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La Région
aide au renouvellement urbain de Paris
La Région a
signé en décembre 2000 un Contrat de ville avec Paris, dans
lequel elle s'est engagée à hauteur de 101,84 M€ (668 MF)
à soutenir les opérations d'aménagement urbain et de
développement socio-économique sur 11 quartiers prioritaires.
La nouvelle municipalité souhaite renforcer cette ambition par la mise
en uvre d'un Grand projet de Renouvellement Urbain (GPRU). Pour l'aider
dans sa volonté de transformer les quartiers les plus déqualifiés
de la capitale, la Région a voté aujourd'hui sa participation
à ce nouveau projet.
Quatre nouveaux secteurs
sont concernés :
- la porte de Montreuil,
dans le XXème arrt,
- la porte de Vincennes
(XIIème et XXème arrts),
- la porte de la Chapelle/porte
d'Aubervilliers/porte de la Villette (XVIIIème et XIXème arrts),
- la porte des Lilas
(XIXème et XXème arrts).
8 grands territoires
de projets Les Olympiades (?, NDLR) :
- le secteur Bédier-Boutroux,
- la porte de Vanves,
- la porte Pouchet,
- la porte de Clignancourt,
- la porte des Lilas,
- la cité Michelet
et les terrains du nord-est de la porte de la Chapelle à la porte
de la Villette,
- le quartier Saint-Blais,
- le groupe Patrice de
la Tour du Pin (?, NDLR) et les portes de Montreuil et de Vincennes.
Trois dispositifs pour
faciliter l'intégration des personnes en difficultés
Sur ces territoires,
la Région aidera la ville à développer de nouveaux dispositifs
de médiation et d'intégration des populations les plus démunies
:
- le recrutement de 500
médiateurs via le dispositif " adultes-relais " qui permet
aux associations, collectivités locales et personnes morales de droit
public de recruter ces personnes. La Région prendra en charge leur
formation ;
- la création
d'espaces publics numériques qui faciliteront l'accès aux
technologies de l'information de personnes à faibles ressources pour
des recherches d'emplois ou d'informations. La Région accompagnera
ces créations dans le cadre de sa politique en faveur des NTIC ;
- la création
de 5 points d'accès au droit qui viendront compléter le dispositif
actuel dont les trois Maisons de Justice et du Droit récemment créées
mais qui ne couvrent pas encore la totalité des besoins. La région
financera ces structures dans le cadre de sa politique d'accès au
droit.
Un partenariat avec
les bailleurs sociaux
17 bailleurs sociaux
s'engagent sur les objectifs suivants :
- améliorer la
gestion de proximité pour offrir une meilleure qualité de
service ;
- améliorer la
tranquillité, la sécurité et la convivialité
des quartiers par le recrutement d'agents locaux de médiation
sociale (ALMS) et d'adultes-relais ;
- assurer l'entretien
du patrimoine, les travaux de réhabilitation et la requalification
des espaces extérieurs ;
- faciliter l'implantation
d'activités en pieds d'immeubles par l'aménagement de locaux
commerciaux ou associatifs à loyers attractifs ;
- aider à l'insertion
professionnelle par l'introduction de clauses sociales dans les marchés.
La Région accompagnera
ce GPRU dans le cadre des enveloppes financières inscrites au Contrat
de ville ainsi que par la mobilisation des crédits de droit commun,
en particulier au titre du contrat particulier Ville-Région en cours
d'élaboration.
Raccordement
d'immeubles au réseau de chaleur à Créteil
Afin de développer
les énergies locales et renouvelables pour réduire l'effet de
serre, dans le cadre de la politique régionale de maîtrise de
l'énergie et de développement des énergies locales et
renouvelables, Alain Rist, vice-président chargé de l'environnement,
a aujourd'hui fait voter une aide de 21 346 € pour le projet de raccordement
au réseau de chaleur de logements et à terme d'une école
à Créteil, dans le Val-de-Marne. Ce raccordement va permettre
le chauffage et la production d'eau chaude de l'habitat à moindre coût.
