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Espaces Naturels Sensibles de Seine-et-Marne
Des poumons verts pour l'
Île-de-France
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(4) Le bois de la Barre :
Un écrin de nature entre Marne et plateaux agricoles - Lumière sur les patrimoines naturel et historique
Une flore spontanée, parfois invasive - Une faune typique des espaces périurbains

Une origine restée longtemps inexpliquée
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Poumon vert de l’Île-de-France, la Seine-et-Marne est riche d’un patrimoine naturel unique au niveau régional, entre eau et forêt - 140 000 hectares de forêts, 4 400 km de cours d’eau -, aux nombreuses réserves de biodiversité, et marqué par une grande complexité paysagère et géologique, que le Département protège et valorise au service d’une cause juste : celle de la préservation de notre environnement. Par la valorisation de ces sites, nous entendons faire de ce patrimoine précieux une raison supplémentaire de venir découvrir et vivre en Seine-et-Marne, en répondant aux aspirations des citoyens. Renforcer le lien avec la nature, promouvoir la biodiversité et offrir un cadre respectueux de l’environnement, telles sont les ambitions portées par le Département de Seine-et-Marne. Seuls ou guidés par un animateur, enfilez de bonnes chaussures, ouvrez grand vos yeux et vos oreilles et partez à la découverte du patrimoine naturel remarquable de la Seine-et-Marne.
Jean-François Parigi, Président du Département de Seine-et-Marne ; Béatrice Rucheton, Vice-présidente en charge de l’environnement

Un écrin de nature entre Marne et plateaux agricoles



 

Situé à flanc de côteau, au nord-est de La Ferté-sous-Jouarre, le bois de la Barre surplombe la Marne. Cette rivière, la plus longue de France avec ses 514 kilomètres, a façonné le paysage et constitue, depuis longtemps, une artère majeure pour les échanges commerciaux : flottage de bois, vins de Champagne ou pavés de grès destinés à la capitale.

Le bois de la Barre porte ce nom depuis le XVIIe siècle au moins, il est présent sur la carte de l’évêché de Meaux datant de 1701. Il était associé au château de la Barre, fief des seigneurs locaux.

De nos jours, le fond de vallée est marqué par l’urbanisation, ainsi que par les nombreuses activités agricoles et industrielles qui s’y sont développées. Les plateaux présentent, quant à eux, de vastes étendues de cultures céréalières. Le bois de la Barre est un petit bois périurbain avec un intérêt environnemental particulier.

La protection de cet espace boisé est renforcée par le statut d’espace naturel sensible départemental (ENS). Dans le cadre de sa politique en faveur de l’environnement, le Département de Seine-et-Marne a en effet acquis le bois de la Barre en 1993, pour préserver les patrimoines géologique et naturel présents. Le site est dorénavant une forêt constituée d’une parcelle de 33 hectares d’un seul tenant, dont l’altitude varie de 70 mètres au niveau de la rue Clément-Duburcq, à 165 mètres au sommet.

La Plaine de la Barre vue depuis l’orée du Bois de la Barre
© Archives municipales de la Ferté-sous-Jouarre

À proximité, au nord-est, se trouve un autre ENS départemental ouvert au public : le bois de la Bergette.

Lumière sur les patrimoines naturel et historique

Depuis 2020, des travaux ont été réalisés par le Département afin d’améliorer l’accueil du public et renouveler l’expérience de visite du sentier pédagogique sur la pierre meulière.

Le bois de la Barre représente un site ENS pour lequel le thème Patrimoine et culture, en lien avec l’exploitation de la pierre meulière qui a marqué le site, a été choisi pour sa découverte. Le visiteur peut dorénavant s’attarder sur des panneaux originaux le long du sentier, sous la forme de bande-dessinée et des silhouettes en acier corten, qui le font plonger dans l’ambiance de travail de l’exploitation de la pierre meulière, ses métiers, techniques, outils et conditions de travail des ouvriers de l’époque.

 
Un circuit familial permettant une visite guidée sur smartphone
- téléchargeable gratuitement - est également disponible
avec l’application mobile Balade Branchée.
 


Tout cela vient compléter les divers aménagements qui avaient déjà été réalisés pour l’accueil du public et sa sécurité : un parking, des escaliers, des gardes-corps et des bancs.

Ouvriers travaillant dans l’ancienne carrière
© Alexandre Lainé

Plus globalement, dans le cadre de sa politique de valorisation des espaces naturels sensibles, le Département continue de poursuivre un double objectif : préserver et favoriser la richesse naturelle du site tout en l’ouvrant au public. Afin d’y parvenir, chaque type de milieu naturel demande une gestion adaptée. Les équipements mis en place nécessitent également un entretien régulier. Dès les premiers aménagements, des travaux importants ont rendu accessibles les vestiges des carrières de meulières.

