Présente en Île-de-France depuis 2005 sous forme d’une
antenne régionale, l’association Terre de Liens Île-de-France
a été créée le 3 novembre 2011. Forte de son
action de terrain, de son expertise et de son maillage territorial, notre
association souhaite s’imposer dans le jeu d’acteurs pour
porter un changement radical du modèle agricole francilien, vers
une agriculture biologique et paysanne. L’accès aux terres
agricoles
est un enjeu crucial pour notre sécurité alimentaire, et
notre société au sens large. Sans terre agricole, pas de
paysan·nes ni d’agriculture
de proximité respectueuse de l’environnement et créatrice
de liens. Pour Terre de Liens, l’effritement de notre richesse agricole,
la perte de biodiversité et le déclin des campagnes n’ont
rien d’une fatalité : l’avenir peut offrir bien d’autres
perspectives
aux terres et à l’agriculture paysanne. Si l’on s’en
donne les moyens…
Ferme
du Bois Folies (91) : Cultiver tout en préservant une biodiversité
remarquable |
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La
ferme

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Les
arbres existants : point de départ du projet agroforestie
Les
arbres sont bénéfiques à l’élevage
En
friche pendant une vingtaine d’années avant que Keryann,
Audrey et Alexandre ne s’y installent, le site de Chevannes
a vu se développer naturellement de nombreux arbres et
arbustes. Ça tombe bien ! La présence d’arbres
a tout son sens dans un élevage en plein air : elle bénéficie
au bien-être animal via la création d’ombre,
ce qui peut contribuer à l’autonomie alimentaire
du cheptel (voir la page consacrée à
la ferme de Toussacq, NDLR) mais également à
délimiter le parcellaire des brebis.

Ferme du Bois des Folies, 2024. Les cochons ont remplacé
la charrue ! En plus de venir retourner le sol sans le tasser
sur les 10 premiers centimètres, ils mangent les racines
des mauvaises herbes et fertilisent le sols avec leurs déjections.
©
Candice Lescop, Hélène Degrandpré
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Le
contexte
Le
site de Chevannes est un ancien centre émetteur de la Direction
générale de l’aviation civile (DGAC) et a
vu passer de nombreuses modifications de ses usages au fil des
années.
- 1960
- 1998 : Les terres sont louées à des agriculteur·ices
qui cultivent les parcelles de grandes cultures de manière
conventionnelle.
- 1998
- 2010 : Le site accueille annuellement une course automobile
de 4x4 pour laquelle ont été réalisées
des pistes avec du remblai et de la terre exogène. Seule
une parcelle au nord est maintenue en culture.
- 2015
: Les activités cessent et les 109 ha sont laissés
à l’abandon, une zone humide remarquable se développe
sur environ 34 ha.
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2019 - 2020
: La DGAC vend le site en 2019 à la Foncière Terre
de Liens et à la Caisse des dépôt et consignations
Biodiversité.
Aujourd’hui,
le site est composé essentiellement de prairies sèches
à l’ouest, et d’une zone humide à l’est,
caractérisée par la présence de mares et
de mouillères. Des espaces boisés, des bosquets
et des petites zones de pré-bois et fourrés sont
également visibles sur l’ensemble du site. Keryann
est installé à l’ouest du terrain en polyculture-élevage
- porcs plein air et brebis allaitantes - depuis 2022. De leur
côté, Audrey et Alexandre élèvent des
brebis laitières à l’est du terrain depuis
2022. Audrey, Alexandre et Keryann ont à cœur de préserver
la biodiversité remarquable du site : découvrez
comment activité agricole et biodiversité interagissent
à la ferme du Bois des folies !
Mouillères
à la ferme du Bois des folies, 2024
©
Candice Lescop, Hélène Degrandpré
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Protéger
les arbres existants
Si
les arbres sont globalement bénéfiques aux animaux...
l’inverse est plus subtil ! Quand ce ne sont pas les brebis
qui mangent les écorces, les porcs creusent la terre près
des racines et se grattent avec énergie sur les troncs.
Pour une cohabitation sereine, il a donc été nécessaire
de protéger les arbres situés à l’intérieur
des enclos des animaux. Le choix des fermier·es, appuyé·es
par l’association Agrof’île, s’est porté
sur des protections grillagées épineuses autour
des arbres, dites protections cactus ; encore peu utilisées
en France mais redoutablement efficaces en Espagne !
Suite
du projet agroforestier
En
parallèle de la protection des arbres existants, plusieurs
projets de plantation sont encours, comme sur les buttes en bordure
des anciennes pistes de 4x4 où seront plantées des
haies adaptées à la production de bois de chauffage
et de fourrage. Il est également prévu d’implanter
un verger haute-tige au sud du terrain (source
: Agrof’île). |
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Le
métier d’agriculteur,
c’est s’adapter au milieu dans lequel on est, pas
le contraire !
