TRANSPORTS
UNE

Forum régional des transports propres
de personnes et de marchandises :
PDU, Plan Etat-Région, PDQA, du changement dans l'air

 

Introduction

 

Pour Serge Mery, vice-président du Conseil Régional d’Ile-de-France, les transports propres en Ile-de-France sont une priorité qui se décline selon trois axes : connaître la pollution, rôle dévolu à Airparif, prévenir la pollution, ce qui nécessite de développer les transports et circulations douces, maîtriser et traiter la pollution.
Le volet Transports du contrat de plan Etat-Région 2000-2006 est le plus important, financièrement, avec près de 27 milliards de francs alloués.

Mais les habitudes des franciliens ne changeront pas si les transports collectifs ne constituent une alternative concurrente de l’automobile, en devenant plus rapides, plus sûrs, plus propres et accessibles aux handicapés. Ils doivent aussi être maillés entre eux, et voir leur fréquence devenir constante et transparente pour l’utilisateur. Une qualité de service qui s’inscrit pour la première fois dans le plan Etat-Région, et se veut être le levier de reconquête des transports en commun, dans le cadre du nouveau Plan de Déplacement Urbain (PDU). Celui-ci prévoit notammment une baisse de 3% du trafic automobile dans les années qui viennent.

Maîtriser et traiter la pollution se traduit entre autres actions par un soutien aux véhicules propres : le Conseil Régional a ainsi aidé la RATP à acquérir 218 bus roulant au GNV (Gaz Naturel de Véhicules) et au GPL (gaz de pétrole liquéfié), et à accélérer la dépollution du parc de bus de la RATP, soit environ 4000 véhicules.
D’autre part, le poids du transport routier et des livraisons est devenu alarmant : 310 millions de tonnes sont
transportées par an, dont 75 en transit urbain : le transport de marchandises en site propre est d’une nécessité
absolue pour la région. Les voies navigables doivent être rénovées, et le réseau ferroviaire réorienté vers le transport combiné.




Le Plan de Déplacement Urbain : une projection sur cinq ans (2001-2006)

 

Le PDU s’articule en 4 actions : mener une politique globale, diminuer le trafic automobile, améliorer les
conditions de circulation des modes alternatifs, et impliquer l’ensemble des partenaires dans la démarche, y
compris les associations.


Il vise quatre objectifs :

- diminuer le trafic automobile de 3 % ;
- augmenter de 10 % la part de la marche dans les déplacements domicile-école ;
- le doublement du nombre de déplacement à vélo ;
- l’augmentation de 3 % des parts de la voie d’eau et du fer pour les marchandises
, soit 50 % d’augmentation de ces modes de déplacement.


 

Le Plan régional pour la qualité de l’air (2000-2006)

 

Le PRQA est en vigueur depuis peu. Brossant un rapide bilan de la qualité de l’air, Bruno Fargette, adjoint au
directeur régional de la DRIRE (Direction Régionale de l’Industrie, de la Recherche et de l’Environnement) d’Ile-de-France affirme que le niveau de dioxyde de soufre (SO2) en sites de fond (à l’écart du trafic automobile) tombe de plus en plus bas depuis les années 60. Quant à celui du benzène, toujours en sites de fond, il serait en baisse depuis 1986, année de limitation à 5 % en volume dans les normes des carburants, pour s’établir à 2,5 % en moyenne en France. Bien qu’une directive européenne de 1998 fixe le taux limite à 1 %, l’objectif français est de 2 %. (Une moyenne qu’il convient de relativiser pour ce qui concerne l’Ile-de-France, NDLR) !

Le niveau mesuré des particules fines (PM10, émises par les véhicules diesel) en sites de fond oscillerait autour de la moitié de la valeur limite fixée par la directive européenne sur les particules PM10 en 1999. La valeur moyenne annuelle (en 1999) mesurée en site de proximité automobile, à la porte d’Auteuil (pondérée par la proximité du bois de Boulogne, NDLR), atteindrait tout juste cette limite. Le renouvellement du parc automobile et l’adoption de nouvelles normes de qualité des moteurs diesel, notamment les véhicules utilitaires légers, devraient contribuer à une baisse sensible de ce niveau d’ici à 2003. Les normes applicables aux poids lourds accusent quant à elles un retard par rapport aux véhicules particuliers neufs.