Le réseau de chaleur
de la ville de Créteil est alimenté principalement par la géothermie
et le gaz naturel.
La source géothermale de Créteil est exploitée depuis
1985.
Les habitations concernées
- les bâtiments
de l'ensemble immobilier de la Habette, soit 488 logements, construits en
1970, aujourd'hui chauffés au fioul et à l'électricité
;
- l'école de la
Habette, actuellement chauffée au fioul ;
- les 204 logements des
Coteaux majoritairement chauffés au gaz.
Les économies
réalisées
Le coût actuel d'exploitation
est de 283 745,73 € HT/an. Après raccordement au réseau
de chaleur il sera de
158 621 € HT/an. L'économie réalisée sera donc
de 125 K€ HT/an.
La ville de Créteil
s'engage, en contrepartie de l'aide régionale, à mettre en uvre
prochainement un plan de maîtrise de l'énergie, de développement
des énergies locales et renouvelables pour la réduction de l'effet
de serre, sur l'ensemble de son patrimoine.
Ces
deux communiqués sont lémanation de la Commission permanente
du Conseil Régional d'Ile-de-France
du 7 mars 2002 ; source : www.region-iledefrance.com
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Les murs à pêchers, vestiges pittoresques du Montreuil horticole
L'origine de la culture
à Montreuil remonte aux temps les plus reculés : en 1113, les
religieux des abbayes de
Saint-Victor et de Saint-Antoine cultivaient déjà de grands
domaines. Mais c'est la culture de la pêche, du XVIème
à
la fin du XIXème siècle, qui fait la renommée
de la ville.
Une situation géographique
locale favorable
Une grande partie
de la ville est située sur une pente orientée vers le sud,
procurant ainsi un bon ensoleillement.
Les horticulteurs et arboriculteurs de la ville ont su en tirer profit pour
créer un bioclimat favorable aux pêches de
Montreuil : ils ont construit des murs faits de "tous petits moellons
et plâtras maçonnés avec du plâtre" qui permettent
d'emmagasiner la chaleur le jour pour la restituer la nuit. La température
diurne ambiante était ainsi supérieure de 7 à 10°
C à la température hors des murs.
L'orientation des murs
était parfaitement calculée pour tenir compte de la pente et
de l'ensoleillement. Parallèles entre eux, hauts de 2,65 à 2,70
m, d'une épaisseur de 35 cm et posés sur des fondations de 40
à 50 cm de profondeur, ils étaient séparés les
uns des autres par une dizaine de mètres. La longueur d'une parcelle
pouvait atteindre 200 m. Les paysans construisaient ces murs sur le principe
d'une alternance de cailloux et de plâtre.
Entre deux parements de moellons de pierre, on bourrait de gravats. Le tout
était enduit de "gros plâtre" sur une
épaisseur de 2 à 3 cm dans lequel on plantait les clous à
palisser. Des chaperons en plâtre ou en tuile couvraient les murs. Des
tablettes en planches de Lorraine (4 m X 0,30 m) fixées sous les chaperons
protégeaient les arbres des intempéries, notamment du gel.
Des matériaux
de base pour la construction de ces murs facilement disponibles et bon marchés
Le silex et le gypse - à partir duquel on fabrique le plâtre
-se trouvaient dans le sous-sol de la ville, quelquefois dans les marcelles
même mais étaient généralement tirées des
carrières locales qui deviendront les actuels parcs des Beaumonts et
Guilands, ex-"Buttes à Morel".
La proximité
du lieu d'écoulement de la production
Chaque jour, des Montreuilloises, chargées de paniers de fruits, des
"noguets", se rendaient aux Halles de Paris où un espace,
un "carreau", leur était réservé. Elles y vendaient
des fruits mais aussi des légumes et des fleurs, qu'on faisaient pousser
dans les jardins entre les murs.
