Assemblée
générale du mardi 21 Mai 2002 : (extraits)
CHARME a été
créée en 09/01 grâce à et au sein d'environnement
92, dont CHARME est devenue récemment membre du comité directeur.
C'est donc la première Assemblée Générale Ordinaire
à laquelle nous avons le plaisir et l'honneur de vous rassembler.
Je vais commencer par vous présenter notre rapport moral, avant de
passer la parole à Denis Plain, président d’honneur d’Environnement
92 et de CHARME.
Géraldine Carayol vous présentera le rapport financier. Philippe
Carlier et Delphine Poulet vous proposeront ensuite les objectifs 2002-2003.
Bernard Courtin nous exposera sa vision de spécialiste sur ce que devrait
être la coulée verte idéale et enfin, Dominique Palatchi
nous parlera des possibilités des passages écologiques. Nul
doute que cela fera débat.

Depuis la création de CHARME, nous avons participé à plusieurs manifestations dans un but de communication, afin de promouvoir le projet de coulée verte Nord-Sud des Hauts de Seine :
Les contacts et les réactions recueillies ont tous ou presque été très positifs sur les objectifs de CHARME.
Au fur et à mesure, quatre associations d'environnement
et une vingtaine d’adhérents directs nous ont rejoint : merci à tous, il faut continuer et aller plus loin, nous en parlerons toute à l'heure pour les objectifs.
Les autres moyens de communication employés ont été :
Ces multiples communications permettent de promouvoir la coulée verte des Hauts de Seine, ses transversales et les sorties vers les départements limitrophes. Mme Fourcade, Vice-Présidente du CG92, a ainsi récemment affirmé pour Hauts-de-Seine.net :
O. F. - On réussit très bien à lier les différents espaces "verts" en allant de la forêt de Verrières au parc de Saint-Cloud. Entre le parc de Saint-Cloud et le parc naturel urbain, il y a une petite rupture pour laquelle une négociation est en cours. Dans les années très proches, on aura une continuité entre le sud et le nord du département, de la forêt de Verrières aux berges de Gennevilliers.
CHARME encourage vivement
Mme Fourcade à mener à bien ce projet et se félicite
que le projet de coulée verte, pour la portion de la Forêt de
Verrières aux berges de Genneviliers, soit repris comme un objectif
du Conseil Général. Il restera à consolider l’ensemble
avec les transversales et à faire le lien avec les espaces naturels
des autres départements d’Ile de France.
Après plusieurs mois de travail, nous venons d’obtenir de la
fondation Patagonia, un soutien financier de 4900 $, qui va permettre à
CHARME de communiquer de façon plus large et plus professionnelle,
tout en restant indépendante. Patagonia, dont les contacts ont été
pris par Philippe CARLIER grâce aux efforts de Delphine Poulet et Helmut
Simon, est une entreprise qui commercialise des vêtements en polymères
recyclés, et qui s’engage depuis plusieurs années en faveur
de l’environnement. La fondation qu’elle finance, a un rôle
de soutien pour le mouvement associatif environnemental. Nous la remercions
chaleureusement de sa confiance.
CHARME participe activement à l’activité d’Environnement 92 pour tout ce qui concerne les coulées vertes. Lors de l’Assemblée Générale d’Environnement 92, CHARME et le collectif voies des berges ont présenté la motion sur les coulées vertes et voies vertes, que nous vous lirons toute à l’heure et sur laquelle vos réactions seront les bienvenues.
Enfin, CHARME a représenté Environnement 92 au comité d’axe RD907. Les croisements routes-coulées vertes sont en effet un sujet de débat important, sur lequel nous devons travailler dès maintenant.
Pour les points concrets d’avancement sur le terrain, il faut citer Vaucresson, Nanterre et Chaville.
A Vaucresson,
le projet d’aménagement des ex-emprises de l’A86 par le
promoteur Kaufman & Broad ne laissait aucune place à la coulée
verte.
