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Au Jardin des Plantes, un nouvel espace pour les orangs-outans
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Les orangs-outans, une espèce protégée à la Ménagerie
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Un nouvel espace de vie
Les orangs-outans, une espèce protégée

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Culminant à 15 mètres de hauteur et couvrant 570 m² pour un volume total de 2 255 m³, cette structure monumentale favorise les déplacements arboricoles des orangs-outans en leur offrant un espace riche et adapté à leurs comportements naturels. Pensée comme un lieu d’immersion, elle valorise également le patrimoine historique et paysager du Jardin des Plantes, tout en proposant au public une expérience renouvelée, à la fois pédagogique et sensible au plus près de ces grands singes si fascinants. L'espace s’inscrit ainsi dans une démarche innovante, et incarne l’évolution des pratiques zoologiques vers des aménagements toujours plus respectueux des besoins et du bien-être des animaux.
Gilles Bloch, Président du Muséum national d’Histoire naturelle

Un nouvel espace de vie  

Un chantier technique inédit made in France

Le nouvel espace des orangs-outans se distingue par une structure réticulée tridimensionnelle en acier inoxydable, pensée pour s’intégrer avec finesse au site classé du Jardin des Plantes. Culminant à 15 mètres de hauteur et couvrant 570 m² - soit cinq fois la surface actuelle -, cette enveloppe aérienne offre aux animaux un vaste volume de 2 255 m³ - équivalent à celui d’une piscine olympique -, conçu pour favoriser la locomotion arboricole et offrir au public une expérience immersive.

La structure est conçue pour que chacun de ses éléments offre des possibilités d’évolution et de mouvement pour les primates. À cette colonne vertébrale tridimensionnelle - pensée comme un élément ludique pour les primates -, sont associés des câbles et un filet de près de 900 m². Le tout, entièrement en acier inoxydable, est capable de supporter les contraintes propres au filet, ainsi que les charges dynamiques des orangs-outans. L’ensemble repose sur deux socles en béton armé, et a été modélisé pour concilier performance mécanique, faisabilité de la construction et intégration dans le site.

Les éléments de cette colonne vertébrale monumentale - 30 tonnes au total - ont été entièrement fabriqués en France, dans les ateliers spécialisés de Saint-Nazaire. Chaque tronçon a été acheminé jusqu’au cœur du Jardin des Plantes par convoi exceptionnel, avant d’être assemblé sur site : un véritable exploit logistique et technique au sein de ce site historique.
La passerelle reliant cette structure moderne au bâtiment des primates - inauguré en 1934 - permet aux animaux de circuler au-dessus des visiteurs.
Elle débouche dans le monument historique.

© MNHN - G. Ballemboy

Un aménagement intérieur pour le bien-être des animaux

L’aménagement intérieur a été conçu pour favoriser l’expression des comportements naturels des orangs-outans :

  • Des agrès en bois d’acacia ont été installés, atteignant 8 mètres de hauteur favorisant les déplacements en hauteur et la brachiation. Ce parcours sera évolutif afin de compléter, diversifier et enrichir leur environnement.
  • La structure réticulée et le filet sont en métal, et servent de structure de grimpe pour les orangs outans.
  • Plus de 325 mètres de cordages noirs, choisis pour leur résistance et leur intégration visuelle, ont été installés, et 300 mètres de cordages supplémentaires seront ajoutés.
  • Quatre nids ont été suspendus pour les temps de repos en hauteur.
    Le nid le plus haut leur permet de se soustraire au regard des visiteurs, tout en gardant une position surplombante, pour le meilleur confort des animaux.
    • Pour enrichir encore la diversité des ambiances, six bassins à débordement ont été disposés, ils assurent fraîcheur, humidité et variations sonores, contribuant à se rapprocher des conditions hygrométriques des forêts humides d’Asie du Sud-Est.
    • Une brumisation activable par les orangs-outans offre la possibilité de se rafraichir dans les périodes de fortes chaleurs. Le dispositif propose deux boutons l’un pour la brumisation de leur espace, l’autre pour celui du public.