Un jardin qui a fondé
la ville
En 1880, c'est l'apogée
de la culture des pêches avec 17 millions de fruits produits.
Après cette date on ne construit plus de murs et la culture horticole
montreuilloise décline, menacée par le
développement des transports qui mettent directement Montreuil en concurrence
avec les villes du midi.
L'économie de la ville se tourne alors vers le travail du bois puis
de la mécanique.
Aujourd'hui, même
si la culture des pêches a disparu dans un paysage urbain dense, l'empreinte
de cette horticulture particulière est encore visible dans la ville
:
Les murs
On retrouve encore un peu partout à Montreuil, au fond des jardins,
des murs ou des morceaux de murs, plus ou moins entretenus ou recouverts de
végétation.
Les maisons d'horticulteurs
Quelques maisons traditionnelles subsistent : on les reconnait à la
lucarne dont la poulie permettait de rentrer les fruits au grenier, au porche
pour accéder à la cour, aux persiennes en bois : rues pépin,
de rosny, rochebrune...
Certaines rues sont constituées de maisons juxtaposées dont
les façades mesurent dix mètres de largeur. Ces
constructions se sont tout simplement insérées dans les parcelles
longues et étroites.
Les rues et passages
La trame des voies héritée des anciens chemins ruraux subsiste
également. De nombreuses rues portent encore les noms des jardiniers
qui ont participé à la renommée horticole de Montreuil
:
- Pépin
- Girardot
- Alexis Lepère
La ville compte encore
également de nombreux passages, villas, impasses, souvent pavés,
anciennes voies d'accès aux parcelles agricoles.
Seul, le centre ville,
bouleversé par de grandes opérations urbaines dans les années
60 - tours, barres, dalles - a perdu totalement ce rapport à l'histoire.
Présentation
de l'étude du "Patrimoine naturel des Murs à Pêches",
de Thomas Rossy
Lobjectif général
de cette étude était dapporter des éléments
à la réflexion pour que le patrimoine naturel du site des murs
à pêches puisse être effectivement pris en compte dans
le projet global daménagement.
Sachant que tout ne peut pas être préservé, la première
approche opérationnelle visait à repérer, dans ce périmètre,
les surfaces et les structures les plus intéressantes au titre de lécologie,
qui pourraient mériter dêtre "épargnées
" par le développement urbain, en fonction de leur compatibilité
avec le mode d'urbanisation prévu, ou qui pourraient éventuellement
être aménagées ou valorisées.
Par ailleurs, il sagissait de définir, sous langle du patrimoine
naturel, différents concepts de valorisation et daménagement
possibles pour cet espace, qui garantissent le maintien ou la création
dune richesse naturelle
importante, tout en étant à la fois attractifs et accessibles
au public, et compatibles avec un futur schéma daménagement.
Les conditions géologiques,
hydrogéologiques et pédologiques sont dabord étudiées.
La flore
Pour la flore, le rapport
met en évidence les éléments suivants :
Une diversité
qui est surtout interparcellaire, liée à lhistoire des
parcelles, au morcellement important de la propriété (avec la
présence de friches dâge très différent sur
des surfaces proches, provenant dusages et de dates dabandon très
divers dune parcelle à lautre) ainsi quà la
présence des murs, limitant leffet des plantes envahissantes
et lhomogénéisation du milieu.
Le phénomène
a en même temps ses limites : lorsque les parcelles ont une surface
très faible, la diversité finit en effet par décroître.
Une richesse spécifique
plutôt faible par comparaison à dautres friches franciliennes
dans le même contexte. Les
éléments explicatifs sont certainement en rapport avec lactivité
agricole passée très intensive (utilisations de
matière fertilisantes et de traitements phytosanitaires), avec la pauvreté
des stocks grainiers qui en a résulté au
moment de labandon des parcelles et avec leffet des murs, isolant
chaque surface dautres terrains représentant des apports potentiels.
