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Rapport Développement Durable de Grand-Paris-Sud
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(2) Préserver et partager les ressources
Économie circulaire et innovation

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L’année 2025 s’inscrit dans un contexte de tensions climatiques et sociales accrues. Les premiers mois ont été marqués par des épisodes
de sécheresse inhabituels en Île-de-France, confirmant la nécessité d’adapter durablement les modes de vie et les politiques publiques.
À Grand Paris Sud, les actions engagées traduisent cette volonté d’agir sans attendre, en conciliant sobriété, solidarité et innovation.
Ce
Rapport développement durable 2025 présente les réalisations en cours et les projets programmés cette année. Il témoigne
d’un territoire en mouvement : des dispositifs structurants comme le fonds
Communes fertiles, lancé fin 2024, pour favoriser
l’agriculture de proximité, les premières expérimentations de collecte des biodéchets, la modernisation continue
des réseaux d’eau et de chaleur, ou encore le développement de nouvelles liaisons cyclables.

Préserver et partager les ressources  

Cultiver un avenir durable : la mise en œuvre de la SAAT

Après son adoption par le conseil communautaire en 2024, la Stratégie Agricole et Alimentaire Territoriale (SAAT) est entrée en phase opérationnelle dès 2025. Intégrée dans un écosystème complexe, cette stratégie est dotée d’une gouvernance associant l’ensemble des parties prenantes professionnelles et institutionnelles du monde agricole, afin de garantir une mise en œuvre optimale des actions qu’elle contient.

L’un de ses outils concrets, le fonds Communes fertiles, a connu deux appels à projets cette année permettant de soutenir sept projets de vergers et potagers pédagogiques, de serres maraîchères ou encore de jardins familiaux. Le tout premier, fin 2024, avait permis d’accompagner le développement de la ferme urbaine communale de Moissy-Cramayel, par le co-financement de deux nouveaux tunnels de culture, destinés à abriter les productions les plus fragiles et à échelonner les récoltes.

Ce fonds constitue un levier important de la SAAT. Il vient compléter l’action d’autres acteurs du territoire, institutionnels, associatifs et privés, comme de la Coopérative Bio Île-de-France, qui a accru en 2025 sa capacité de transformation et de livraison.

La restauration collective

L’Agglomération intervient pour fournir en denrées de nombreux établissements scolaires, des crèches, ainsi que des repas en portage à domicile - reste un axe fort de la transition sociale et écologique. En 2025, l’Agglomération a renforcé ses marchés de restauration avec des primes incitatives aux fournisseurs favorisant les produits locaux et bio.

Alimentation durable

Bien manger passe aussi par des actions d’éducation à l’alimentation durable. En 2025, Grand Paris Sud a mis en œuvre un programme spécifique à destination des étudiants en lien avec les CROUS de Créteil et de Versailles : conseils sur la nutrition et la saisonnalité des aliments, atelier cuisine adapté aux moyens dont les étudiants disposent, forum d’expression autour de l’alimentation pour ce public souvent en situation de précarité alimentaire.

L’eau, un bien commun sous gestion publique à Grand Paris Sud

2025 a été la première année pleine de fonctionnement du service public de l’eau Eau de Grand Paris Sud, pour la partie distribution d’eau potable, avec l’intégration des dernières communes de Grand Paris Sud - Combs-la-Ville, Moissy-Cramayel, Réau et Soisy-sur-Seine - encore desservies par des opérateurs privés fin 2024. Concernant la gestion de l’assainissement, Eau de Grand Paris Sud a accueilli une nouvelle ville, Étiolles, portant le nombre de communes concernées à 21 ; le SIARCE exerce cette compétence pour les communes de Corbeil-Essonnes et Saint-Germain-lès-Corbeil.

Parmi les actions de cette année :

  • le renouvellement de 11 km de canalisations d’eau potable, et 3,5 km d’assainissement ;
  • la modernisation des ouvrages : supervision des compteurs de sectorisation, télérelève, sécurisation des réservoirs / châteaux d’eau ;
  • le renouvellement de la campagne estivale Préservons notre eau, adoptons les bons gestes pour inciter aux économies d’eau.

Le syndicat Eau du Sud Francilien, créé en 2023, a par ailleurs poursuivi ses discussions pour reprendre en propriété les outils de production encore opérés par Suez.

Dans le cadre du plan de sobriété hydrique, Eau Grand Paris Sud a mené des campagnes de recherche de fuites en juillet dernier avec la start-up Leakmited, sur 420 km de réseau, regroupant 8 communes : Bondoufle, Évry-Courcouronnes, Grigny, Lisses, Morsang-sur-Seine, Ris-Orangis, Soisy-sur-Seine et Villabé. L’IA, grâce à un logiciel, permet de croiser des données, de la nature des tuyaux au débit d’eau, en passant par la nature des sols. Cette technique a permis de faire en deux semaines, ce qui mobilise habituellement deux techniciens pendant un an. À la clé : 38 fuites trouvées et une réduction des pertes de 4 000 par jour. Des capteurs acoustiques sont également en cours d’installation pour détecter les bruits de fuite. Au total, c’est 1,5 million de d’eau qui sera préservé chaque année, mais aussi plus d’1 million d’euros qui sera économisé.