Keryann,
polyculteur - éleveur
....
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Une
zone humide remarquable
Le
site de Chevannes - surtout sur la partie est - se caractérise
par une zone humide remarquable - région où l'eau
est le principal facteur qui contrôle le milieu naturel
et la vie animale et végétale associée -
avec de nombreuses mares et mouillères, qui abritent une
biodiversité particulièrement riche !
Des
zones humides riches en biodiversité ! Mares et mouillères
sont très importantes dans le cycle de vie de nombreuses
espèces animales - macro invertébrés, amphibiens,
reptiles, oiseaux - qui y habitent, ou qui viennent s’y
rafraîchir, s’y cacher, y chasser, s’y reproduire…
Les mares sont le milieu de vie de plantes dépendantes
des zones humides, depuis les espèces végétales
appréciant d’avoir les pieds mouillés, que
l’on retrouve plutôt en haut de berge, jusqu’aux
espèces enracinées en fond de mare. Les mouillères
sont des milieux ouverts, c’est-à-dire dominés
par des formations végétales basses. On y trouve
principalement des plantes annuelles dont des espèces qui
se raréfient. Sous nos latitudes, un milieu ouvert évolue
naturellement vers un milieu boisé. Ici, le pâturage
des animaux permet d’empêcher la fermeture du milieu,
ce qui favorise une diversité d’habitats et d’espèces. |
Biosécurité
en élevage de plein air |
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Protection
autour d’un arbre, ferme du Bois
des Folies, 2024 ©
Candice Lescop, Hélène Degrandpré |
Les
contacts entre faune sauvage et faune domestique sont des facteurs
de risque de transmission d’agents infectieux, d’autant
plus en élevage de plein air, où la probabilité
de contact entre animaux domestiques et sauvages est plus grande
(source : Office français de la biodiversité).
Différentes mesures sont prises pour renforcer la biosécurité
des élevages. À Chevannes par exemple, une clôture
entoure le site afin d’empêcher la venue de sangliers.
Il reste cependant difficile de prévenir tout contact
entre faune sauvage et domestique, et les mesures de biosécurité
sont parfois très contraignantes. Keryann, en s’impliquant
aux côtés d’acteurs compétents dans
des protocoles de recherche sur la biosécurité
en élevage de plein air, contribue à imaginer
les conditions d’une meilleure cohabitation entre faune
sauvage et élevage de plein air !
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Mare
ou mouillère ?
Les
mares sont des plans d’eau stagnante de petite surface.
Les mouillères sont des mares particulières, issues
de l’accumulation d’eau de pluie au sein des parcelles
agricoles. Elles dépendent des conditions météorologiques,
de la topographie du terrain et sont par définition temporaires
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Terre
de Liens Île-de-France : 5 rue Perrée, Paris
(IIIe) - Représentant légal : Jean-Marc
Frohard - Responsable de rédaction : Stefania
Molinari
Date de parution des fiches de présentation des fermes
: 30 novembre 2024 |
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.Les
fermes de Terre de Liens en Île-de-France
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Aujourd’hui, un·e
paysan·ne sur quatre a plus de 60 ans, et cessera
son activité dans les prochaines années.
Ce sont plus de 5 millions d’hectares qui vont
changer de main. Une formidable opportunité
d’engager l’agriculture française
sur la voie de la transition agroécologique.
Or, aujourd’hui, un·e paysan·ne
sur trois qui cesse son activité n’est
pas remplacé·e. Sans une intervention
volontariste des pouvoirs publics pour former et installer
une nouvelle génération paysanne, les
terres libérées continueront d’agrandir
les fermes et de vider les campagnes. Installer des
paysan·nes est un enjeu de taille pour maintenir
des territoires vivants.
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La Fédération Terre
de Liens
Base
historique de Terre de Liens, l’association nationale
- devenue Fédération - a été
créée en 2003 pour concrétiser
les idées de ses fondateurs : libérer
la terre de la spéculation foncière, favoriser
l’accès des paysans à la terre,
promouvoir des projets citoyens pour dynamiser les territoires
ruraux, et appuyer une agriculture respectueuse de l’environnement.
Elle a également porté et accompagné
le déploiement des structures qui composent aujourd’hui
le mouvement : la Foncière, la Fondation, et
les associations dans l'ensemble des régions
de France. Les 19 associations territoriales qui constituent
la Fédération mettent en œuvre le
projet de Terre de Liens :
• accompagnement des candidat·es
à l’installation, des agriculteurs cédants
et des propriétaires de foncier agricole
• conseil aux collectivités
territoriales • sensibilisation
du grand public et des institutions • mise
en réseau de partenaires.
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