Depuis le 5 avril, le Parc zoologique de Paris propose de mieux comprendre
les intelligences animales, quelles que soient leurs formes.
Apprentissage, communication, coopération : les animaux révèlent
des capacités fascinantes. Leur monde cognitif, souvent méconnu,
témoigne
d’une étonnante richesse. Observer leurs talents, c’est
repenser notre propre rapport au vivant. Durant cette saison, un parcours
de visite dédié, des animations inédites, une mini-exposition
de spécimens et des rencontres avec des spécialistes permettront
d’en apprendre davantage sur les intelligences animales. Les visiteurs
découvriront comment les abeilles, les loups, les chauves-souris,
les vautours, les babouins,
les antilopes, ou encore les grenouilles, sont loin d’être
bêtes comme des ânes.
Le
perroquet : manipuler en toute logique |
|
Les
perroquets partagent avec les primates plusieurs caractéristiques
généralement associées à des capacités
cognitives avancées : un cerveau volumineux, une croissance
lente passée auprès des parents, et une certaine
longévité. Ce constat, couplé à leur
habilité à manipuler des objets et à plusieurs
observations d’utilisation d’outils, a conduit des
chercheurs à leur faire résoudre des problèmes
complexes, c’est-à-dire à mettre en place
une séquence d’actions inédites pour atteindre
un objectif donné.
Des
aras hyacinthes et d’autres espèces se sont donc
vus proposer de tirer des cordes pour obtenir une récompense
cachée de leur vue. Que ce soit grâce à leur
dextérité ou à leur envie naturelle de jouer
avec ces cordes, ou à une réelle capacité
cognitive à percevoir les forces en action, les aras testés
ont parfaitement réussi à compléter la séquence.
Si,
à ce jour, les aras hyacinthe ont fait l’objet de
peu d’expériences permettant d’évaluer
leurs compétences, d’autres psittacidés sont
réputés pour leurs performances remarquables : mémorisation,
abstraction, comptage et calculs simples, altruisme…
Cette
année, divers enrichissements seront proposés aux
aras du Parc zoologique de Paris, afin de dévoiler leurs
capacités cognitives aux visiteurs. Deux espèces
vivent dans la biozone Amazonie-Guyane : un couple d'aras hyacinthe,
un des plus grands perroquets au monde, et des aras militaires,
dans la serre tropicale. Ces deux espèces sont classées
vulnérables par l’Union internationale pour la conservation
de la nature. |

© MNHN - F.-G. Grandin
|
|
Le
dendrobate : se repérer dans l’espace |
|

©
MNHN - F.-G. Grandin |
Les
dendrobates font preuve de comportements sociaux élaborés,
par exemple en termes de territoire et de soins apportés
aux jeunes. Ils recherchent notamment des sites de ponte qui
sont souvent des feuilles à proximité de zones
humides, et visitent régulièrement les œufs
pour s’assurer qu’ils sont toujours hydratés,
et déplacer les têtards vers de petits points d’eau
au moment de l’éclosion.
Chez
plusieurs espèces territoriales - notamment Oophaga pumilio
et Allobates femoralis -, il a été observé
que des individus déplacés entre 50 et 400 m de
leur habitat originel y retournent par le plus court chemin.
La plupart y parviennent en quelques jours, voire quelques heures.
Aucune différence d’orientation entre mâles
et femelles n’a été détectée.
Chez
d’autres espèces de dendrobates aux comportements
parentaux développés - Dendrobates auratus -,
les parents sont capables de localiser plusieurs points d’eau
éphémères, répartis sur des dizaines
de mètres, à différents étages de
la forêt. Ils naviguent entre ces sites de ponte, d’autres
zones humides, leurs lieux de chasse, et des abris potentiels
dans lesquels ils retournent régulièrement. S’ils
s’aident eux aussi de repères acoustiques ou encore
olfactifs, une capacité à schématiser l’environnement
leur est indispensable pour intégrer ces multiples données,
et faire face aux modifications ponctuelles de celui-ci.
Mieux
comprendre les amphibiens est essentiel pour étudier
l’évolution de la cognition, puisqu’ils témoignent
d’une étape clé de l’histoire du vivant
: le passage d’une vie aquatique à une vie terrestre,
il y a 370 millions d’années. Analyser leurs capacités
cognitives nous permet d’imaginer quelles étaient
celles de l’ancêtre commun à tous les tétrapodes.
À
l’entrée de la serre tropicale, deux espèces
de dendrobates peuvent être observées : les dendrobates
à tapirer et les Phyllobates bicolor.
|
|
Le
programme 2025
La
thématique de la saison Intelligences animales se décline
dans toute l’offre de visite : événements,
médiation et informations sur le parcours. Depuis le 5
avril et pour toute la saison, les intelligences animales sont
ainsi décortiquées tout au long du parcours à
travers des panneaux dédiés, des activités
en autonomie, une mini-exposition Cerveauthèque dans le
chalet, et des animations quotidiennes. |
|
IA
: intelligences animales
Le
parcours IA : intelligences animales met à l’honneur
une vingtaine d’espèces - pensionnaires du Parc
et faune locale du bois de Vincennes - choisies pour leurs capacités
cognitives particulières, originales et parfois amusantes
: abeilles, labre nettoyeur, roussettes, dendrobates, aras,
fourmis, capucins, lémuriens, corneilles…
Tout
au long de la visite, un petit personnage fait son apparition
sur les panneaux pédagogiques : une intelligence artificielle
nommée MNHN-PZP-25. Créée par les humains,
elle s’est beaucoup instruite grâce à nous,
mais arrive au bout de son apprentissage. Cela ne lui suffit
pas pour résoudre de nombreux problèmes. Elle
souhaite donc découvrir les capacités cognitives
des autres animaux vivant sur Terre, et invite petits et grands
à l’accompagner.
Au
détour d’un chemin, chacun a l’occasion de
découvrir les compétences du rat pour se repérer
dans un labyrinthe, ou la manière dont les suricates
forment les jeunes générations. Les visiteurs
peuvent alors se laisser tenter par quelques défis en
famille afin de tester leur sens de l’orientation ou de
la communication.
La
cerveauthèque
|