Biodiversité : des actions concrètes en 2025

La Stratégie territoriale pour la biodiversité, adoptée fin 2024 par les élus réunis en conseil communautaire, a permis d’asseoir en 2025 les travaux engagés depuis de nombreuses années sur le territoire par l’Agglomération. Elle s’appuie sur deux grands axes : renforcer la connaissance et la mobilisation des acteurs pour mieux protéger, et redonner toute sa place au vivant pour une meilleure résilience territoriale.

Cirque de l’Essonne

Le 24 mai dernier, Grand Paris Sud officialisait la fin des travaux d’aménagement du Cirque de l’Essonne, espace naturel de 130 hectares à cheval sur les trois communes de Corbeil-Essonnes, Lisses et Villabé. Le Siarce, en charge de la partie zone humide (21 hectares), poursuivra ses travaux et aménagements sur les mois à venir. Après six années d’études, de nettoyage et de travaux, Grand Paris Sud a ouvert progressivement le Cirque à la balade courant 2024, avant l’inauguration de mai 2025. Pour célébrer cette réouverture, l’association Cirque de l’Essonne à Cœur a proposé une après-midi festive entre randonnées et animations, jardinage, fabrication de nichoirs, sensibilisation à la protection du hérisson, et visite des jardins partagés des Amis du Cirque de l’Essonne.

Nouveaux espaces naturels

L’extension du parc de la Dame du Lac / Bois Briard est devenue une réalité en 2025, après 16 mois de travaux, avec une inauguration qui s’est déroulée en juin. On y trouve notamment une nouvelle zone humide, essentielle pour la biodiversité et la gestion des eaux de pluie, un verger fruitier avec pommiers, poiriers, pruniers et cerisiers, et 7 hectares de nature supplémentaires avec plus de 200 arbres plantés.

Espèces invasives

La lutte contre les espèces exotiques envahissantes est une problématique qui a mobilisé l’Agglomération et ses communes. En 2025, Grand Paris Sud a lancé une campagne de sensibilisation grand public sur deux espèces aquatiques, la Jussie, et les algues ou lentilles d’eau, qui prolifèrent dans nos cours d’eau et nos bassins. Elle a également poursuivi une étroite surveillance du développement de ces plantes, et mené des campagnes d’arrachage de la Jussie à plusieurs endroits.

 
 

Chiffres clés

5 000 ha de surfaces agricoles
7 projets soutenus via le fonds Communes fertiles
Près de 15 km de canalisations renouvelés en 2025
Fuites : 420 km de réseau analysés grâce à l’IA

 
 

À noter

En juin 2025, les Rendez-vous aux jardins
ont rassemblé plusieurs milliers de visiteurs.

 

Chiffres clés : Cirque de l'Essonne

130 ha de biodiversité : 10 espèces de mammifères, 54 espèces d’oiseaux, 26 espèces de papillons de jour, 28 espèces de libellules…

 

Économie circulaire et innovation

 

Déchets : innovations et expérimentations

Depuis le 1er janvier 2024, la loi AGEC impose aux collectivités de mettre en place le tri à la source des déchets alimentaires. Grand Paris Sud, qui propose déjà des solutions de compostage, a souhaité renforcer son engagement en faveur de la transition écologique en expérimentant plusieurs solutions techniques à partir du 1er janvier 2025, dans huit communes.

  • Une collecte mutualisée des ordures ménagères et des déchets alimentaires, triés préalablement par les usagers dans des sacs spécifiques de couleur orange, a été testée au Coudray-Montceaux, à Étiolles, Tigery et Villabé.
  • Une collecte en apport volontaire via des abri-bacs, installés sur l’espace public, a été mise en place dans deux quartiers d’Évry-Courcouronnes et de Lieusaint. Les déchets alimentaires collectés via ces deux dispositifs sont valorisés en matière et énergie par un procédé de méthanisation.
  • Une collecte en apport volontaire a été lancée via des composteurs collectables, installés sur l’espace public, dans un quartier de Cesson et de Vert-Saint-Denis. Ces déchets alimentaires sont valorisés sur place, par un processus de compostage.

