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Paysages à modeler, hier, aujourd’hui, demain
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Les vallées de l’Yvette
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(1) Présentation - Des paysages en projet - Aujourd’hui : Les vallées de l’Yvette
- Redécouvrir les rivières - Demain : Laisser la nature se déployer dans les villages
Aujourd’hui : Les forêts de l’Yvette - Éclaircir les vallées et protéger la biodiversité
Demain : Une forêt super-héros !
- Lexique décalé
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Les vallées de l’Yvette et de ses affluents constituent le cœur historique du Parc naturel régional de la Haute Vallée de Chevreuse, un territoire*
qui s’étend de Gif-sur-Yvette à l’est aux Essarts-le-Roi à l’ouest, et qui couvre 16 communes. Châteaux, fermes, moulins, lavoirs, petites églises, vieux murs… témoignent d’un passé rural organisé autour de grands domaines. La nature y a toujours eu la part belle : forêts majestueuses, vallées jardinées, plateaux cultivés aux larges horizons. Cette conversation tranquille entre nature et agriculture a inspiré peintres, musiciens, poètes et écrivains venus en villégiature y travailler et s’y promener sur les petits chemins de traverse...

M. Vandewalle, Président du Parc

Présentation    

... Tout paysage reflète cependant un état des modes de production : les pâturages ont presque tous disparu dans les années 60, et les vallées de l’Yvette et de ses affluents ont été gagnées par l’enfrichement avec le recul des petites fermes d’élevage. Tout paysage reflète aussi un état des relations de l’homme avec la nature, les richesses qu’il en retire, les édifices et les voies de communication qu’il vient y poser, l’intérêt qu’il consent pour la faune et la flore… Certains paysages qui plaisaient tant aux peintres de l’école de Cernay sont menacés, car davantage contraints par les modes de vie contemporains et les exigences de rentabilité de l’agriculture.

Les élus du Parc ont souhaité formuler des propositions pour le futur des vallées de l’Yvette : comment faire pour concilier un patrimoine paysager exceptionnel et la proximité de l’agglomération métropolitaine, comment faire pour préserver la diversité des milieux naturels, en dépit de la
normalisation de l’aménagement du territoire ?

L’idée d’un Plan Paysage et Biodiversité a germé, qui puisse dire le possible, le souhaitable et le réalisable, afin de mettre davantage en valeur les paysages de vallées et de plateaux. Ces recommandations sont pensées de façon réaliste, avec des moyens publics contraints, et sans jamais renoncer pour autant au caractère exceptionnel d’un Parc naturel.

Ce livret est là pour vous faire découvrir, en paysagiste, les vallées de l’Yvette. Il formule également des propositions pour une évolution bénéfique de cet espace remarquable de l’île-de-France. M. Vandewalle


Paysage forestier des Vaux de Cernay
 
Des paysages en projet    

Un travail efficace sur les paysages et la biodiversité ne peut s’arrêter aux frontières communales, le Parc naturel a choisi de décliner les plans Paysage et Biodiversité à l’échelle intercommunale, découpant ainsi son territoire en 8 entités paysagères*, 5 majeures et 3 mineures.
L’entité des Vallées de l’Yvette, cœur historique du Parc, est ainsi la première à faire l’objet d’une étude avant les entités Plateau de Limours et Plaine de Jouars à Montfort.

Les 8 entités paysagères du Parc naturel régional de la Haute Vallée de Chevreuse

 

La démarche des Plans Paysage et Biodiversité est née avec l’élaboration de la nouvelle Charte du Parc (2011-2023). La charte est elle-même le projet de territoire qui oriente la politique d’un Parc naturel régional ; elle comprend de grands axes stratégiques, déclinés en objectifs.

Les Plans Paysages et Biodiversité sont évoqués dans l’axe 1 de la Charte du Parc : Gagner la bataille de la biodiversité et des ressources naturelles dans un espace francilien, objectif 6 : Restaurer la trame verte et paysagère.

