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18 ans après une première expédition au pôle
Nord, à bord de la goélette Tara, les équipes de
la Fondation Tara Océan ont imaginé et
conçu un nouveau programme scientifique d’une toute autre
ampleur en Arctique, pour accélérer la recherche sur le
climat et la biodiversité.
La construction de Tara Polar Station, nouvelle base scientifique dérivante,
a commencé en septembre 2023 et a été achevée
en avril 2025
par les Constructions Mécaniques de Normandie, à Cherbourg,
en France. Biologistes, physiciens, écologues, glaciologues, océanographes,
médecins, journalistes, artistes et marins embarquent dans une
nouvelle aventure hors norme pour étudier l’Arctique et son
évolution au cours des deux prochaines décennies. Dans cet
environnement hostile et très difficile, ces nouveaux explorateurs
vont repousser les limites
de la recherche arctique, notamment dans l’obscurité de l’hiver
polaire. Étienne Bourgois, Président, Fondation Tara
Océan
- Romain Troublé, Directeur Général, Fondation Tara
Océan
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Départ
pour la première expédition scientifique du navire
Tara Polar Station depuis son port d’attache de Lorient |
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20
ans après la prise en glace de la goélette Tara
en Arctique, Tara Polar Station, le second navire de la Fondation
Tara Océan, a quitté Lorient, son port d’attache,
pour sa toute première expédition au pôle
Nord : Tara Polaris I. Son objectif : prendre le poul
de notre planète depuis l’océan Arctique central,
véritable sentinelle du climat.
Après
le succès de sa campagne de tests de plus de 7 mois, notamment
en dérive dans l’océan Arctique et en hivernage
en Finlande, Tara Polar Station est revenue en février
aux Constructions Mécaniques de Normandie, lieu de sa construction,
pour des derniers ajustements avant son grand départ. Depuis
mai, la base polaire dérivante était de retour à
Lorient, son port d’attache, ainsi que celui de la goélette
Tara, pour finaliser les derniers préparatifs avant le
départ de l’expédition Tara Polaris I
(2026-2027).
Ce
19 juillet marque le départ d’une navigation direction
Rotterdam, aux Pays-Bas, pour une escale de ravitaillement en
Huile Végétale Hydrotraitée fournie par Neste.
Tara Polar Station fera ensuite escale à Tromsø,
en Norvège, pour accueillir à son bord une première
partie de l’équipe hivernante et débuter la
passation, puis un dernier arrêt technique norvégien
à Kirkenes, pour l’embarquement au complet du premier
équipage qui traversera la nuit polaire. Tara Polar Station
partira vers la mi-août pour retrouver le Xue Long, brise-glace
océanographique de la Polar Research Institute of China,
qui lui ouvrira la voie. L’objectif : une prise en glace
autour du 82N 140E tout début septembre, 20 ans après
Tara.
Ils
sont 12 - 5 marins, 6 scientifiques, 1 correspondant de bord -
à avoir accepté, après des tests d'aptitudes
physiques, psychologiques et diverses formations, de se lancer
dans l'hivernage de 9 mois, l’une des phases les plus exigeantes,
étant donné que la relève ne viendra qu’à
la mi-avril. |
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L’Arctique,
sentinelle des changements globaux |
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Maéva Bardy · Fondation Tara Océan
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L’océan
Arctique, le seul océan polaire de la planète, couvre
14 millions de km²,
une superficie équivalente à 5 fois celle de la
mer Méditerranée. Bordé par 8 pays : la Russie,
la Norvège, la Suède, la Finlande, le Groenland
(Danemark), l’Islande, le Canada et l’Alaska (États-Unis),
il se situe presque entièrement au-delà du cercle
polaire arctique (66° 33’ de lattitude). Ce territoire
de glace peut connaître jusqu’à 6 mois de nuit
polaire et 6 mois de jour, avec en été un jour constant
: ni lever, ni coucher de soleil.