La qualité de l’air intérieur, en espace clos ouvert au public, et les pollutions domestiques préoccuperaient
particulièrement ledit public, loin devant le benzène et le transport aérien. Selon un test mesurant le niveau
d’émission de particules par fumées noires, réalisé sur des personnes empruntant des trajets alternatifs aux heures de pointes du trafic automobile, l’habitacle automobile est le lieu d’exposition le plus fort, suivi par le métro et le RER (la SNCF dispose de véhicules diesel dans son parc), puis par le vélo, l’autobus et la marche.
Par ailleurs, la teneur en dioxyde d’azote serait comparable dans le métro (air renouvelé au niveau des trottoirs,
démarrage et freinage générant des particules) et à l’extérieur, même en proximité automobile.

Pour ce qui concerne les polluants dits “secondaires”, issus d’une chimie atmosphérique (NO2 et 03), Bruno
Fargette affirme en outre que l’on observe une diminution du monoxyde d’azote (NO2) en proximité automobile
(périmètre de l’autoroute A86, coeur dense de l’agglomération parisienne), grâce au renouvellement du parc, moins sensible en sites de fond. Par contre, les niveaux moyens annuels d’ozone (O3, gaz lié au NO2 et aux hydrocarbures) dans l’agglomération sont en forte hausse, plus difficiles à maîtriser, du fait de leur nature complexe, que les polluants primaires, notamment d’origine industrielle.

Airparif modélise les niveaux d’émission d’oxyde d’azote (voir la page d’accueil du site Parisecologie.com et
document : lien “détails”), et a déterminé que les émissions d’oxydes d’azote devaient baisser de 30% en
agglomération parisienne, par rapport à 1998, à l’horizon 2005, pour parvenir à des niveaux “tolérables” de dioxyde d’azote. Les valeurs en NO2 sont plus élevées dans les zones de proximité automobile (exemples : la porte d’Auteuil, l’autoroute A1, la rue Bonaparte), et doivent baisser de 70 à 80 % pour être “acceptables”.

 

Rationalisation, optimisation des déplacements : objectif réduction du trafic

 

Selon Jean Gilbert, président de l’Association des Usagers des Transports d’Ile-de-France, très sensibilisée aux problèmes sanitaires posés par la pollution atmosphérique, et qui a apporté une part active dans l’élaboration du PDU, plus d’une centaine de personnes meurent prématurément chaque année de ce fait. Il affirme que la plupart des automobilistes ignorent le coût réel de l’automobile, évalué en 2000 à 2, voire 4 F/km.
Ils estiment pouvoir garer leur véhicule où ils veulent, y compris dans les couloirs de bus : près de 50 000 sont en infraction à Paris, dont la majorité dans les couloirs de bus.

Le plan Etat-Région doit produire un effort considérable au niveau des infrastructures, notamment pour ce qui concerne les relations inter-banlieues, encore assurées à 80 % par l’automobile. Une expérience de covoiturage réalisée à Vélizy par Peugeot montre d’ailleurs que la formule est efficace en cas de parking restreint. L’association déplore un effort insuffisant des forces de police pour déterminer les frontières entre la rue et les aires de livraison.

Le CO2 pas un polluant, selon une directive européenne

 

Pour Bruno Fargette (DRIRE), qui cite une étude nationale réalisée en 1994, l’Ile-de-France n’émet que 14 % de
l’émission totale de CO2, soit beaucoup moins que sa valeur ajoutée dans le PIB national, et ne produit par ailleurs qu’une faible partie de son électricité. Une directive de 1996 visant 13 polluants ne comprend pas le CO2 dans cette liste, la règlementation sur la qualité de l’air est donc dissociée de celle sur les émissions de CO2.

A nombre peu élevé d’automobiles électriques, faible pertinence d’une action ?

 

D’après l’intervenant de la DRIRE, 150 000 véhicules GPL, 50 000 véhicules GNV et autant de véhicules électriques sont en circulation en France. Il convient donc de s’interroger sur la pertinence d’une action d’investissement dans des “niches” de marchés que constituent les parcs adoptant ces modes de propulsion.