©
MNHN - F.-G. Grandin
|
|

©
MNHN - A. Iatzoura |
Tête
de linotte, renard rusé, mémoire d’éléphant
ou de poisson rouge… on ne compte plus les préjugés
sur l’intelligence des animaux. Dans le Chalet, situé
aux Clairières, une exposition de pièces de collection
du Muséum national d’Histoire naturelle permet de
contrer certaines idées reçues et d’observer
les structures anatomiques qui sous-tendent les comportements
intelligents. |
|
Quand
on dit intelligence, on pense souvent cerveau,
mais à quoi ressemble le cerveau d’un crocodile,
d’une abeille, d’un ours, d’une autruche ou
encore de notre cousin néandertalien ? Cette miniexposition
permet de comprendre où en est la science sur la compréhension
de la cognition.
|
|
Un
parcours et des animations pour découvrir les différentes
formes d'intelligences animales |
Les
cartes blanches avec les experts du Muséum |
|
 |
Tous
les jours, les animateurs et les soigneurs du Parc sont présents
pour échanger avec les visiteurs et leur permettre de
profiter au mieux du parcours. Un programme d’animations
et de nourrissage les invite à découvrir les animaux
et à les observer sous un nouveau jour.
©
MNHN - F.-G. Grandin
|
Les
cartes blanches sont l'occasion de rencontrer des chercheuses
et des chercheurs pour en savoir plus sur les intelligences animales.
©
Marcella Sanna
Ce
printemps, 3 rendez-vous avec les chercheurs du Muséum
: |
|
|
L’animation
au bassin des otaries présente notamment la capacité
de ces animaux à reconnaître des formes élaborées.
D’autres moments de la journée sont l’occasion
de découvrir le panel d’enrichissements ou d’aménagements
proposés aux animaux, afin de stimuler leurs capacités
cognitives et d'observer leurs réactions face à
des problématiques parfois complexes.
Adultes
et enfants peuvent aussi tester leur intelligence humaine dans
le cadre du Grand quiz des intelligences proposé tous
les jours, durant les vacances scolaires.
|
Dimanche
13 avril : Comment étudier le cerveau des humains préhistoriques
?, avec Antoine Balzeau, paléoanthropologue, chercheur au
CNRS et au Muséum.
Samedi 19 avril : Les incroyables capacités cognitives
des céphalopodes - poulpes, seiches, calmars… -, avec
Laure Bonnaud-Ponticelli, biologiste spécialiste des céphalopodes,
enseignante au Muséum.
Samedi 26 avril : À la rencontre des gorilles, avec
Shelly Masi, primatologue spécialiste des gorilles, maîtresse
de conférences au Muséum et au Musée de l’Homme. |
|
Les
dimanches au zoo pour explorer les multiples facettes des intelligences
animales |
Et
des événements toute l'année
..... |
|
Les
dimanches au zoo sont revenus pour une nouvelle édition,
cette fois-ci autour de la thématique de la saison :
les intelligences animales. Les dimanches, des activités
spéciales sont proposées à différents
types de publics : les bébés, les enfants et les
familles.
Pour
les bébés (18 mois-3 ans)
|