Les négociations
entre l’Union des Amis de Vaucresson, la Mairie et le promoteur ont
permis de prendre en compte cette exigence et d’aboutir à une
proposition du promoteur d’aménager une coulée verte de
4m de largeur, très insuffisante. De plus certaines portions hors du
périmètre des zones à construire, restaient à
négocier avec l’Assistance Publique et étaient donc très
hypothétiques.
Les signaux d’alarme lancés par CHARME et Environnement 92 en direction du Conseil Général et des media ont contribué à rassembler tous les acteurs autour de la table de négociation :
Les budgets votés par le Conseil Général pour l’Environnement et la protection des Espaces Verts pourront ainsi permettre, une fois les négociations abouties, à une coulée verte plus conséquente, de l’ordre de 14m de largeur.
Soulignons la bonne coordination entre les associations et les collectivités publiques, ainsi que l'excellent travail de M. Petrovic qui a permis de démontrer que l'apport des associations pouvait être positif. C’est ainsi que nous avons pu avancer, élargir la coulée verte, et la rendre incontournable.
A Nanterre, les berges de Seine ne sont pas aménagées, et en particulier la darse du port de Nanterre ne permet pas le passage entre les berges aménagées de Rueil, et le Nord du département.
Grâce aux efforts conjugués du collectif voies des Berges, soutenu par CHARME et Environnement 92, et du Conseil Général, le projet de passerelle au dessus de la darse est engagé : budget alloué pour l’étude, construction probable à horizon 2004.
Le collectif de la voie des berges s’intéresse à un projet plus large que la Coulée Verte, de la porte de la Chapelle jusqu’à Conflans Sainte Honorine le long des berges de Seine, permettant la création d’une véloroute jusqu’à la Normandie et rejoignant les espaces naturels de la Seine-Saint-Denis et Paris. Ces projets, complémentaires de la Coulée Verte des Hauts-de-Seine, contribuent à la création d’un maillage vert en Ile-de-France, soutenu par le Conseil Régional et notamment l’Agence des Espaces Verts.
A Chaville,
l’objectif à moyen terme est de faire passer la coulée
verte dans un environnement urbain très dense.
Dès l’automne 2001 nous avons alerté la municipalité,
avec Chaville Environnement. La Mairie est à l’écoute
du projet de Coulée verte, qui pourrait notamment s’intégrer
dans les sentes actuelles et à venir. Il faudra imaginer les moyens
de les rendre plus larges et arborées.
Pierre Bordes a participé pour Charme, à l’inauguration des sentes.
En conclusion, sur les dossiers déjà ouverts, on constate que les actions conjuguées et coordonnées des différents acteurs associatifs permettent d’obtenir plus de résultats que des actions en désordre ou isolées. C’est une évidence, et c’est le sens de l’action de CHARME que de coordonner ces actions, en faveur des coulées vertes.
R. Carayol

Objectifs 2002-2003
En 2002 et 2003 nous vous proposons de continuer à promouvoir les coulées vertes dans le département des Hauts-de-Seine et à favoriser les liaisons avec les espaces naturels des départements limitrophes, conformément à la motion adoptée par Environnement 92 à l’initiative de CHARME et du collectif Voie des berges :
Les fondements des projets de coulées vertes sont :
Ces principes ont été affirmés dans le Schéma Départemental des Espaces Naturels Sensibles, élaboré par le Conseil Général des Hauts de Seine.
Les véloroutes et voies vertes sont des concepts aujourd'hui officiellement reconnus par un schéma directeur national spécifique.
Coulées vertes et voies vertes sont de mieux en mieux prises en compte dans les projets d’aménagement : le Conseil Général a notamment décidé d’étudier la faisabilité de la passerelle au dessus de la darse de Nanterre, réclamée de longue date par de nombreuses associations, et soutenue par Environnement 92. Dans d’autres zones concernées comme Vaucresson et Chaville, la concertation entre le Conseil Général, les Municipalités et les associations, se poursuit.