Le roller en plein développement, mais cohabitation difficile avec vélos et piétons

 

Pour Michel Masseguin, de Roller Squad Institute, les usagers de rollers sont constamment refoulés dans les accès publics. Assimilés aux piétons, on recense pourtant 3,5 millions d’utilisateurs, et 6 millions de rollers sont vendus en France chaque année.
Jean Guibert, président de l’AUTIF, souligne pour sa part la gène occasionnée vis à vis des cyclistes par le débattement gauche-droite des rollers sur les pistes cyclables, et celle sur les trottoirs vis à vis des piétons. Mais pour Adeline Le Men (Roller Squad Institute), les usagers de rollers sont des citoyens, pas membres d’un cercle fermé, et ne doivent pas être placés en situation de rivalité avec d’autres citadins.

Evolution des émissions de CO, NO, HC depuis 1971

Selon Jean Delsey conseiller scientifique à l’INRETS (Institut National de Recherche sur les Transports et leur
Sécurité), en France de 1971 à 1996, l’émission unitaire de CO (monoxyde de carbone) est passée de 35 g/km à moins de 2,2 g/km, et la somme HC+NOx (hydrocarbures+oxyde d’azote), de 11 g/km à 0,5 g/km.
Sur les véhicules non catalysés antérieurs à1993, les niveaux sont de 14 g/km pour le CO, 2,18 g/km pour le HC, et
1,51 g/km pour l’oxyde d’azote, et passent, depuis qu’ils sont catalysés (1993-1994) à respectivement 3 g/km, 0,25 g/km et 0,19 g/km.

Evolution du moteur diesel : la chasse aux particules

Le moteur diesel, fort décrié, émet en fait peu de monoxyde de carbone et d’hydrocarbures, mais plutôt des NOx et particules. Dans les années 60, il émettait 1 g/km de particules, 0,1 g/km en 1994, et 0,06 g/km en 1996.
Mais, les ventes ayant explosé (passant de 5 800 voitures en 1970 à 747 000 en 1990), les émissions annuelles ont augmenté en volume global. Seulement cette année 2002 verra le début d’une décroissance de ces valeurs globales en volume, grâce à de nouvelles technologies, notamment l’injection directe.
Le filtre à particules de Peugeot, qui contribue à brûler les particules constitue en outre une avancée technologique
considérable : les particules sont évaluées à 0,005 g/km, à la limite du détectable, affirme Jean Delsey.

Le point sur les carburants et technologies alternatifs

L’aquazole est un mélange d’eau et de gazole “enrichi” d’un produit émulsifiant. Il réduit les fumées visibles de 30 à 50 %, permet de diminuer l’émission d’oxyde d’azote, mais est sans effet sur les particules.

Le diester est comparable à l’aquazole dans ses effets, mais présente l’avantage d’être renouvelable.

Le gazole a très basse teneur en souffre réduit de 10 à 30 % les émissions de particules.

Selon le conseiller scientifique de l’INRETS, le GPL donne d’excellents résultats en matière de dépollution : peu de fumées sont visibles, et peu de polluants émis. Mais son rendement énergétique est bien moindre que celui du diesel. L’adaptation aux autobus s’avère coûteuse.

Le GNV (gaz naturel de véhicules) offre de très bons résultats en termes de dépollution, son rendement énergétique est variable par rapport au diesel, les coûts et la logistique lourds.

Le véhicule électrique est le véhicule idéal”. Les nouvelles batteries au lithium pourraient bouleverser la donne en terme de marché. Mais puissance et autonomie étant indissociables, pourquoi ne pas envisager l’installation de groupes électrogènes à bord des véhicules ?, se demande Jean Delsey.

La solution hybride semble séduire les industriels : sans stockage, elle fait fonctionner le moteur thermique à faible niveau d’émission de polluants, et avec le meilleur rendement pour cette technologie. Les premiers autobus à motorisation hybride en France sont fabriqués par Irisbus avec Alstom.

Une offre diversifiée de solutions pour des véhicules propres existent à l’heure actuelle, que ce soit, à essence, diesel, avec filtre à particules, carburants gazeux, ou à propulsion électrique. Mais les véhicules thermiques hybrides semblent tenir la corde. Il convient de ne pas négliger d’autres critères décisifs au moment du choix pour le consommateur : notamment le rendement énergétique, les prix d’achat et d’entretien et la logistique.
Pour J. Delsey, enfin, le bus diesel constitue l’avenir : un autobus Agora diesel réduit les fumées de 95%, les oxydes d’azote de 75 % et les particules de 90 % par rapport à ceux de l’ancienne génération.