La
majeure partie de la surface de l’océan Arctique
gèle chaque hiver. Avec le changement climatique, l’étendue,
l’épaisseur et le volume de la glace de mer ont considérablement
diminué, et une grande partie de l’Arctique est désormais
libre de glace en été. Chaque été,
cette couche de glace fond pour ne plus recouvrir en septembre
qu’un tiers de cet Océan.
Le
Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution
du climat (GIEC) indique qu’il n’y aura pratiquement
plus de banquise en fin d’été, à l’horizon
2045, sous l’effet du réchauffement climatique.
L’Arctique
est au cœur de la crise climatique. L’océan Arctique
central se réchauffe 3 à 4 fois plus rapidement
que le reste de la planète. On parle d’amplification
arctique.
Un
autre phénomène, celui de l’atlantification
arctique, est apparu ces 15 dernières années. L’apport
accru d’eaux atlantiques, plus chaudes et salées,
perturbe la stratification naturelle de l’océan Arctique
central. Jusqu’alors, les eaux atlantiques restaient à
des profondeurs intermédiaires et les eaux arctiques froides
et douces étaient plus haut dans la colonne d’eau.
Ces
mécanismes d’amplification et d’atlantification
arctiques ont des répercussions importantes sur les écosystèmes
et les organismes à la base de la chaîne alimentaire
de la région, tels que le plancton, les poissons, ainsi
que sur les mammifères marins emblématiques, notamment
les ours polaires, les renards arctiques, les bélugas,
les narvals et les phoques.
Les
effets sur l’environnement sont déjà très
perceptibles : réduction de la banquise - d’environ
3 mètres d’épaisseur dans les années
1980 à 1,5 mètre (1) en moyenne
aujourd’hui -, altération de la qualité de
la glace, absorption d’une plus grande quantité d’énergie
solaire - réduction de l’albédo due à
la fonte de la banquise -, fonte du pergélisol, et augmentation
de l’humidité dans l’air.
L’Arctique
sera de plus en plus influencé par les processus atmosphériques
et océanographiques caractéristiques des latitudes
moyennes, ce qui augmentera l’apport de contaminants et
de nouvelles espèces biologiques. Cette transition en cours
vers un nouvel état de l’Arctique nécessite
une surveillance systématique à travers les saisons
et sur le long-terme. Il est essentiel de comprendre cet écosytème
unique au monde, pour informer les modèles climatiques
et les décisions politiques dans cette région qui
fait face à des pressions multiples : environnementales,
géopolitiques et économiques.
(1) iopscience.iop.org |
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L’océan
Arctique central : un Écosystème vivant en mutation |
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La
banquise peut être considérée comme un biome
majeur de la Terre. Quels que soient son âge - de quelques
heures à plusieurs années - et son état -
de la neige fondue à une glace dure et glaciale -, elle
abrite toujours la vie. La nature poreuse de la banquise ainsi
que les propriétés physiques et chimiques de ses
fluides interstitiels déterminent son habitabilité
pour une grande diversité d’organismes vivants. Agissant
comme un concentrateur de micro-organismes, la banquise offre
des micro-espaces confinés où se combinent tous
les éléments nécessaires à la vie
provenant de l’atmosphère et de l’Océan.
Aujourd’hui, elle constitue un élément majeur
des écosystèmes marins polaires, offrant un refuge
aux virus, aux archées, aux bactéries, aux protistes,
aux petits invertébrés et aux larves de poissons,
malgré ses conditions extrêmes et contrastées
: température, salinité, pH, alcalinité,
gaz.