©
MNHN - A. Iatzoura |
Pâques,
20 et 21 avril
: Chasse aux œufs le matin - sur réservation,
en plus du billet d’entrée -, animations, maquillage.
Jeu de Pâques : une quête à travers les allées
du zoo pour tenter de gagner un œuf en chocolat grand format.
Nocturnes, du 10 juillet au 14 août : Les jeudis à
partir de 18h, une occasion unique d’observer les pensionnaires
du Parc à la tombée du jour, et d’admirer le
grand rocher au coucher du soleil. Les 17 juillet et 7 août,
les noctambules sont invités à deux soirées
spéciales Silent Zoo, pour danser, écouter
de la musique silencieusement sans déranger les animaux.
Nouveau en 2025 : La terrasse des Nocturnes se déplace
face au Grand Rocher et à la plaine...
|
|
Un
éveil des sens des tout-petits, à la découverte
des intelligences animales.
•
Durée : 35 min •
À 10h15 et 11h15, les 6 avril, 4 mai, 1er juin, 6 juillet,
3 août, 7 septembre, 5 octobre et 2 novembre
Pour
les enfants (4-7 ans)
Visite ludique et pédagogique dans la peau d’une
abeille, à la rencontre de la diversité des capacités
cognitives des autres animaux.
•
Durée : 1h •
À 10h30, les 13 avril, 11 mai, 8 juin, 13 juillet, 10 août,
14 septembre et 12 octobre
En
famille (à partir de 8 ans)
Balade dessinée à la rencontre de la diversité
des intelligences animales, avec
l’illustratrice Miss Prickly, autrice de la BD Animal Jack.
•
Durée : 2h environ •
À 14h30, les 27 avril, 18 mai, 29 juin, 20 juillet, 3 août,
28 septembre et 19 octobre |
... africaine - sauf durant les soirées Silent Zoo -,
offrant un cadre unique pour s'évader les soirs d'été,
boire un verre ou dîner.
©
MNHN - M. Descombes
Paris zoo run, 21 septembre : Une course unique, qui
associe exercice physique en famille et défense des espèces
menacées : ...
|
 |
|
... 5 km, dès 8 ans, et 10 km pour les plus de 15 ans. Nouveau
en 2025 : La mini-course des enfants dès 3 ans : la
marche pour la conservation, l’après-midi.
Week-end frissons, 31 octobre-2 novembre : À l’occasion
d’Halloween, trois jours d’animations et d’activités
pour frissonner en famille.
Traditionnel Noël au zoo, vacances de Noël :
Animations spéciales et distributions de cadeaux aux animaux. |
|
Les
actualités du Parc zoologique de Paris |
|
Déjà
11 ans que le Parc zoologique de Paris a rouvert ses portes. Chaque
année, environ 300 animaux voient le jour dans le Parc,
qui accueille aujourd’hui 275 espèces différentes.
|
|
Nouvelles
arrivées au Parc zoologique de Paris : deux lionnes...
Originaires
du zoo de Dvur Králové, en République tchèque,
le 20 novembre dernier, Anisa et Asma sont deux jeunes lionnes
âgées d'un an. Leur arrivée au Parc zoologique
de Paris est importante, car elles possèdent un patrimoine
génétique - environ 90 lions de ce type dans les
zoos européens - très proche du lion de l’Atlas,
une sous-espèce aujourd’hui éteinte à
l’état sauvage. Ces lionnes ont rencontré
ensuite le mâle Volcan, dans l’objectif de créer
un nouveau clan. |

©
MNHN - M. Descombes |
Arrivée
de trois tortues saisies par les douanes |
|
Au-delà
de sa mission de reproduction et de conservation d’espèces
menacées, le Parc zoologique de Paris joue un rôle
crucial dans la protection de la biodiversité, en accueillant
des animaux saisis sur le territoire français. En 2024,
60 ont été confiés par les services de l’État,
dont des passereaux d’Amérique... |