Une présence
très intéressante de plantes relictuelles, en provenance des
jardins et de lagriculture
Une présence
de plantes associées au micro-climat créé par les murs
Bien quil nait pas été trouvé de plantes
spontanées laté-méditerranéennes, des plantes
cultivées caractéristiques du pourtour méditerranéen,
en relation avec leffet climatique des murs, ont été observées.
En ce qui concerne
les murs, un entretien trop suivi et régulier du linéaire
ne profite pas aux plantes. Celles-ci
saccommodent plutôt de linéaires qui ne soient pas totalement
plâtrés et admettant quelques imperfections.
Une végétation associée au ru Gobétue,
très intéressante sur un territoire comme celui de Montreuil
(absence de cours deau). Le milieu est aujourdhui relativement
eutrophisé et le cours général a été perturbé
par la tranchée routière de la A 186. Cette composante du milieu
est à valoriser.
Un effet de masse de la végétation qui, avec 38 hectares,
représente sur lensemble du territoire de Montreuil et de ses
alentours un stock alimentaire et dabris
Cest ce rapport végétal/bâti qui risque le plus
dêtre remis en cause par laménagement de la zone,
sil ny a pas
une prise en compte suffisante des atouts du milieu naturel dans le projet.
La faune
En ce qui concerne la
faune, létude conclut à lintérêt de
la zone, notamment du point de vue des insectes et
arthropodes, profitant des anfractuosités des murs et de leffet
micro-climatique.
Les oiseaux sont bien représentés dans cette zone. Les données
du milieu et des observations effectuées indiquent une présence
de lavifaune sur le site qui est plus importante que celle du parc des
Beaumonts, en masse et en densité.
Ceci est à rapprocher
de la tranquillité des lieux - milieu moins accessible et peu fréquenté
par lhomme - ainsi que de la présence darbres fruitiers
et de multiples caches et abris fournis par la végétation et
les éboulis. Par contre, la diversité des espèces est
moins importante quaux Beaumonts.
On trouve dune part nettement moins de grands arbres, ce qui restreint
la présence doiseaux appréciant le milieu
boisé.
La rareté ou létroitesse des zones de végétation
rase ne permet pas non plus la présence doiseaux qui nichent
au sol ou qui ont besoin de surfaces dégagées garantissant un
bon contrôle visuel : alouette des champs, pipit farlouse, traquet pâtre...
Le terrain est plus propice au développement despèces
comme le rouge-gorge, le rouge-queue, le troglodyte qui trouvent leur compte
dans les éboulis de murs, ainsi que le grimpereau des jardins et le
moineau friquet.
Globalement, pour la faune, leau est un facteur limitant qui doit être
pris en compte, notamment si on considère
les perturbations risquant de résulter de lurbanisation et de
la suppression de certains jardins (puits). Cet élément
doit être étudié dans les propositions.
La tranquillité et la fréquentation très diffuse du secteur
est par contre un facteur très positif.
Enfin, comme pour la flore, on conclut que ce ne sont pas des murs en parfait
état qui profitent aux animaux. Quil
sagisse des insectes, arthropodes, petits mammifères ou bien
des oiseaux, la plupart dentre eux tirent au contraire tous les avantages
de la présence partielle de quelques anfractuosités et éboulis.
Récapitulatif
des actions potentielles pour laménagement et la préservation
du patrimoine naturel des
murs à pêches :
Eau souterraine
- rétablir autant
que possible la circulation des eaux souterraines lors de la remise à
niveau de lavenue paysagère
(A 186) ;
- limiter limperméabilisation
du sol en utilisant des matériaux spécifiques plus ou moins
perméables à leau pour les aires de parking et les voiries
nouvellement constituées : pavés ajourés, asphalte
semi-perméable...