Les associations d’environnement, regroupées dans le collectif Environnement 92, demandent à M. le Président du Conseil Général, Mmes et MMs les maires,
L’ensemble de coulées
et voies vertes ainsi créées, devra permettre, y compris à
travers les parcs, le passage et la cohabitation des cyclistes, des piétons
des fauteuils roulants et des animaux.
Nous souhaitons
également encourager la réflexion auprès des pouvoirs
publics afin de promouvoir les passages, passerelles ou ponts écologiques.
Nous devons amplifier les actions de recrutement de nouveaux adhérents et de nouvelles associations, sur tout le département, afin de bénéficier de relais et de soutiens sur tout le tracé de la coulée verte. De façon plus concrète, nous vous invitons à venir nous aider à réaliser ces actions de promotions : salons, contacts avec les collectivités locales, pique-nique sur la coulée verte…
Comment aménager la coulée verte à Vaucresson-Garches-Marnes ?
On développera ici l’aménagement le plus économique et le plus écologique.
Lors de la dernière réunion avec la mairie de Vaucresson, tous les acteurs ont noté l’accord général sur la largeur de la coulée verte : 14 mètres. Le sentier central sera bitumé pour permettre les déplacement des handicapés (5 mètres de large). Il reste donc 4.5 mètres de chaque côté pour les végétaux.
Dans la partie basse,
on laissera la végétation telle qu’elle est.
Les fourrés et ronciers sont les seuls refuges pour les
oiseaux (qui y sont à l’abri des prédateurs et qui
y nichent)
Les arbres doivent être conservés avec le lierre à
la floraison tardive pour les butineurs, et aux baies noires en hiver pour
les oiseaux sédentaires)
La partie basse contient des arbres dont certains sont déjà très beaux (chênes, frênes et charmes) et des arbustes florifères (sureaux, aubépine aux baies hâtives appréciées des oiseaux).
Dans le bois, en dégageant le lierre par terre, nous pourrions semer des cyclamen sauvages de la forêt de Rambouillet (fleurs roses ou blanches en Août, tapis de feuilles panachées jusqu’en Avril- Les graines sont gratuites, fournies par des associations.) et des fougères de forêt. Lorsqu’elles sont en place, ces plantes se régénèrent seules.
La partie végétale ne demanderait qu’une surveillance des arbres dangereux lors d’épisodes de grand vent.
Dans la partie Haute (Haras Lupin) on fera un sentier botanique avec
Les fleurs seront mises en place par semis, les arbres ou arbustes par boutures, mais on peut également acheter des plantes en pots. Les graines sauvages seront fournies gracieusement par des amateurs. Il y aura des plantes spontanées (par le vent, les oiseaux).
Il n’y a pas besoin d’entretien, les plates bandes seront fauchées au tiers en automne, l’herbe sera laissée sur place pour faire de l’humus, comme en forêt. Il n’y aura pas de pucerons, grâce à la présence de prédateurs (des insectes, des oiseaux insectivores : les granivores sont insectivores pour assurer le squelette des oisillons).
Les autres aménagements sont très onéreux : On peut mettre des " cultivars " à acheter dans les jardineries, des rosiers à traiter, à rabattre, des exotiques (arbres ou fleurs) à remplacer chaque année ou gélifs à remplacer par grand froid…
B.Courtin
CHARME met à votre disposition des compléments d’information, rédigés par B. Courtin, sur les espaces et espèces protégés mais malgré tout menacés.
Transurbaine, les franchissements
Le projet de voie transurbaine
qui vous réunit, que l’on peut appeler coulée verte, corridor
vert ou cheminement écologique, tend à définir un espace
naturel et sauvage longeant des zones d’habitations, d’activités
économiques, ou traversant des espaces forestiers et agricoles.