 


Constructeurs automobiles : perspectives de développement

 

Selon Bruno Costes, délégué à l’environnement à la direction des relations extérieures du groupe PSA Peugeot Citroën, le client attache très peu d’importance aux qualités écologiques d’un véhicule, si cela entraîne un surcoût exorbitant.
Le métier de constructeur consiste à intégrer les technologies de haut niveau dans des voitures vendues néanmoins à moindre coût. Les contraintes énergétiques et réglementaires restent fortes, tout comme celles liées au bruit, à la sécurité, aux émissions de polluants, de CO2, problèmes environnementaux difficiles à résoudre. Surtout sur fond concurrentiel mondial et dans un cadre réglementaire européen.

Les émissions de CO2 liées à l’utilisation de carburants fossiles ont fait l’objet d’un “accord volontaire” des
constructeurs pour un engagement à réduire leurs émissions de CO2
à 140 g/km d’ici à 2008. En 1995, la moyenne européenne était de 186 g/km.
D’ici 2005, Bruno Costes prévoit un respect de cet engagement, et tout d’abord une stabilisation des émissions à l’horizon 2005, malgré l’accroissement du trafic, grâce aux technologies de motorisation comme l’injection directe diesel ou essence, l’allègement des véhicules, l’amélioration de l’aérodynamisme et la réduction des frottements. Déjà, le moteur HDi 2,1 litres Peugeot offre une baisse de 20 à 30 % de l’émission de CO2 par rapport aux moteurs d’ancienne génération.
Le filtre à particules devrait en outre réduire le problème d’image du diesel du fait de l’émission de particules, puisque
cette technologie le met à niveau par rapport au moteur à essence. L’émission de CO2 est le vrai défi des
constructeurs, plus que celui des polluants.

Bruno Costes reconnaît en outre que les deux constructeurs français PSA et Renault-Nissan n’ont réussi à vendre que quelques milliers de véhicules GPL. Un parc automobile met quinze ans à se renouveler, et la baisse des émissions globales du parc a été évaluée par une étude europenne à 70 % entre 1994 et 2015. Les moteurs à essence ont suivi une évolution majeure depuis 1992, grâce au pot catalytique, et à l’injection directe, qui permet une baisse de 15 % des émissions. En 1997, apparaissait le catalyseur pour moteur diesel, et la catalyse DeNox portera ce moteur vers son plus haut niveau de performance.
A la question : “Les filtres à particules laissent-ils passer les toutes petites particules qui entrent dans les poumons ?, la réponse du délégué à l’environnement de PSA est : “... toutes les particules, quelle que soit leur taille, sont réduites de façon homogène et sont maintenant à la limite du mesurable.”


Les énergies alternatives : avenir prometteur pour l’hybride et l’électrique


Le GPL atteint ses limites en termes de performances techniques, le GNV est une alternative intéressante, pour sa réduction des émissions de CO2, et devrait occuper 5 à 10 % du marché à terme, mais au sein de flottes captives ou d’administrations, du fait de ses contraintes logistiques et sécuritaires fortes. “Peugeot est leader mondial du véhicule électrique, avec 3 000 véhicules vendus, et s’oriente vers des solutions pour véhicules utilitaires” (Bruno Costes).

Les véhicules hybrides, notamment dotés du procédé de bascule du thermique à l’électrique lorsque le feu est au rouge, a un avenir prometteur, surtout en ville. Jean Delsey annonce que la Toyota Prius, véhicule thermique-électrique, a été vendue à 40 000 unités en 3 ans. Les batteries de cette voiture sont plutôt réduites en volume et en masse, et permettent une autonomie de 4 à 8 km, le thermique prenant le relais dès que la capacités des batteries a baissé de 10 à 20 %. Une technologie qui devrait être étendue prochainement aux autobus grâce au programme VEG/V2G d’Iris Bus Alstom.


La pile à combustible est LA solution écologique. Fonctionnant sur le principe de la réaction entre l’hydrogène et l’air, qui a pour conséquence l’émission exclusive d’électricité et d’eau, cette technologie comporte malheureusement des inconvénients majeurs à l’heure actuelle : son coût, qu’il faudrait diviser par 10, et le volume de la pile, difficilement intégrable dans une architecture automobile. Le bilan énergétique n’est pas encore favorable, ce procédé utilisant beaucoup plus d’énergie qu’un moteur diesel, par exemple. Un partenariat entre Peugeot, Renault, l’Etat permettra de confirmer la viabilité de cette technologie d’ici 2010 à 2015.