Eau de surface
- recréer le ru
de Gobétue en déterrant son cours souterrain ;
- végétaliser
les berges du ru avec des essences locales et adaptées et locales;
- récupérer
les eaux pluviales des toits des bâtiments qui représenteront
de grandes surfaces, de façon à alimenter
le ru ;
- créer des étangs
- petites retenues artificielles - à la hauteur de lancienne
mare de la Ferme de Saint-Antoine, à
l'emplacement de la source actuelle du ru de Gobétue et de la future
ferme danimation.
Murs à pêches
- maintenir ou créer
quelques niches et failles lors des travaux de consolidation des murs à
pêches maintenus, au
lieu de reboucher tous les trous (plus dabris pour la faune), sans
compromettre léquilibre densemble ;
- en cas de murs effondrés,
mise en place par endroits de portions de haies vives, notamment à
base dépineux et
de végétaux de la flore locale, au lieu de remonter des murs
maçonnés, de manière à accroître loffre
alimentaire
et les abris pour la faune ;
- maintenir certains
éboulis de murs : niche écologique ;
- en termes de pédagogie
créer une animation sur le thème de " tout ce qui pousse
sur les murs " en conduisant
diverses plantes herbacées vivaces, arbustives et arborées
en espalier pour habiller les murs situés en enfilade
dans laxe des cheminements ;
- mettre en scène
leffet micro-climatique et les différences thermiques (adret/ubac)
sur le développement de la
végétation à des fins pédagogiques ;
Liaisons vertes
- créer un cheminement
piétonnier/cycliste est-ouest le long du futur ru de Gobétue
(parallèle à la rue Saint-Antoine, au Sud) permettant de joindre
le parc Montreau et le parc des Beaumonts, en passant par la future ferme
pédagogique située dans la zone des murs à pêches
;
- favoriser parallèlement
lexistence de liaisons végétales très importantes
pour la faune ;
- prévoir une
ou plusieurs liaisons piétonnières/cyclistes Nord-Sud pour
relier les futures zones urbanisées.
Patrimoine végétal
- sauvegarder les grands
arbres présents : noyer, cerisier haute tige, saule blanc, frêne,
érable, tamarix... ;
- végétalisation
importante des toits plats de certains bâtiments, notamment les grandes
surfaces regroupées, construits dans la zone des murs à pêches,
et récupération des eaux pluviales, de manière à
compenser les pertes importantes en surface végétalisées
liées à lurbanisation et à la présence
nouvelle dun milieu plus anthropisé ;
- conforter les biotopes
existants et créer de nouveaux biotopes (haies, trous de murs, ru,
étang) ;
- sauvegarder une part
importante des jardins familiaux installés par la Ville ;
- sauvegarder certaines
parcelles darboriculture traditionnelle où la conduite des
fruitiers en palissage est encore
pratiquée.
Les murs à pêches,
aujourd'hui et demain
Si les murs ne sont plus
vraiment apparents, sauf sur le quartier Saint-Antoine, où l'agriculture
a subsisté jusque dans les année 50, et où les terrains
sont aujourd'hui en friche, ceux-ci sont cependant présents, comme
murs de clôture, et surtout comme empreinte donnée à l'urbanisation,
par la reprise des orientations des murs, la génération d'un
système de pleins et de vides rythmés par l'intervalle des murs,
par la profondeur des terrains et des îlots, au sein desquels la présence
végétale est prégnante.
Ainsi a été généré un site unique, sans
lotissement, dans une mutation campagne-ville particulière, que le
parcellaire antérieur a façonné et a déterminé
dans une variété d'usages, de fonctions, d'architectures et
d'échelles.
Ce quartier, peu éloigné du centre ville de Montreuil, facilement
accessible par différentes voies, joue cependant un rôle de frontière
entre le centre et les quartiers périphériques. Or, une succession
d'études a mis à jour la valeur écologique, culturelle
et symbolique ainsi que les intérêts potentiels d'un tel site.