Avec
l’amincissement et la disparition de la banquise, certaines
espèces arctiques pourraient être en mesure d’adapter
leur physiologie et leur phénologie, ou de se déplacer
vers le nord, à la recherche de conditions plus favorables,
mais d’autres pourraient se voir exclues à mesure
que l’Arctique se réchauffe. Les tendances actuelles
indiquent que les espèces qui dépendent de la banquise
pour se reproduire, se reposer ou se nourrir, verront leur aire
de répartition se réduire à mesure que la
banquise reculera plus tôt, et que la saison des eaux libres
s’allongera. Les espèces marines et les écosystèmes
de l’Arctique subissent la pression de changements cumulatifs
dans leur environnement physique, chimique et biologique. |

©
Christian Sardet |
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Tara
Polaris : Diagnostic de l’état de santé
de l’océan Arctique central
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Romain
Troublé, directeur général de la Fondation
Tara Océan, directeur du programme Tara Polaris (2026-2046)
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Sur
le long terme, les expéditions Tara Polaris (2026-2046)
vont permettre d’apporter de nouvelles données
à même d’affiner les modèles d’évolution
du climat, voire de la météo future à de
plus basses latitudes comme en Europe d’ici 2050 et les
conséquences des changements globaux - climat et pollutions
- sur le fonctionnement de notre planète. Les résultats,
disponibles en libre accès, permettront d’améliorer
les politiques de gouvernance de l’océan Arctique
central, notamment envers l’encadrement des activités
industrielles, tant que l’état de santé
de notre seul océan polaire n’est pas établi.
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Maéva Bardy · Fondation Tara Océan |
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En produisant un rapport d’observations régulier
de l’état de l’océan Arctique central,
nous favorisons la coopération internationale et régionale,
notamment avec les peuples autochtones. Tara Polaris (2026-2046)
est un programme complet. De la recherche au partage de connaissances
grâce aux artistes, aux ressources pédagogiques,
à la communication en direct depuis la station, c’est
l’ensemble de la société que nous souhaitons
sensibiliser.
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| 10
expéditions au cœur de l’Arctique |
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| On
ignore comment les organismes vivant au cœur
de l’océan Arctique central font face à l’extrême
saisonnalité de la lumière, de la température,
de la glace de mer et de la dynamique océanique, et comment
ils survivent pendant la longue nuit polaire. Au cours des dernières
décennies, cet écosystème unique a été
de plus en plus menacé. Son état nous renseigne
sur la manière dont l’humanité transforme
la Terre. Nous avons absolument besoin d’observations pour
mieux comprendre la nature des changements en cours en Arctique,
plus particulièrement pour compléter le cycle annuel
dans sa totalité, et suivre la variabilité d’une
année sur l’autre. Le programme Tara Polaris (2026-
2046) sera le témoin de l’histoire de l’Arctique. |

Marcel
Babin, océanographe polaire, CNRS/Université Laval/Sorbonne
(France/Canada), co-directeur du programme Tara Polaris (2026-2046),
directeur scientifique de l’expédition Tara Polaris
I (2026-2027) |
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Maéva Bardy · Fondation Tara Océan
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Clémentine
Moulin , directrice des opérations de la Fondation Tara Océan,
coordinatrice de l’expédition Tara Polaris I (2026-2027)
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La
base dérivante, Tara Polar Station, sera déployée
dans l’océan Arctique central pour 10 expéditions
consécutives - Tara Polaris I, II, III… - jusqu’en
2046. Véritable hub scientifique, ce laboratoire
- observatoire accueillera des chercheurs et chercheuses du
monde entier : biologistes, physiciens, écologues, glaciologues,
spécialistes de l’atmosphère, océanographes…
Les douze premiers embarquants s’engagent pour un hivernage
d’environ 9 mois. Le processus de sélection et
de formation a été inspiré de ce qui se
fait dans les stations de recherche en milieu isolé.
Notre objectif : un groupe soudé prêt à
affronter les aléas d’une expédition hors
norme.
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Tara
Polaris I |
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Tara
Polaris I (2026-2027), première expédition du programme
Tara Polaris (2026-2046), est cruciale pour faire un premier état
des lieux de l’impact du changement global en Arctique et
sur le reste de la planète, ainsi qu’étudier
les écosystèmes de l’océan Arctique
central.