Le paysage, porteur de l’identité du territoire, est le produit du patrimoine naturel et du patrimoine culturel, de la nature et des activités humaines. C’est pourquoi il est envisagé de croiser les regards et les compétences pour traiter simultanément les problématiques de paysage et de biodiversité.[…] Pour ce faire, l’élaboration des plans Paysage et biodiversité à l’échelle de chacune des entités paysagères et écologiques, semble pertinente. Par une approche intégrée et concertée, ils identifient les objectifs et les préconisations d’aménagement et de gestion des trames écologiques et paysagères, des axes de vue, de la gestion de l’eau, d’intégration des constructions et du cadre de vie.

 

Aujourd’hui : Les vallées de l’Yvette

 


Carte des cours d’eau structurants des vallées de l’Yvette

Quand l’eau dessine le relief…

Le plateau du Hurepoix, constitué d’argiles à meulières et de sables de Fontainebleau, a été entaillé par l’Yvette et ses affluents, qui cherchent à rejoindre la rivière de l’Orge. La présence de l’eau a développé des zones humides riches en biodiversité où des espèces sont protégées : l’écrevisse à pattes blanches, les bouvières, la lamproie de Planer, la truite Fario…

À l’ère glaciaire, les coteaux* exposés au soleil ont subi des chocs de température importants qui expliquent aujourd’hui que ceux-ci soient plus pentus. Pendant longtemps, ils ont été destinés à la culture de la vigne. Aujourd’hui, l’abandon de cette production a entrainé un reboisement naturel. à contrario, les coteaux exposés à l’ombre, plus doux, ont été davantage cultivés. L’agriculture mécanisée de ces cinquante dernières années a petit à petit délaissé ces espaces au profit des plateaux.

Les vallées ont été creusées avec une pente raide exposée au sud et une pente douce exposée au nord, selon une orientation géologique ouest nord-ouest / est sud-est, communément appelée la direction armoricaine.

Redécouvrir les rivières

 


Le parc de St-Rémy-lès-Chevreuse


Marais de Maincourt-sur-Yvette à Dampierre

L’eau, c’est la vie !
L’eau des petites rivières désaltère le bétail qui y trouve aussi un refuge ombragé, irrigue les pâturages et les plantations, transporte poissons et alluvions*. Les habitants y lavaient leur linge, y travaillaient dans des moulins à blé ou à tan. On flâne ou on médite au bord de l’eau, et on y pêche aussi. La rivière est un lieu de promenades et de rencontres agrémentées de petits ponts et de lavoirs, une mise en scène aussi pour les jolies bâtisses. Pour remplir toutes ces fonctions, les rivières des vallées de l’Yvette ont progressivement été aménagées, sécurisées, canalisées… Elles ont parfois disparu du regard par trop de végétation ou de constructions environnantes, ou derrière les hauts murs de grandes propriétés… Pourtant l’eau trouve toujours son chemin… et pourrait réapparaître au creux des vallées.

Vers un paysage de l’eau plus manifeste

Les rivières sont des corridors écologiques*, reliant les espaces les plus naturels aux espaces les plus urbains, pour les poissons bien entendu, mais pas seulement ; toute une faune emprunte leur cours. Les abords des rivières - zone d’expansion naturelle des crues, marais, bassins… - permettent de lutter contre les inondations, jouent un rôle efficace de dépollution, sont des refuges pour la faune et des lieux de promenade.
En valorisant et en encourageant les projets liés à l’eau, le Parc cherche à redonner à l’eau toute sa place, celle d’un élément incontournable pour l’identité du paysage et pour les fonctions écologiques qu’elle remplit.


Dans le parc de la mairie de Saint-Rémy-lès-Chevreuse, la rivière retrouve peu à peu sa place. Un jour, libérée de ses poncins en bois et exposée à la lumière du soleil, l’Yvette y coulera plus vivante, comme le souligne le croquis qui laisse entrevoir une rivière plus présente.
Les moulins ont créé des paysages artificiels, devenus des refuges pour l’avifaune - Martin-pêcheur, Phragmite des joncs, Râle d’eau -, les insectes et toute une végétation spécifique des zones humides : Roseau, Lathrée clandestine. Ainsi le marais de Maincourt à Dampierre, aménagé sur un ancien étang de moulin. Ces endroits précieux font l’objet de toutes les attentions. On comprend ainsi que rien n’est simple, certains aménagements anciens, créés de la main de l’homme, ont pu favoriser le développement d’une biodiversité remarquable.
 