Le classement en zone
non constructible a protégé les murs d'une urbanisation destructrice,
mais pas contre le
vieillissement des matériaux ni contre les intempéries : aujourd'hui
les murs s'écroulent.
Aussi, deux questions se posent aujourd'hui :
- celle du maintien des
murs privés des secteurs construits, sortes de filigrane fragile
interstitiel souvent interrompu
mais encore présent et entretenu par certains occupants qui ont même
replanté des arbres en espalier ;
- celle de l'avenir des
30 hectares de friche agricole, où les murs fragiles s'abîment
faute d'entretien, et surtout à
cause d'occupations destructrices : dépôts d'entreprises, stokages
en tout genre, squats et vandalisme.
Réagir à
la disparition des murs
Un arrêté
du maire, signé en décembre 1997, a interdit de démolir
les murs sans autorisation municipale.
Aujourd'hui, Montreuil choisit de requalifier le site, seul moyen, si on en
fixe les règles, de protéger les murs. En effet, une restauration
à l'ancienne des murs, qui n'ont plus de vocation horticole aujourd'hui,
serait très coûteuse (environ 7 000 F du mètre linéaire).
Cette urbanisation, ajoutée au projet de l'avenue paysagère
(ex. autoroute A 186, où arrivera le futur tramway) est un atout pour
le développement du Haut-Montreuil et les liaisons inter-quartiers.
Le projet respectera la "mixité urbaine"
Particularité
montreuilloise
Il n'existe pas à
Montreuil de zone uniquement industrielle ou commerciale, ni résidentielle,
ni de loisir, mais à chaque échelle un mélange activité/habitat/espaces
verts. Il peut se décrire comme un squelette de poisson dont l'arrête
centrale desservirait des zones plutôt pavillonnaires avec les arrêtes
qui emmèneraient au coeur d'ilot, le pourtour de
l'ensemble serait plutôt réservé à des zones d'activités
rassemblées notamment près des grands carrefours, lieux
des connexions bus-tramway.
Le groupe de travail
"Paysage, urbanisme et économie urbaine" mené
par Eduardo Souto Moura et Luis Mendes,
architectes, Michel Corajoud et Giovanna Marinoni, paysagistes, Alphaville,
économistes, ont formulé des
principes de l'urbanisation qui respectent la spécificité du
lieu :
- taille des bâtiments,
- types d'entreprises
à implanter : activités respectueuses de l'environnement,
- types de voies,
- association de plantations
de l'espace public à la végétation des jardins particuliers,
- possibilité
de conserver des interstices pour rendre visible plusieurs murs en enfilade.
Ce projet tient compte
d'autres études - étude anthropologique, étude faune-flore
de Thomas Rossy - venues enrichir le groupe de travail. Parallèlement,
une étude de faisabilité de ZPPAUP (zone de protection du patrimoine
architecture, urbain et paysager) examine comment mettre en valeur le paysage
du quartier et comment restaurer et protéger les murs.
Le chantier de la future ferme pédagogique sera une première
pierre posée dans ce vaste chantier qui devrait modifier ce quartier
tout en faisant mieux connaître le passé horticole de la ville.
Des emplois-jeunes
dans les murs à pêches
Une coordinatrice est
chargéee d'informer les entreprises et les particuliers sur l'histoire
et le devenir des murs,
l'aspect juridique et réglementaire. Aurore Louis : Tél. : 01
48 70 68 61.