Cela a permis de réhabiliter le site et d’éclaircir les peuplements où se développe une offre diversifiée. Certains chemins ont été fermés pour les laisser se boiser naturellement. D’autres ont été stabilisés et sont accessibles aux véhicules utilisés pour la gestion. Le reste des sentiers a été laissé en terrain naturel, et est réservé aux promeneurs.

Pour sécuriser le site, le Département effectue ponctuellement une récolte de bois. Afin de favoriser la biodiversité, un maximum d’arbres, d’essences et d’âges différents sont maintenus pour créer une futaie mixte. Sauf s’ils représentent un danger pour le public, les arbres morts sont conservés car ils offrent un abri à de nombreux êtres vivants.

Les arbres abattus, qui ne peuvent être exploités, sont débités et empilés en tas servant de refuge à la petite faune.

La partie nord du site est peuplée par des robiniers faux-acacia qui font concurrence aux essences locales : chêne, charme... Chargés de maintenir la richesse spécifique*, les gestionnaires du Département éliminent progressivement ces envahisseurs en leur donnant une nouvelle fonction : leur bois sert à la fabrication d’un mobilier robuste qui équipe les espaces naturels sensibles départementaux : bancs, panneaux...

La géologie particulière du bois de la Barre favorise la formation de petites zones humides qui abritent une faune et une flore spécifique.

Une destination pour vous détendre en pleine nature à deux pas de la ville

 

Une flore spontanée, parfois invasive

 


© Maxime Briola

Le grémil bleu-pourpre - 30 à 60 centimètres - est une plante des lisières ensoleillées. Elle est rare dans le département, et bénécie d’une protection régionale. Les quelques plants présents sur le site seraient issus d’individus cultivés pour l’ornement des jardins.


© Sylvestre Plancke

Le lamier jaune peut atteindre 40 centimètres de haut. Il apprécie les sousbois assez frais. Fréquent sur le plateau de la Brie et dans l’Orxois, il est souvent confondu avec l’ortie, mais il se distingue de cette dernière par sa tige de section carrée. Les jeunes pousses peuvent être consommées en salade.


© Sébastien Filoche

Le robinier faux-acacia a été importé d’Amérique du Nord en 1601 pour l’ornement et la qualité imputrescible de son bois. Sa capacité à coloniser un milieu en éliminant une grande partie de la flore présente le rend invasif, et donc néfaste pour la biodiversité.

Les boisements présents aujourd’hui sur le site du bois de la Barre sont des peuplements qui ont naturellement colonisé un milieu transformé par l’homme lors de l’exploitation de la pierre meulière.

Le robinier faux-acacia est caractéristique de ce type de succession écologique. Quelques espèces moins communes sont toutefois présentes comme le sureau à grappes, qui pousse au niveau de la carrière dite du Colorado. Sur le reste du secteur, les peuplements forestiers se diversifient avec la présence marquée du chêne sessile et du chêne pédonculé, mais également du frêne, du merisier, du tilleul, de l’érable, du charme, du noisetier et plus occasionnellement du hêtre et du bouleau verruqueux.

À proximité du réseau routier, la forte luminosité favorise les espèces arbustives comme l’aubépine, le prunelier ou le fusain d’Europe.

Le sous-bois totalise 165 espèces végétales. Il offre de belles étendues de plantes printanières : jacinthe des bois, ficaire, fausse renoncule, anémone des bois... Les quelques zones ouvertes du coteau, où pénètre la lumière, accueillent l’orchis mâle, une orchidée sauvage.

Une flore caractéristique, comprenant les joncs, carex ou prèles, permet de repérer les zones humides.

 
Une faune typique des espaces périurbains  

L’avifaune, qui englobe l'ensemble des oiseaux, est typiquement arboricole avec la présence de deux espèces de pic - épeiche et vert -, de la sittelle torchepot, des mésanges charbonnière et bleue, du pouillot véloce, du geai des chênes… La buse variable est le seul rapace présent dont la nidification est avérée sur le site.

Il est possible d'observer des mammifères comme le chevreuil, qui se nourrit principalement de jeunes pousses. Le renard roux, le sanglier, la martre ou le blaireau fréquentent également le secteur. Leurs mœurs essentiellement nocturnes les rendent très difficiles à observer. Ce sont souvent leurs empreintes qui trahissent leur présence. Les mares accueillent des espèces d'amphibiens, telles que le triton palmé, un animal discret qui vient se reproduire chaque année dans les eaux stagnantes. La salamandre tachetée préfère rester dans les sous-bois, elle ne fréquente les rives de la mare que pour y déposer ses larves. Il est très rare de la voir s'aventurer dans l'eau.

Le sol et les arbres abritent une multitude d’espèces qui représente la majeure partie de la biodiversité : insectes, myriapodes*, mollusques, crustacés et arachnides*… Certaines d'entre-elles jouent le rôle très important d’éboueurs de la nature. Elles décomposent la matière organique morte et permettent la formation d’un sol riche dont dépend tout l’écosystème.