© MNHN - G. Ballemboy


 

La structure, à la géométrie parfaitement symétrique, en acier inox,
entre en résonance avec un univers plus organique et ludique,
fait de troncs d’acacias, de cordages et d’aménagements paysagers évoquant un mikado végétal.
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C’est un projet qui marque une vie !

Sabine Deniau, Cheffe de Projets
Direction du Patrimoine Immobilier

 

La palette végétale de l’enclos a été entièrement renouvelée dans les strates basses. Les grands arbres existants ont été conservés, mais l’ensemble du sous-bois a été replanté, en privilégiant une collection de plantes évoquant les forêts tropicales, tout en étant adaptées au climat parisien, où les gelées restent fréquentes en hiver.

L’espace a été paysagé avec 2 462 plants, issus de 50 espèces végétales différentes - fougères, bambous, plantes aquatiques, aromatiques... - afin de recréer une ambiance végétale riche et apaisante. La sélection de l’ensemble des plantes a par ailleurs fait l’objet d’un contrôle vétérinaire strict, afin de garantir qu’aucune espèce ne présente de toxicité pour les animaux ; un travail particulièrement complexe en raison du nombre surprenant d’espèces végétales potentiellement dangereuses pour les orangs-outans.

Un nouveau cadre pour un suivi comportemental et médical renforcé

Un espace technique est intégré au cœur de l’enclos, discrètement dissimulé dans la nouvelle topographie, entre les bassins et les aménagements paysagers. Cet espace comprend deux petites loges, permettant de développer davantage l’entraînement médical, grâce à des installations adaptées. Un nouvel espace de pesée permet un suivi régulier du poids de chaque individu.
Ces séances, fondées sur le renforcement positif, permettent aux orangs-outans de participer volontairement à certains soins - présentation d’un bras pour une injection médicale, du bas-ventre pour une échographie, ouverture de la bouche pour l’examen de la dentition, inspection visuelle... - réduisant ainsi le stress lié aux manipulations, et renforçant la relation de confiance avec leurs soigneurs animaliers et l’équipe vétérinaire.

© MNHN - G. Ballemboy

Une immersion du public

Aux trois extrémités du plan triangulaire, des aires de vision, équipées d’auvents en acier peint, offrent aux visiteurs une immersion visuelle dans l’enclos. Les assises proposées au public ne sont pas des bancs standards mais des troncs de bois, introduisant une dimension perceptive singulière : la contemplation devient alors une expérience corporelle et sensible.

Ces grandes baies de vision offrent au public des points d’observation privilégiés, tout en respectant le bienêtre des animaux et les contraintes patrimoniales propres au Jardin des Plantes.

Un projet sur mesure : des compétences variées et complémentaires

Ce chantier, doté d’un budget global de 4 millions d’euros, a nécessité une collaboration étroite entre la direction du patrimoine immobilier du Muséum national d’Histoire naturelle, les architectes, les ingénieurs, vétérinaires, soigneurs et experts du bien-être animal, équipe de chantier, cordistes… pour garantir une parfaite adéquation entre exigences biologiques, impératifs techniques et respect du patrimoine historique.

© MNHN - G. Ballemboy

Un projet rendu possible grâce à la mobilisation des parrains et mécènes

Depuis 2018, la majorité des fonds collectés à travers le programme de parrainage des animaux de la Ménagerie a été fléchée vers la construction de ce nouvel espace.

Une part des dons a également permis de soutenir l’ONG Hutan, œuvrant pour la protection des orangs-outans de Bornéo sur le terrain.

De 2019 à 2025, près de 400 000 € ont ainsi été collectés grâce à la fidélité et à la générosité des parrains et marraines de la Ménagerie.

L'édition 2018 du dîner de gala Biodiversité en danger du Muséum, consacrée aux grands singes, a aussi contribué au financement du projet. Enfin, la Secas - Société d'encouragement pour la conservation des animaux sauvages - a également apporté son précieux soutien.