Mais Claude Loiseau, d’Ile-de-France Environnement, déclare qu’une étude de l’INRETS montre que les véhicules diesel équipés de la climatisation consomment de 20 à 30 % d’énergie en plus.
Pour Jean Delsey, les coûts de fabrication en petite série des piles à combustibles sont exorbitants : le kilowatt installé se vend actuellement 100 000 F (en 2000, NDLR), et doit donc être divisé par 1000. Stanislas Thibault, de Total FinaElf, signale que son entreprise, qui fabrique tous types de carburants, a notamment vendu le gazole TNTS
(xéol, pour véhicules lourds), à la RATP, à destination de 3 700 de ses autobus.

Véhicules deux-roues à moteur : très polluants, mais marginaux

Pour Jean Delsey, les moteurs deux temps émettent surtout des hydrocarbures, entre 8 et 20 g/km (contre 0,2 g/km pour une voiture !). Les émissions d’oxyde d’azote sont équivalentes à celle d’une automobile. Les moteurs quatre temps polluent moins. Il faut dire que jusqu’à présent, les deux roues vendus dans l’Union Européenne n’étaient pas équipés de catalyseur, ce qui devrait changer prochainement. En Ile-de-France leurs émissions restent marginales.

Pour la diminution de la pollution de l’air par les véhicules utilitaires routiers

Selon François Bonis, directeur-adjoint au Conseil Régional d’Ile-de-France, 3 millions de personnes vivent au-delà des objectifs de qualité de l’air dans l’agglomération. Mais ceux-ci évoluent : les nouveaux, fixés par l’Union Européenne, alignent les valeurs de proximité (du trafic, NDLR) sur les valeurs de fond (hors trafic), estimant que nombre de personnes vivent le long de voie à forte circulation.
L’intervenant rappelle qu’une action de mise aux normes des bus a permis à la RATP d’équiper 2 400 bus de filtres catalytiques, avec un impact de 2% sur les émissions de polluants.

 

Contrat de plan Etat-Région 2000-2006 : progession des transports en commun

Le contrat de plan Etat-Région 2000-2006 (50 milliards de francs), dont le volume de crédits est en
augmentation de 40%, donne toujours la part belle au Volets Transports en commun (42%, soit 16 Mds de
francs) et Environnement (21%), se félicite Yves Sinou, directeur-adjoint au Conseil Réginal d’Ile-de-France
.

Quelques grandes premières y sont annoncées, dit-il :

- 6 milliards de francs (Mds F) accordés au volet “Qualité de service” ; crédits alloués au transport des marchandises en site propre (800 MF), notamment les voies ferrées et voies d’eau ;
- investissements dans une protection phonique le long des voies ferrées ;
- progression du volet “Transports en commun” (74% des investissements) par rapport au volet “Routes” (26%, soit 7,3 Mds F).

Le budget Transports en commun inclut les opérations suivantes :

- la rocade tramway en proche couronne (2, 65 Mds F) : avec prolongement du Pont de Bezons, du T1 Saint-Denis/Bobigny vers Gennevilliers, le tramway Bobigny-Noisy-le-Sec et le prolongement vers Val-de-Fontenay, et jusqu’à Montreuil ;

- les rocades en grande couronne : la tangentielle Nord, Sartrouville/Noisy-le-Sec (2,2 Mds F), la liaison Ermont/Argenteuil/Saint-Lazare (avec suppression de la branche C du RER jusqu’à Argenteuil), le raccordement d’Epinay permettant d’engager la liaison Pontoise/Le Bourget ; sur la tangentielle sud, Versailles/Corbeil, construction du tronçon Massy/Evry ; démarrage en fin de plan sur la tangentielle Ouest (pôle Versailles-Chantiers) ;

- les réseaux de tramways et bus, servant au maillage du réseau : tramways Saint-Denis/Epinay/Villetaneuse,
Villejuif/Juvisy, Croix-du-Sud/Châtillon/Vélizy/Viroflay, le TCSP Pompadour ; site propre bus sur la RN305 à Ivry, Vitry, Thiais, Choisy, la ligne Aulnay-Bondy, le TVM Ouest Rungis/Croix-de-Berny, le TVM Est Champigny/Les Boullereaux ;

- le réseau de métros qui sert au maillage du réseau : achèvement de Météor ; connexion des lignes 8 et 13 du métro respectivement avec le site propre bus Pompidou/Sucy Bonneuil, et avec le prolongement du T1 ;

- la desserte des pôles : liaison Sénart/Evry, prolongement d’Eole à Tournan en Brie, site propre du plateau de
Saclay/gares RER de Massy, aménagements bus sur la RN20 ; étude de la connexion RER B/RER D à Gonesse.