Demain : Laisser la nature se déployer dans les villages

 

... Quand la nature et l’urbain font bon ménage.

Proche de la métropole francilienne, les villes et villages ont conservé leur identité rurale. La nature qui s’infiltre par tous les chemins, plantations, vergers, placettes et mares… au plus près des habitations entretient cette allure champêtre. Une nature rurale, très bucolique est présente, mais pas seulement : les grands jardins et domaines historiques introduisent une forme de nature Parc tandis que certaines forêts, des zones humides, des chaos gréseux, des cascatelles* apportent des touches de nature spontanée, sauvage aux portes des villages. Enfin, la plantation de vergers ou l’aménagement de potagers en ville marquent le retour d’une nature agricole, de proximité, à destination des habitants. Ces distinctions sont le début d’une reconnaissance.
Aujourd’hui, les nouveaux défis écologiques nécessitent de penser autrement la nature dans les villages. Pour cela, plusieurs communes du Parc ont mis en place une gestion différenciée des espaces verts. Celle-ci conduit à entretenir des espaces publics urbains, périurbains ou naturels, avec des techniques et des priorités d’interventions différentes en fonction des utilisations et de la fragilité du milieu naturel.


Bidons Sans Frontières : Les installations de Bidons Sans Frontières de Gérard Benoit à la Guillaume dans la prairie de Coubertin à Saint-Rémy-Lès-Chevreuse : une évocation de la rencontre entre ville et nature rurale.
 
Aujourd’hui : Les forêts de l’Yvette  

Quand les reliefs sont masqués par la forêt…

Véritable paysage emblématique du Parc naturel régional, la forêt confère au territoire un caractère verdoyant très dépaysant en région parisienne. Ce qu’elle réserve : une ambiance intime, un havre bucolique, discret, secret, à peine troublé par l’envol d’oiseaux, le bruissement de feuillages ou la silhouette d’un cerf au loin… Bien protégée sur le plan réglementaire, la forêt devient cependant hégémonique, coupant les vallées des plateaux par un long cordon forestier, qui gomme tout relief, et masque beaucoup de cours d’eau.

Contrairement aux idées reçues, il y a plus de forêt aujourd’hui qu’à l’époque de Louis XIV. La mécanisation croissante de l’agriculture rend les sols les plus pentus difficiles à cultiver, la forêt a ainsi peu à peu gagné du terrain. Elle avance et investit les vallées, modifiant ainsi les paysages, en réduisant progressivement la biodiversité des milieux naturels.

Espaces boisés des vallées de l’Yvette
La forêt se déploie principalement sur les coteaux*, celle-ci enveloppe toutes les vallées
et les isole des plateaux agricoles.

Éclaircir les vallées et protéger la biodiversité

Conséquence de l’avancée des forêts, les vallées s’enfrichent et les vues disparaissent. Le visiteur est parfois désorienté dans les vallées qui se ressemblent toutes. Les paysages se simplifient et perdent de leur charme.

La carte postale du hameau de Girouard à Lévis-St-Nom permet de constater cette évolution des paysages. Un projet existe cependant aujourd’hui qui prévoit de prélever plusieurs arbres au fond de la vallée, d’ouvrir de nouvelles perspectives, et d’améliorer ainsi une biodiversité remarquable, qui préfère les milieux ouverts.
Éclaircir les boisements permet de retrouver des panoramas, et de créer des milieux naturels variés accueillant une flore et une faune plus riche.


Le hameau du Girouard : Carte postale du
début XXe, ci-dessus, et en 2012, ci-contre
Demain : Une forêt super-héros !
Aménagement forestier des Vaux de Cernay
en 1997, ci-dessus, et en 2012, ci-contre

Proche des villes, la forêt accueille de nombreuses activités qui doivent trouver leur place au cœur d’un milieu fragile. L’équilibre entre l’homme et la nature est, ici, particulièrement sensible. Difficulté des animaux à se déplacer, exploitation du bois, intérêt touristique, la forêt doit être (a)ménagée en prenant en compte l’ensemble de ces dimensions.

