
Tél : 01 30 52 09 09 - accueil.pnr.chevreuse@wanadoo.fr
parc-naturel-chevreuse.fr