© MNHN - M. Descombes |
|
...
centrale ou encore des tortues européennes et africaines.
Cette
année, ce sont trois tortues Testudo kleinmanni trouvées
dans des bagages en provenance d'Afrique du Nord qui sont arrivées
au Parc. Ces animaux, originaires de Libye et d’Égypte,
sont gravement menacées par la dégradation de
leur habitat et le braconnage. Après avoir été
mises en quarantaine et soignées contre des parasites,
elles sont suivies dans le cadre d’un programme de conservation
dans les zoos européens. Actuellement, leur réintroduction
dans leur milieu naturel est impossible en raison de l’instabilité
de la région. Cette mission de sauvetage contribue à
la préservation de la diversité génétique
de l’espèce, et à la lutte contre le trafic
illégal d’animaux.
|
|
... et une femelle glouton nous ont rejoints !
Le
Parc zoologique de Paris est également heureux d’annoncer
l’arrivée d’une femelle glouton de trois ans,
en provenance d’un zoo hongrois. Elle rejoint le mâle
déjà présent au zoo, le coordinateur du programme
européen de conservation ayant donné son feu vert
au site pour reproduire cette espèce de carnivore européen
méconnue.
Ces
nouvelles arrivées renforcent les efforts du Parc en matière
de conservation, tout en offrant aux visiteurs une occasion unique
d’observer ces
prédateurs fascinants.
Réintroduction
des vautours
Le
30 janvier 2025, quatre vautours fauves nés au Parc zoologique
de Paris et à la Réserve zoologique de la Haute-Touche
sont partis pour la Bulgarie dans un objectif de réintroduction
au printemps 2025. Dans un premier temps, acclimatés dans
des volières où ils formeront des couples, ils seront
ensuite relâchés en pleine nature au milieu des colonies
déjà présentes dans les gorges de Krésna,
grâce à la FWFF : Fund for Wild Flora and Fauna.
Cette opération concrétise une nouvelle fois l’un
des nombreux projets de recherche et de conservation entrepris
depuis plusieurs années par ces deux parcs zoologiques
du Muséum pour la protection des espèces menacées,
et illustre l’engagement scientifique puissant des zoos
de l'institution. |
|

©
Florent Pierre - Atelier Pierre Pierre |
|
Les
chiffres clés |
|
Création
: 1934 - Réouverture :
2014
rénovation à partir de 2008
14,5 hectares - 5
biozones
Une serre tropicale de 4 000 m²
Le Grand Rocher, 65 m de hauteur
Plus de 3 400 animaux
276 espèces animales
•
54 mammifères
•
69 oiseaux
•
37 serpents, lézards, tortues
• 32 amphibiens - •
1 arachnide
•
34 poissons osseux
•
1 élasmobranche
•
10
insectes |
•
1 mollusque
•
8 crustacés
•
8 échinodermes
•
21 cnidaires
301
naissances en 2024, dont 1 otarie à crinière, 3
otocyons, 1 titi roux, 6 manchots de Humboldt…
60 animaux accueillis issus de saisies en
2024
65 espèces du Parc intègrent
des
Programmes européens pour les
espèces menacées : EAZA* ex-situ
Programmes. |
|
La
conservation
501 parrainages en 2024, 26
espèces parrainées : 80 537 €
récoltés
28 794 € récoltés lors
des événements de 2024 : Paris Zoo Run, Nocturnes…
* European Association of Zoos and Aquaria |
|
.....
.Saison
Intelligences animales au Parc zoologique
de Paris
..........................
Les
intelligences animales sont mises en avant au Parc
zoologique de Paris, au gré d’une saison
thématique mettant en valeur la diversité
et la richesse des formes d’intelligence du
monde vivant. À travers la valorisation de
contenus scientifiques parfois méconnus, les
visiteurs sont invités à dépasser
leurs croyances autour du concept d’intelligence,
trop souvent centré sur le seul être
humain. Ils découvriront aussi les capacités
parfois insoupçonnées de plusieurs espèces
animales, sans oublier le blob, organisme unicellulaire
dépourvu de cerveau, mais doté d’une
intelligence certaine ! Durant toute la saison, à
travers un parcours de visite enrichi, des rencontres
exclusives, une mini-exposition dans le chalet des
clairières, ainsi que des animations et des
activités dédiées, les équipes
du Parc zoologique de Paris proposent une immersion
dans la variété des intelligences animales,
invitant à l’émerveillement, à
l'apprentissage et à l’action en faveur
de la protection de notre biodiversité menacée.
Pierre-Yves Bureau, Directeur du Parc zoologique
de Paris
|
|
......
|
|
Tarifs
: Adulte : 22 € - Tarif réduit adulte
: 17 € - Enfants 3-12 ans : 17 € - gratuit
pour les moins de 3 ans
Pass annuel Muséum (13 sites en illimité)
: 70 € adulte / 38 € enfant, et de nombreux
avantages
Forfait tribu : 68 € (2 adultes et 2 enfants)
Se rendre au Parc zoologique de Paris :
Parc zoologique de Paris - Angle avenue Daumesnil
et Route de ceinture du lac Daumesnil - Paris (XIIe)
Métro ligne 8 et tramway T3 (station Porte
Dorée) - Bus 46, 86, 325 et 201 (arrêt
Parc Zoologique)
parczoologiquedeparis.fr
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|