En 15 ans, la nature a repris ses droits, investissant le chaos de grés, et faisant peu à peu disparaître la rivière. Le pont s’est beaucoup détérioré, montrant l’importance d’entretenir les différents usages de la forêt.

Lexique décalé
 
Agriculture de proximité : Lorsque notre voisin agriculteur cultive de bons produits pour régaler les fins gourmets. Mais attention, ne les cherchez pas à Hong-Kong ou à New-York, ils sont là, à côté. Ce sont les habitants du village !
Alluvions : Dans la vie d’une rivière, des petits bouts de bois, de sable, d’argile ou de gravier, se rencontrent, s’entassent et s’entrelacent formant des dépôts qui choisissent de vivre sur les rives et les pentes, ou de mourir noyés sous les sanglots du cours d’eau.
Biodiversité : Quand toutes les vies comptent et trouvent leur bonheur en nombre.
Cascatelle : Petite sœur de la cascade.
Corridor écologique : Le couloir aux merveilles qui mène d’un foyer à l’autre.
Coteaux : Gardiens de la vallée, ils descendent des plateaux couverts par un végétation moutonnante.
Direction armoricaine : Des Champs-Élysées au Château de Versailles en passant par les vallées de l’Yvette, cette direction donne un sens au grand paysage francilien.
Entité paysagère : Reconnaissance de traits de caractère identitaires.
Espace partagé : Les cyclistes, piétons et automobilistes s’y retrouvent pour avancer ensemble.
Lisière : Un lieu de rencontre entre deux univers où l’union devient unique.
Paysage : L’homme et la nature s’y rencontrent, le passé et l’avenir s’y dessinent, chacun en a la charge.
Pleinairiste : Peintre guilleret, aimant le grand air, qui emporte chevalet et tubes de gouaches dans la nature.
Ripisylve : Ruban boisé et herbacé le long de l’eau.
Route paysage : En balade sur ces routes, les plus beaux paysages défilent sous nos yeux.
Territoire : Chez soi.
Trame verte et bleue : Quand l’eau et le végétal forment des sillons connectés les uns aux autres.
Vertugadin : Comment ce mot si joli peut-il vouloir dire bourrelet ? Élément de costume sur les robes traditionnelles espagnoles, et formes rebondies dessinées sur des pentes enherbées dans les parcs à la Française. Rendez-vous vite en face du château du Dampierre !

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Paysages à modeler, hier, aujourd’hui, demain Les vallées de l’Yvette

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Le Parc naturel régional de la Haute Vallée de Chevreuse
fait partie de l’arc francilien de biodiversité remarquable. Les zones humides y abritent une grande partie des espèces régionales menacées. Des milieux riches et variés, rivières, ravins encaissés, plateaux sablonneux accueillent une faune et une flore spécifiques indispensables au monde vivant. Les patrimoines ne sont pas en reste avec près d'un milliers d'édifices recensés, du château classé au plus modeste lavoir. Découvrez les richesses de ce territoire d'exception........

 

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Président du Parc naturel régional de la Haute Vallée de Chevreuse : Yves Vandewalle
Directeur de publication : Anne Le Lagadec
D’après le Plan paysage et biodiversité des Vallées de l’Yvette : Agence Folléa-Gautier et Atelier d’Écologie Urbaine
Rédaction : Nicolas Tinet, Anne Le Lagadec, Laurence Renard
Photos : Gérard Benoit à la Guillaume, Gérard Dalla Santa, Sandra Tarpinian, PNRHVC
Illustrations : Boris Transinne, Sandra Tarpinian

Parc naturel régional de la Haute Vallée de Chevreuse

Maison du Parc - Château de la Madeleine - Chemin Jean Racine - Chevreuse (78)
Tél : 01 30 52 09 09 - accueil.pnr.chevreuse@wanadoo.fr
parc-naturel-chevreuse.fr