Des garages à vélos sécurisés pour un transport combiné vélo/transports en commun

A Paris, 80 km de couloirs de bus sur 170 km sont ouverts aux cyclistes depuis juin 2000. Pour Didier Couval, chargé de la mission vélo au Conseil Régional d’Ile-de-France, le déplacement cycliste sur petites distances permet un rabattement aisé sur les stations de transports en commun.

A cette date, 2 000 places de stationnement existaient auprès des stations de transports en commun en Ile-de-France :

- les abris sécurisés : 1 300 places installées par la RATP en 2000 ;

- les stations-services-vélos RATP : un site gardienné avec réparation et location à Neuilly-Plaisance fin 2000 ;

- les boxes SNCF : dans une cinquantaine de gares, individuels ajourés, local fermé avec accès par carte à
Argenteuil et Colombes, ou espaces gardiennés de 100 à 250 places, comme à Versaille-Chantier ;

- les actions volontaires des communes : installation de parcs de stationnements gardiennés à Aulnay-sous-Bois et Saint-Germain-en-Laye ;

- la location.

La SNCF et la RATP implantent maintenant des garages à vélos de 20 à 30 places auprès des gares pour un
stationnement de moyenne durée. Pour une longue durée, des sites de 50 à 250 places sont installés en relation avec les collectivités locales.
Mais selon Abel Guggenheim, de l’association Quatre mètres cinquante, qui milite pour l’élargissement des voies autrobus à 4,50 m afin d’accueillir les cyclistes, malgré une prise de conscience générale de l’utilité du vélo et les mesures évoquées par Didier Couval, le lien entre transports en commun et circulation douce n’est pas encore assuré. Son association n’a pu participer au PDU, et regrète l’absence de financement d’un véritable réseau de pistes cyclables.



Transport de marchandises combiné : doit mieux faire

 

Plus de 80% des transports effectués par la route le sont sur des distances inférieures à 150 km, alors que le
transport combiné trouve sa pertinence sur des distances supérieures à 500 km, affirme Lucien Dumont-Fouya,
président du GATMARIF. D’autre part, sa mise en place suppose un réseau de plate-formes bien réparties et de bonne taille, mais les six plate-formes existantes sont saturées, et regette qu’aucun financement de chantier de transport combiné ne soit prévu dans le cadre du contrat de plan Etat-Région 2000-2006 (si ce n’est Valenton 2, à hauteur de 5 MF, rectifie Yves Sinou). Et Gilles Leblanc, directeur général du Port autonome de Paris de préciser que 80 MF ont été mobilisés sur le chantier de transport combiné du port de Gennevilliers, mis en place avant le contrat de plan.

Quelques chiffres rappelés par Juliette Collin, directice déléguée au fret Paris Rive Gauche à la SNCF :

En 1998, 250 millions de tonnes de marchandises ont été transportés en Ile-de-France, avec un taux de croissance de 4,2 %. Le fer occupe 6 % du marché, la route 89 %.
La distance moyenne parcourue par un poids lourd est de 116 km, contre 406 km pour un wagon, et 169 km pour une péniche.
On constate que 75 % des volumes font l’objet d’une rupture de charge, et jusqu’à six ruptures pour des entreprises comme Monoprix ou Carrefour.
En outre, 700 000 opérations de livraison ou d’enlèvement sont effectuées chaque jour, dont près de la moitié dans Paris intra muros.


Le trafic par voie d’eau : vers le plein essor


Le réseau fluvial de la région, long de 500 km et à grand gabarit, est relié aux réseaux de Bourgogne,
Champagne et Picardie. Non encore saturé, le transport y est effectué sur de courtes distances principalement par des entreprises du BTP, de l’industrie céréalière et automobile, implantées à proximité.
Le transport de passagers (loisirs, tourisme) concerne 6 millions de personnes par an (15 % de croissance annuelle). Les opérateurs, compagnies ou artisans du secteur, sont en pleine mutation.