La sittelle torchepot apprécie les bois de haute futaie,
mais on l’observe aussi régulièrement dans les parcs et jardins.
© Thomas Roger

 
Une origine restée longtemps inexpliquée

La pierre meulière...

Le sous-sol de La Ferté-sous-Jouarre possède, presque à fleur de terre, des bancs de pierre meulière. Ces roches siliceuses de la Brie ont été utilisées pour façonner des meules depuis le néolithique. Une meule, datant de cette époque, connue et façonnée à La Ferté-sous-Jouarre, est conservée au Musée de Jouarre.

Jean-Etienne Guettard est le premier à avoir émis une hypothèse sur la genèse des meulières, en lien avec l’altération provoquée par les eaux de pluie. Au XIXe siècle, la pierre meulière fait l’objet d’un important débat, les plus grands penseurs en décrivent les gisements et cherchent à percer son secret.

En 1896, le terme de meuliérisation apparaît, puis, au cours du XXe siècle, le phénomène est associé à des conditions climatiques préhistoriques tropicales. Enfin, à la fin du XXe, les géologues parviennent à expliquer sa formation avec précision.
Il n’existe aucun grand bassin de pierre meulière, mais plutôt des poches éparses ayant présenté des conditions favorables à sa formation. Elles sont observées à la surface du plateau de Brie, en lien avec le calcaire de Brie, ainsi qu’à la surface des plateaux de Beauce ou du Hurepoix, associées au calcaire de Beauce. Il s’agit donc d’une formation géologique superficielle, liée à un phénomène d’altération du calcaire.

Le mystérieux processus de meuliérisation

La formation des meulières se situe entre – 4 et – 2 millions d’années, soit à la fin de l’ère tertiaire et au début du quaternaire. Ce phénomène géologique est étroitement lié à la présence du calcaire de Brie et des sables de Fontainebleau.


Ancienne meulière
© Maxime Briola

  1. 27 millions d’années : la mer quitte définitivement le Bassin parisien. Plusieurs dizaines de mètres de sable siliceux recouvrent le calcaire de la Brie. La région devenue continentale est soumise à l’érosion durant 20 millions d’années.

  2. 4 à -2 millions d’années : les sables sont lessivés par la pluie et arrachés par le vent. Par endroits, le calcaire est mis à nu. Soumis à son tour à l’érosion, il se creuse progressivement et accumule dans ses anfractuosités des dépôts argilo-sableux.

  3. L’eau, apportée par les pluies, s'infiltre dans ces cuvettes ; à son contact les grains de sable subissent lentement une dissolution. La silice libre (SiO2) est transportée par l’eau et va se fixer dans les vides du calcaire. Les masses de roches siliceuses accumulées forment la fameuse pierre meulière.


Détail d’une pierre meulière compacte © Maxime Briola

(*) GLOSSAIRE

Richesse spécifique : Mesure de la biodiversité de tout ou d’une partie d’un écosystème ; elle désigne le nombre d’espèces présentes dans un milieu donné.

Myriapodes : classe d’animaux terrestres, souvent appelés « mille-pattes », dont le corps allongé est formé de nombreux anneaux portant chacun une ou deux paires de pattes.

Arachnides : classe d’animaux terrestres à huit pattes, contrairement aux insectes qui en ont six, sans ailes ni antennes : araignées, faucheurs, scorpions...

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Espaces Naturels Sensibles de Seine-et-Marne Des poumons verts pour l'Île-de-France
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Politique des
Espaces Naturels Sensibles
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Depuis près de 35 ans, le Département de Seine-et-Marne mène une politique volontariste de grande ampleur à l’égard de la biodiversité et de ses Espaces Naturels Sensibles. Des actions qui ont permis de créer un réseau d’une centaine de sites, dont trente-neuf sont ouverts au public, grâce à l’action du Département, d’Île-de-France Nature, et des communes.

 

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Les Rendez-vous Nature en Seine-et-Marne

De nombreuses animations pour petits et grands sont proposées par l'association départementale Seine-et-Marne Environnement et ses partenaires, afin de faire découvrir l'environnement, la biodiversité, la faune et la flore de
la Seine-et-Marne.
Programmation complète des animations organisées dans les sites naturels de la Seine-et-Marne, y compris les 22 Espaces naturels sensibles protégés par le Département : seine-et-marne.fr

Environnement, eau et agriculture
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De la valorisation des Espaces Naturels Sensibles (ENS) à la protection de la biodiversité, en passant par la lutte contre
le dérèglement climatique, la préservation des ressources naturelles, notamment l'eau, et la lutte contre l'appauvrissement des sols, le Département de Seine-et-Marne se mobilise activement en faveur de l’environnement, conservant ainsi sa réputation de poumon vert de l’
Île-de-France. Au total : 43,7 millions d'euros ont été mobilisés depuis le début du mandat en faveur de la politique dédiée à l’eau, l’environnement et l’agriculture.
seine-et-marne.fr