 

Les orangs-outans, une espèce protégée

 


© MNHN - G. Ballemboy

Les orangs-outans de la Ménagerie, un groupe aux tempéraments variés

Le groupe de la Ménagerie du Jardin des Plantes se compose aujourd’hui de cinq orangs-outans de Bornéo aux âges, histoires et tempéraments différents, offrant un panorama vivant de la diversité des personnalités propres à cette espèce.

Figure emblématique du zoo, la doyenne Nénette, arrivée en 1972 après avoir été victime de capture, fête ses 57 ans en 2026. L’un des derniers orangs-outans nés dans la nature vivant en zoo, elle est reconnue pour sa grande créativité : elle peint quotidiennement et passe de longs moments à bricoler ou démonter méticuleusement de petits éléments de son environnement. Très observatrice, elle préfère les postes en hauteur, et garde toujours un œil attentif sur ce qui se passe aux alentours.

Théodora, née en 1988, fait preuve d’un tempérament calme et posé quoiqu’enjoué. Elle aime interagir avec le public, imiter certains gestes des soigneurs, et jouer à cache-cache en se couvrant les yeux avec les mains. C’est avec un grand intérêt qu’elle vérifie les serrages des boulons, la solidité des structures, et tous les points de fixations des troncs ou des cordes de son espace. Arrivée en 2007 avec sa fille Tamü, elle a depuis donné naissance à Java, née à la Ménagerie en 2018. Théodora s’implique avec attention dans les séances d’entraînement médical ce qui a notamment permis de suivre par échographie sa gestation.

Tamü, née en 2004, est d’un caractère vif et expressif. Créative, elle adore confectionner des hamacs ou s’envelopper avec les tissus mis à sa disposition. Très investie dans l’entraînement médical, elle répond à une trentaine de demandes différentes. Elle entretient de fortes affinités sociales : elle passe des moments paisibles avec Nénette, joue avec sa sœur Java, tout en restant complice avec sa mère Théodora.

Née en 2018, Java est la benjamine du groupe. Joueuse particulièrement avec son père Banggi, curieuse et déjà indépendante, elle explore sans cesse son environnement, et interagit activement avec les soigneurs. Elle vit aujourd’hui pleinement au sein de son groupe familial, tout en gardant un lien affectif fort avec sa mère.

Le mâle adulte, Banggi, né en 2006, est le père de Java, et le dominant du groupe. Imposant avec son disque facial largement développé, mais au tempérament doux, il se montre gentil avec les soigneurs. Il est très réceptif à l’entraînement médical, qu’il a rapidement appris à maîtriser.


Nénette

Théodora

Tamü

Java

Banggi

C’est un projet attendu depuis plusieurs années, et voir les animaux s’approprier cet espace est une émotion indescriptible. Chacun de nos orangs-outans a un caractère et une façon d’être qui lui est propre : j’ai été très surprise de voir Nénette immédiatement à l’aise, grimpant jusqu’à 15 mètres avec une aisance remarquable. Tamü l’a rapidement suivie, Théodora a exploré la structure avec curiosité, tandis que Banggi, plus réservé, a pris quelques jours avant de pleinement investir l’espace. C'est une immense joie de pouvoir offrir à nos orangs outans un nouvel espace, plus grand, plus haut, c'est le fruit de plusieurs années de travail et d'un engagement sans faille des équipes.
Christelle Hano, Cheffe Soigneur


© MNHN - G. Ballemboy

Les orangs-outans de la Ménagerie, des ambassadeurs de la biodiversité

Espèce classée En danger critique d’extinction par l’UICN, l’orang-outan symbolise les enjeux de la déforestation en Asie du Sud-Est. Les orangs-outans de la Ménagerie participent au Programme européen d’élevage, et sont de véritables ambassadeurs de la biodiversité.

L’orang-outan ne survit plus que sur les îles de Bornéo et Sumatra. Sa disparition est due aux divers impacts de l’Homme sur la biodiversité : déforestation, chasse, plantations industrielles pour l’huile de palme, les mines, l’expansion urbaine, feux de forêt et trafic illégal...