La collecte évolue aussi du côté des moyens techniques :

  • Trois camions de collecte électriques sillonnent l’agglomération avec des bénéfices à la clé : l’amélioration de la qualité de l’air en réduisant les émissions de CO2 et la limitation des nuisances sonores. L’opération va permettre de tester la durée de vie des batteries et d’analyser le nombre de rechargements. Si cela se révèle efficient, un déploiement plus important de ce type d’énergie est envisagé sur une partie du territoire.
  • Entre 2024 et 2025, une expérimentation a été mise en place sur six camions de collecte, afin de les équiper de capteurs capables d’analyser le contenu des bacs lors de la collecte, grâce à l’intelligence artificielle. Objectif : améliorer la qualité du tri grâce à une identification des erreurs de tri les plus fréquentes sur notre territoire. À la clé : une communication ciblée et des actions de sensibilisation renforcées et adaptées auprès des habitants concernés.

Ces innovations contribuent à améliorer la qualité du tri et à réduire l’empreinte carbone du service.

Chiffres clés

8 communes ont expérimenté le tri à la source des déchets alimentaires
3 camions de collecte électriques
6 camions équipés de capteurs IA pour détecter les erreurs de tri

À noter

Une vaste campagne d’information a été menée à l’automne 2025,
dans le but d’aider les usagers à mieux reconnaître ce qu’est un emballage
pour mieux trier et éviter les erreurs, adossée à une vidéo intitulée :
C’est un emballage ? Ben oui !

Ressourceries, recycleries, réparation, réemploi…

Le développement du tissu associatif progresse à Grand Paris Sud afin de renforcer l’offre de réemploi et de réparation.

Pour la partie essonnienne du territoire, c’est l’association L’Attribut qui anime de nombreux ateliers de réparation dans les communes de Corbeil-Essonnes, Évry-Courcouronnes et Ris-Orangis. Quant à la partie seine-et-marnaise, c’est l’association Endana qui gère une gratuiterie au sein de la Maison de l’environnement de Grand Paris Sud, à Vert-Saint-Denis, ainsi qu’une ressourcerie à Cesson. Ces lieux deviennent de véritables vitrines de l’économie circulaire, où se rencontrent habitants et associations pour donner une seconde vie aux objets.

La collecte mobile des textiles a connu une augmentation de ses fréquences dans les communes en 2025, grâce au partenariat avec l’association TissEco Solidaire, qui met en place plusieurs points de collecte éphémères.

Chiffres clés

38,5 tonnes de textiles collectées fin octobre 2025,
contre près de 30,5 tonnes pour toute l’année 2024

À noter

En mars, l’Agglomération a lancé une grande campagne de récupération de smartphones, dans l’optique de les faire reconditionner ou recycler.

Entreprises et innovation locale

Par l’intermédiaire d’un accompagnement constant, l’Agglomération incite les entreprises de son territoire à suivre son engagement en faveur de la transition sociale et écologique. Cette volonté s’est matérialisée par la création d’une charte Entreprise/Territoire en mars 2024, qui vise à accompagner les entreprises dans un engagement environnemental adapté à leur taille, leurs moyens, ou encore à leurs spécificités d’activité ou de statut. 19 entreprises l’ont signée
en octobre 2024, et un premier atelier collectif s’est tenu en février 2025 sur l’économie circulaire, avant une nouvelle rencontre début octobre.
Des moments d’échanges riches en partage et en enseignements.
En février 2025, Grand Paris Sud a lancé un questionnaire à destination des établissements économiques du territoire dans le but d’élaborer une stratégie économie circulaire. L’objectif : élaborer un plan d’actions concret mettant en son cœur des mesures de soutien aux filières porteuses en matière
d’économie circulaire, pour dresser un état des lieux des initiatives locales, identifier les freins et besoins spécifiques des entreprises,
et prioriser les actions et chantiers à mettre en
œuvre.

19 entreprises signataires de la charte Entreprise/Territoire
2 ateliers collectifs en 2025

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Rapport Développement Durable de Grand-Paris-Sud

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Au-delà des infrastructures, 2025 est aussi l’année d’une mobilisation renforcée : des habitants impliqués dans des démarches participatives - animations scolaires, ateliers pédagogiques, événements autour de l’environnement… -, des entreprises qui confirment leur engagement en faveur de la Charte Entreprises et Territoire et des agents de l’Agglomération engagés dans la transition via le numérique responsable ou la mobilité durable.

 

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Le rapport développement durable en bref

Prévu par la loi Grenelle II (12 juillet 2010), le rapport développement durable doit être présenté chaque année en parallèle du débat d’orientation budgétaire. Il met en perspective les actions conduites par la collectivité au regard des cinq finalités du développement durable :

  • lutter contre le changement climatique et protéger l’atmosphère ;
  • préserver la biodiversité, les milieux et les ressources ;
  • assurer la cohésion sociale et la solidarité
  • permettre l’épanouissement de tous les êtres humains ;
  • développer des modes de production et de consommation responsables.

Directeur de publication : Michel Bisson
Rédaction : Nicolas Alix, Sara Thiriat
Photographies : Vincent Bornet, François-Romain Couetdic, Charlotte Collas, Lionel Antony
Réalisation : Service Rédaction/Médias

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