Dans la région, 10 plates-formes portuaires (incluant le transport ferroviaire et le pipe-line) et 60 ports urbains sont à la disposition de 600 entreprises. Eu égard au transport combiné, le Port autonome de Paris a développé une logique de partenariat avec la SNCF et les ports maritimes.
Il dispose d’un atout de taille, affirme son directeur général, Gilles Leblanc, être situé dans une région organisée autour du fleuve : 75 % de la population réside à moins de 5 km de la Seine, 85 % des emplois sont fixés dans ce couloir, près de cette voie d’eau à grand gabarit.
Par exemple, le port du 7ème arrondissement d’une capacité très importante, permet d’acheminer des tonnes de
marchandises à desitination des habitants des 7ème et 6ème arrondissements, qui vivraient dans un quartier
congestionné par les camions sans cette infrastructure. D’autant que si le transport de marchandises augmente de 8 % l’an, le fluvial augmente lui de 10 %.


Initiative locale : Argenteuil


La ville d’Argenteuil, 95 000 habitants, s’est récemment doté de vélos municipaux, de véhicules GPL pour les élus, et a réparé certains véhicules électriques, affirme Anne Gellé, maire-adjointe “Transport” de la ville. Si l’aquazole a été abandonné, la mairie entend intégrer des véhicules GNV en partenariat avec la CGEA et la RATP, dans le cadre de l’obligation d’intégrer 20 % de véhicules propres dans la parc des poids lourds.

Sources du dossier : actes du colloque de synthèse (9 juin 2000)
du Forum Régional Transports Propres, organisés par l’ARENE
(Agence Régionale de l’Environnement et des Nouvelles Energies Ile-de-France).

 

Addenda du Groupe TotalFinaElf (*)


“Le GNV est présenté comme une énergie qui doit occuper environ 10% du parc de bus urbains en France fin 2003 (1 500 bus sur 15 000). Si 20% du renouvellement des bus se fait au GNV, plus de 75% se fait avec la technologie Diesel. Un véhicule utilisant la technologie Diesel peut rouler avec différents carburants moins polluants que le gazole standard.” C’est ce qu’affirme Jean-Baptiste Boyer (Raffinage et Marketing, Direction Carburants Cartes - Ventes Nationales).


En effet, des alternatives bénéfiques à la qualité de l'air sont possibles :

- les gazoles Colza

Une aditivation au colza du gazole peut se faire dans une proportion de 10 à 30%.
Ce mélange permet de réduire le monoxyde de carbone de 25% et les imbrulés de 30%. Ses atouts sont qu'ils
appartiennent à la famille des énergies renouvelables et qu'ils participent à la limitation de l'émission de CO2 (gaz à effet de serre).

- l'Aquazole

Emulsion d'eau dans du gazole, ce carburant dépollue une flotte existante sans investissement. Son effet sur les
oxydes d'azote (- 15%) et les fumées (une diminution de plus de 60%) est particulièrement efficace.

- le basse teneur en soufre : Total Xéol

Associé à un filtre à particules, ce gazole contenant moins de 50PPM de soufre permet une réduction de plus de 90% du monoxyde de carbone, des particules et des imbrulés. Ce bilan favorable à la qualité de l'air en agglomération est comparable à celui du GNV, pour un coût bien inférieur. 4200 véhicules urbains ont opté pour cette solution.

Avec ses EcoDiesels, le groupe TotalFinaElf approvisionne environ la moitié du parc français de véhicules urbains de transports publics.
En région parisienne : la RATP, les bus de St Quentin en Yvelines (Sqybus) ou les Bennes à ordures ménagères de Rungis ou de Nanterre sont concernés...
La fusion des deux groupes pétroliers a permis de renforcer l'offre de TotalFinaElf en termes de gazoles propres et de présenter une image cohérente pour la diffusion de ces produits.”


(*) Tous les intervenants du Forum des Transports Propres ont été recontactés afin de procéder
à une éventuelle mise à jour des informations publiées dans les actes.
Seul le groupe TotalFinaElf a réagi.
Addenda publié en l’état.