Ces dernières décennies, les populations d’orangs-outans ont perdu 80 % de leur territoire, et se sont réduites de moitié. La population est en déclin constant, cependant, grâce au travail d’associations sur le terrain pour une cohabitation pacifique avec les humains, les populations se maintiennent dans les forêts exploitées, les plantations d’acacias et de palmiers à huile, ainsi que dans des habitats humains où la chasse est absente. Cette capacité d’adaptation de l’espèce est un espoir pour leur survie.

Une étude scientifique sur le bien-être des orangs-outans

Afin d’accompagner la mise en place de ce nouvel habitat, une étude comportementale est actuellement conduite par les équipes scientifiques et animalières de la Ménagerie, en collaboration avec des chercheurs du CNRS et du Muséum national d’Histoire naturelle.

Cette étude vise à évaluer le bienêtre des orangs-outans avant, pendant et après leur installation dans la nouvelle volière. Les observations portent notamment sur la diversité et la fréquence des comportements exprimés, l’utilisation de l’espace, ou les interactions sociales.

Les données recueillies permettront de mesurer l’impact concret du nouvel enclos sur la qualité de vie des animaux, et d’ajuster les aménagements si nécessaire. Ce suivi s’inscrit dans une démarche globale d’amélioration continue du bien-être animal, au cœur des priorités du Muséum et de la Ménagerie.


© MNHN - G. Ballemboy

L'action du Muséum pour protéger l'orang-outan

Des mesures de protection sont mises en place sur le terrain in situ - centres de réhabilitation, création d’aires protégées… - et dans les zoos ex situ, grâce aux plans d’élevage internationaux auxquels la ménagerie participe activement. À la Ménagerie, les orangs-outans font l'objet de programmes de recherches : automédication chez les grands singes ; évaluation du stress et bien-être chez les primates ; théorie de l'esprit et capacités cognitives… C’est la complémentarité des différentes actions in situ et ex situ qui permettra d’assurer les meilleures chances de survie de l’espèce.

Observer les orangs-outans dans ce nouvel environnement nous permet de mieux comprendre ce qui contribue réellement à leur bien-être. L’objectif n’est pas seulement de proposer un espace plus grand, mais un espace mieux utilisé, plus riche. Ce suivi nous permet de mesurer l’impact réel du projet sur la qualité de vie des animaux, et pas seulement de le supposer. Ce sont ces données qui nous permettent d’ajuster nos pratiques au plus près de leurs besoins.
Aude Bourgeois, Directrice, Docteur vétérinaire

Chiffres clés
570 m², 5 fois la surface de l’ancien espace
15 m de hauteur 2 255 m³ de volume, équivalent à une piscine olympique
900 m² de filet 30 tonnes 4 millions d’€, 400 000€ collectés par le Mécénat • 2462 plants • 57 ans pour Nénette

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Au Jardin des Plantes, un nouvel espace pour les orangs-outans
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Ce projet illustre pleinement l’engagement du Muséum national d’Histoire naturelle en faveur du bien-être animal, de la conservation des espèces et de la transmission des savoirs. Porté par les équipes de la Ménagerie, en étroite coopération avec le cabinet d’architectes et d’ingénieurs Ney & Partners en collaboration avec Marboris, architecte et paysagiste, les équipes mobilisées sur le chantier, il est coordonné par la Direction du patrimoine immobilier du Muséum.
Gilles Bloch, Président du Muséum national d’Histoire naturelle

 

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Orangs-outans : le rôle de la conservation ex situ, en parc zoologique

Plus grands mammifères arboricoles au monde, les trois espèces d'orangs-outans sont classées en Danger critique d'extinction par la liste rouge mondiale de l'Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN). C'est en combinant les actions de conservation sur le terrain et en parcs zoologiques que nous pourrons assurer les meilleures chances de survie pour ces espèces, gravement menacées dans leur environnement naturel. mnhn.fr

Informations pratiques : Ménagerie, le zoo du Jardin des Plantes de Paris (Ve) - Ouvert tous les jours
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