La première
observation que je formulerai est que cette transurbaine s’affirme en
rupture avec le construit, en continuité avec le naturel.
Le problème
auquel a bien voulu me demander de réfléchir mon ami Philippe
Carlier, en tant que " Conceptrice Produit et Environnement ", est
celui des franchissements des diverses formes de voirie : routes, voies ferrées,
canaux.
Deux attitudes sont possibles :
La première consiste à adopter, pour assurer ces franchissements, les matériaux les plus contemporains : l’acier et le béton (ou même le Ductal comme Rudy Ricciotti pour la passerelle de la paix à Séoul) et de s’en remettre pratiquement aux seuls ingénieurs ; or je considère que, ce faisant, les réalisateurs de tels projets affirment la primauté de l’obstacle sur le cheminement : celui-ci s’arrête, et se transforme en un élément de voirie. L’attitude du promeneur change également : au lieu de jeter un coup d’oeil privilégié d’ " homme naturel " sur un environnement domestiqué, il redevient piéton au milieu des voitures, des trains etc… La première donnée : rupture avec le construit/continuité avec le naturel est battue en brèche.
Une seconde attitude, à l’opposé de la première, s’offre à nous : n’utiliser pour ces franchissements que les matériaux constituant la transurbaine elle-même, c’est à dire la terre, la pierre et le végétal. Les avantages de cette seconde attitude saute aux yeux : la coulée verte, par sa continuité sans faille, constitue avec les espaces naturels rencontrés un écosystème, préservant la vie animale et végétale sans défaut. (Là, M. Courtin objecte que les grands animaux ne traverseront pas les grands axes mais il y a tous les petits…) La simplicité des matériaux, et donc des techniques, n’est pas synonyme de pauvreté des formes : ce sont ces seuls matériaux qui ont servi à la réalisation des voiries jusqu’au XIXème siècle industriel-et le canal du midi à l’échelon régional, les routes royales à l’échelon national, les chemins ruraux à l’échelon local- ne le cèdent en rien aux autoroutes et voies TGV (elles font même partie de ce paysage pittoresque tant recherché…), mais leur sont supérieurs en tant que domaine naturel.
A cet égard, le
maquillage végétal des berges des uns et des autres, même
s’il n’est pas à dédaigner, n’en reste pas
moins un maquillage. Les villages fleuris sont charmants, la moindre sente
forestière, bordée de myosotis et couverte de pissenlits, les
bat à plate couture (ce qui va entièrement dans le sens de M.
Courtin, entomologiste, et de l’assemblée).
Dernier avantage en faveur de ce principe : le franchissement devient signal,
le naturel coupe l’artificiel et invite à réfléchir
; si le voyageur pressé rencontre à plusieurs reprises ce signal
naturel, il ne pourra que s’y intéresser, à pied…
Il n’est pas d’en mon propos, de donner des exemples de ce que
pourraient être de tels franchissements. Seul compte en effet le contexte-
et l’attitude des participants à de tels projets doit être
de se soumettre à ce contexte. C’est de sa confrontation aux
matériaux retenus que jaillera la diversité sans que soit perdue
la continuité. Du moins est-ce là mon opinion, je souhaite simplement
qu’elle puisse vous aider.
(Devant l’insistance de mon ami Philippe Carlier pour des exemples concrets
ou des idées préalables, je dirais que les participants à
de tels projets sont bien sûr
La pierre, la terre et
le bois peuvent être utilisés d’une manière traditionnelle,
le retour à des techniques anciennes va dans le sens d’un besoin
patrimonial mais pouquoi pas imaginer des franchissements en terre en forme
de tertres sous lequel se glisseraient les voitures, par exemple de la terre
récupérée des déblaiements et terrassements des
grands chantiers comme le fait observer M. Denis Plain - Président
d’Honneur d’Environnement 92 -, des passerelles de bois - grumes
de la tempête … - et surtout d’autres idées à
venir !…
source :http://charme92.free.fr