Calendrier
de Tara PolarIs I
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Contributions
majeures :
-
Repousser
les frontières de la connaissance sur la biodiversité
en explorant des régions qui sont difficilement accessibles
;
-
Découvrir
les adaptations uniques qui ont évolué pour
permettre la vie dans cet environnement extrême ;
-
Analyser
les conséquences de la fonte de la glace de mer et
de la pollution sur ces écosystèmes fragiles
;
-
Identifier
de nouvelles molécules, espèces et processus,
potentiellement porteurs de nouvelles applications ;
-
Observer
les stocks de poissons de l’Arctique et l’impact
de l’arrivée d’espèces plus tempérées
-
Apporter
de nouvelles données à même d’affiner
les modèles d’évolution du climat, voire
de la météo future à de plus basses latitudes
comme en Europe.
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.....
.Tara
Polar Station
La
Fondation Tara Océan retourne en Arctique
............
La Fondation Tara Océan
est la première fondation reconnue d’utilité
publique consacrée à l’Océan
en France. Depuis plus de 20 ans, elle aspire à
une révolution pour préserver le Vivant,
convaincue que l’Océan est essentiel
à l’équilibre de notre planète.
Explorer l’Océan et partager les découvertes
scientifiques pour susciter une prise de conscience
collective est au cœur
de la mission de la Fondation. Elle mène des
expéditions scientifiques, en partenariat avec
le CNRS et des laboratoires de recherche internationaux
d’excellence, pour étudier la biodiversité
marine et comprendre les impacts du changement climatique
et des pollutions. Elle sensibilise les citoyens ;
des jeunes générations aux décideurs
politiques. Grâce à son statut d’Observateur
Spécial à l’ONU, la fondation
participe activement à la gouvernance internationale
de l’Océan.
Explorer, partager et protéger cet Océan
vivant est plus que jamais vital. Ensemble, défendons
le Vivant. Protégeons l’Océan.
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Tara
Polaris
Le
programme de recherche Tara Polaris est coordonné
par des consortiums. Chaque expédition, à
commencer par
Tara Polaris I, bénéficie d’un
consortium dédié.
Tara Polaris I Consortium
Comité exécutif
Directeur
scientifique : Marcel Babin, océanographe
polaire, CNRS/Université Laval (France/Canada)
Co-directeurs scientifiques : Chris Bowler,
biologiste du phytoplancton, ENS/CNRS (France) -
Lee Karp-Boss, océanographe biologique,
Université du Maine (États-Unis)
Romain Troublé, directeur général,
Fondation Tara Océan (France)
Clémentine Moulin, responsable des opérations,
Fondation Tara Océan (France)
Thomas Linkowski, ingénieur océanographique,
Fondation Tara Océan (France)
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Coordinateurs
Glace de mer, océan, atmosphère, approches
moléculaires et pollution
Benjamin
Rabe, océanographie physique, Institut Alfred
Wegener (Allemagne) - Éric
Pelletier, spécialiste
en génomique, Genoscope (France)
Igor Polyakov, océanographe physicien
polaire, Université d’Alaska Fairbanks
(États-Unis) - Jean-François Ghiglione,
microbiologiste marin, CNRS/Sorbonne (France)
Jody Deming, microbiologiste de la glace de
mer, Université de Washington (États-Unis)
- Julia Schmale, scientifique de l’atmosphère
(microphysique), EPFL (Suisse)
Kathy Law, scientifique de l’atmosphère
polaire (pollution), LATMOS-CNRS (France) - Marcel
Nicolaus, physicien de la glace de mer, Institut
Alfred Wegener (Allemagne)
Martin Vancoppenolle, physicien de la glace
de mer, CNRS/Sorbonne (France) - Mathieu Ardyna,
océanographe polaire, Université Laval/CNRS
(Canada/France)
Maxime Geoffroy, ichtyologiste polaire, Université
Memorial de Terre-Neuve (Canada) - Søren
Rysgaard, biogéochimiste de la glace de
mer, Université d’Aarhus (Danemark)
Pierre Galand, écologie microbienne, CNRS/Sorbonne
(France) - Silvia G. Acinas, microbiologiste
marine, ICM-CSIC (Espagne)
Michel Flores, spécialiste de l’atmosphère
(microbiome), Institut Weizmann des sciences (Israël)
30
centres de recherche de 12 pays participent déjà
à l’expédition Tara Polaris
I.
fondationtaraocean.org
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