James Bazinet, Djamel Soal et Sada Dioum sont les trois agents de restauration
des murs, capables d'établir le
diagnostic d'un mur et de le consolider ou le mettre en valeur. Les études
ont notament montré que certains murs,
même effondrés, pouvaient être laissés en l'état
s'ils ne menacent pas la sécurité des personnes : ils contribuent
à
l'ambiance pittoresque du site tout en permettant aussi d'apercevoir les intérieurs
champêtres des parcelles.
source : mission environnement de la ville de Montreuil ; www.mairie-montreuil93.fr
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Aménagement
"urbain" du parc des Beaumonts, à
Montreuil
Bienvenue aux Beaumonts,
un parc urbain pas comme les autres. Cet espace naturel offre chemins, sentiers
sauvages, senteurs et découvertes de la nature, points de vue sur Vincennes
et Paris pour les habitants de
passage ou les amoureux de la nature. Apprenez à découvrir ce
lieu, à respecter son paysage, ses animaux et sa
flore, ses eaux courantes et dormantes.
Les gardes-animateurs
surveillent, entretiennent et animent le parc. N'hésitez pas à
faire appel à eux au 06 20 67 47 92, au 06 20 67 47 91, ou à
la mission environnement, au 01 48 70 67 95. Cet espace de grande valeur naturelle
est ouvert à la population : le milieu est donc placé en quelque
sorte "sous la protection du public". Il appartient aux usagers
dapprécier les richesses de cet espace qui ne se révèlent
quà ceux qui savent regarder et observer.
Bien des surprises attendent alors le promeneurs attentifs.
Mais cette richesse est aussi fragile, chacun devra donc savoir respecter
cet espace naturel sil veut le garder. L'inauguration
de la partie espace naturel a eu lieu en juin 1999.
Le parc des Beaumonts
en chiffres
- Superficie totale :
22 hectares, dont 11 ha d'espace naturel
- Altitude de l'espace
naturel : entre 105 et 111 m, la zone basse située à 72 m
d'altitude
- Nombre d'espèces
d'oiseaux : 109 - sans compter quelques échappés de cage -
recensées entre février 1993 et mai 1997, soit avant le nouvel
aménagement. Ce nombre est considérable si on le rapporte
à lavifaune française qui comporte 350 espèces
régulières, nicheuses, hivernantes ou de passage. Depuis l'aménagement
des mares, des espèces nouvelles ont été repérées.
- Distance jusqu'au Bois
de Vincennes : 1,5 Km à vol doiseau. Le Bois est situé
au sud du parc, dans la plaine à une altitude moyenne de 52 m.
- Coût total de
l'aménagement de l'espace naturel : 2 millions de francs. Financé
à 80 % par les différents partenaires suivants : l'Agence
Régionale des Espaces Verts, le Conseil Général, la
Direction Régionale de l'Environnement.
- Cet aménagement
particulier a été primé 2 fois :
- un trophée Eco-Actions décerné en novembre 1999 par
l'association des Eco-Maires dans la catégorie
Aménagement et patrimoine, avec le journal Environnement magazine
;
- le grand prix
de l'environnement Ile-de-France remis au cours du 9ème
salon de l'environnement le 10 novembre
2000.
Du parc, on peut aisément
apercevoir le rocher de Vincennes et, par temps clair, les tours Eiffel et
Montparnasse, ainsi que d'autres monuments du sud de la capitale.
Quelques règles
à respecter
- Les chiens sont acceptés
mais tenus en laisse et sur les allées.
- Il convient de ne pas
s'écarter des chemins et des sentiers pour ne pas déranger
les animaux.
- Laissez le bois mort
sur place : il offre nourriture et abri aux animaux.
Historique du parc
Le parc des Beaumonts
est une ancienne carrière de gypse, roche sédimentaire de laquelle
on tire le plâtre,
matériau largement utilisé pour construire les fameux murs à
pêches de Montreuil. Des producteurs de
champignons ont également, par la suite, loué certaines galeries.
La ville achète les terrains dans les années soixante, dont
une une partie est aménagée en parc urbain parallèlement
à l'urbanisation et à la densification de la ville, pour répondre
au besoin d'espaces verts.
Une biodiversité
importante en petite couronne parisienne
Cest à la
suite des observations dun ornithologue montreuillois, Pierre Rousset,
que la ville a décidé de confier à des scientifiques
la réalisation dune étude. La richesse du milieu dans
la partie du parc non encore aménagée a alors été
mise en évidence. On y trouve des habitats très différents
où coexistent de multiples espèces végétales et
animales. Pierre Rousset, ornithologue, qui un jour a fait le rêve des
Beaumonts...
Un aménagement
qui maintient la diversité
De ce constat est née
lidée dun projet daménagement qui permette
à la fois douvrir cette partie du parc à la population
de Montreuil et des villes avoisinantes, fortement demandeuse despaces
verts campagnards, tout en
réussissant à préserver la richesse du milieu naturel,
et même à laugmenter par la création de milieux
supplémentaires : zones humides, comme des mares et un ruisseau, et
prairies fleuries, par exemple.
Les travaux daménagement nécessaires, conçus et
suivis par deux scientifiques, spécialistes du génie écologique,
Florian Meier et Philippe Rossier, ont donc été réalisés
en 1998, par la société Cepage.
Le parc des Beaumonts
aujourd'hui
Des gardes-animateurs,
François Carrez, Nathalie Lebaron et Emmanuel N'Dongo, surveillent,
entretiennent et
animent le parc. N'hésitez pas à faire appel à eux, au
06 20 67 47 92 ou 06 20 67 47 91, ou à la mission
environnement au 01 48 70 67 95.
L'entretien de l'espace naturel
Contrairement à
ce qu'on pourrait penser, l'endroit n'est pas livré à lui-même.
Il est contrôlé sous peine de voir se
développer les plantes envahissantes souvent peu intéressantes.
L'objectif est également de permettre que la friche herbeuse, favorable
à plusieurs espèces doiseaux campagnards - plutôt
rares en milieu urbain - se conserve.
Mais il ne s'agit pas non plus de faucher régulièrement la prairie,
à la différence de certains autres parcs où les pelouses
sont tondues souvent pour permettre aux habitants de pique-niquer.
Un plan de gestion écologique du site a été mis sur pied
; il vise à promouvoir et maintenir la biodiversité en assurant
les conditions dexistence optimales pour les plantes et les animaux
indigènes susceptibles de peupler les différents milieux naturels
présents aux Beaumonts.Il s'agit de limiter en certains endroits la
végétation arborée, de pratiquer une fauche tardive et
en mosaïque : des zones de la prairie demeurent non fauchées.
Chantiers des Jeunes
volontaires Internationaux
Tous les ans depuis 1999,
l'association "Solidarités Jeunesses", propose à des
jeunes de tous les pays de venir
participer à des chantiers divers. A Montreuil, il s'agit de chantiers
de nettoyage, défrichage et de petits aménagements dans le parc
des Beaumonts, en collaboration avec les gardes-animateurs du Parc. Les
volontaires, venant des quatre coins du monde - Amérique du Sud, d'Allemagne,
de Corée, d'Estonie, en 2001 - sont hébergés au centre
d'hébergement du parc Montreau. Leur séjour est aussi l'occasion
de découvrir la ville et ses habitants ainsi que la capitale.
Leurs travaux font parfois appel à des techniques particulières
comme le mulching (au milieu), une technique
permettant de contenir la renouée du Japon, une plante envahissante,
ou consistent en la fabrication d'une
compostière en pierre.
Les travaux prévus pour le chantier 2001 étaient :
- mise en valeur du chemin
du couchant,
- fauchage le long du
chemin de la lisière,
- plantation de cornouillers
pour continuer la haie,
- entretien de la zone
du frêne,
- désherbage des
zones envahissantes.
- réalisation
dun petit muret (par les volontaires de l'équipe 2000).
Association
Chantier Solidarités Jeunesses ; 5, rue de la Révolution - 93100
Montreuil
source : mission environnement de la ville de Montreuil ; www.mairie-montreuil93.fr
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