828 actions pour préserver l'eau dans le bassin Seine-Normandie
La Commission des aides de l'Agence de l'Eau Seine-Normandie (AESN), réunie
le 3 juillet 2002 à Saint-Romain-de-Colbosc, en Seine-Maritime, décide
d'accorder 217 M€ à la dépollution et la protection des
milieux aquatiques du bassin Seine-Normandie.
La commission des aides de l'Agence de l'Eau Seine-Normandie, qui rassemble
les représentants des usagers de l'eau, se réunit tous les deux
mois afin d'examiner les demandes de prêts et de subventions en provenance
des collectivités locales, des industriels et des agriculteurs.
Le montant des aides accordées aujourd'hui, qui s'élève à 96 millions d'€uros, se répartit de la façon suivante pour l'ensemble du bassin Seine-Normandie :
Ile-de-France
Station d'épuration biologique et ultra filtration sur membrane
Le site de Danone
Vitapole sur le plateau de Saclay (91) devient le centre de recherche
de la société Danone par transfert d'activité de ses
trois centres de recherche du Plessis-Robinson (92), d'Athis-Mons (91) et
Vichy.
Ce nouveau site deviendra le centre de recherche pour l'ensemble des activités
agro-alimentaires du groupe Danone.
Il regroupera :
Ne pouvant
être raccordé au réseau du SIAVB, pour cause d'effluent
trop concentré, Danone Vitapole doit traiter ses eaux usées
avant de les rejeter dans le milieu naturel d'objectif de qualité 1B
" la Bièvre " via " la rigole domaniale des granges
".
C'est pourquoi il a été conduit à construire un dispositif
d'épuration biologique à boues activées très performant,
sans rejet de MES et une DCO < à 30 mg/l, de type bio-réacteur
à membranes organiques.
L'investissement et l'exploitation de la station d'épuration sont confiés
à la société ELYO - filiale de Suez - dans le cadre d'un
contrat d'externalisation.
Le centre de traitement de déchets graisseux et de boues de
curage ECOPUR est implanté à Tremblay sur des terrains
appartenant à la société Aéroport De Paris (ADP).
Cette société souhaitant récupérer ce terrain,
le centre de traitement a le projet de transférer son activité
sur un terrain de la commune de Goussainville (95).
Le tonnage des déchets graisseux traités sur le site sera supérieur
de 40 % par rapport à celui traité actuellement.
Voir aussi, sur le site de l'AESN - www.eau-seine-normandie.fr - ce qui concerne
les autres régions :
LAgence de lEau Seine-Normandie,
pour surveiller la qualité
des eaux de rivière régionales
Région
à la fois urbanisée, industrielle et agricole, l'Ile-de-France
concentre 18% de la population française
sur 2 % de la superficie du pays, et sa zone urbanisée centrale, lagglomération,
compte plus de 9 millions dhabitants. Son activité industrielle,
malgré des délocalisations vers dautres régions,
en fait la première
des régions françaises. Plus de la moitié de sa
surface est par ailleurs dédiée à des activités
agricoles.
Quatre types de cours d'eau la traversent :
- les grands bassins versants de la Seine, la Marne et lOise
qui y convergent, et assurent une bonne part de
l'alimentation en eau potable de la région ;
- les rivières "bi polaires" comme lYerres,
la Mauldre, lEssonne, le Grand Morin, dont l'amont rural et l'aval
urbain
s'affrontent dans des logiques d'aménagement quantitatif et qualitatif
du milieu ;
- les petits cours d'eau intégrés dans un tissu
urbain dense, comme la Bièvre, le ru de Chantereine, et le
Morbras, dont la "disparition" dans des tuyaux a commencé
pour certains, et se précise pour d'autres ;
- la Seine à l'aval de Paris dont la qualité médiocre
en restreint l'usage.
Dégradation très nette de la qualité des milieux aquatiques du bassin Seine-Normandie
Daprès lAgence
de lEau Seine-Normandie (AESN), le bassin du même nom, qui sétend
sur environ 100.000 km², compte près de 20 millions d'habitants
dont 80% en zone urbaine, et 66.000 km de rivières soumises
à divers types de pression humaine. Les cours deau
dits de bonne qualité sont principalement situés
en tête de bassin et dans les petits bassins côtiers, alors que
ceux de mauvaise qualité seraient sur les bassins
de l'Oise aval, de la Seine entre la confluence de l'Oise et l'embouchure,
l'Orne et la Dive. Selon les résultats danalyses, la pollution
est d'origine urbaine ou industrielle sur les bassins de l'Oise, de la Marne
et de la Seine. Localisée dans l'espace (rejet ponctuel),
cette dégradation affecterait les cours d'eau sur des distances variant
avec leurs capacités d'auto-épuration. (?)
Sans surprise, la dégradation de la qualité des rivières
par les matières organiques, le phosphore ou lazote (nitrates
exceptés) va de paire avec l'urbanisation et l'industrialisation du
paysage, particulièrement au centre du bassin
Seine-Normandie et lors de la traversée de la Région Ile-de-France.
Mises à part les zones urbaines les plus
importantes, l'Est du bassin de la Seine et, à l'Ouest, la
Basse-Normandie sont beaucoup plus touchés par des
pollutions de type diffus liées principalement à l'agriculture
et l'élevage, notamment par les nitrates et les herbicides.
La qualité des populations de poisson est aussi touchée
Globalement, la qualité
des populations de poissons subit une dégradation - du fait dune
forte concentration des
activités humaines -, plus ou moins préoccupante suivant les
zones. Aux confins du bassin, la situation est néanmoins plutôt
satisfaisante (?) ; et sur la partie amont de la Seine
et de ses principaux affluents ainsi que sur les fleuves côtiers normands,
la majorité des stations abrite des peuplements de bonne qualité"
(ouf !). Lagence de leau
Seine-Normandie montre du doigt les rejets polluants, barrages, recalibrages
de cours d'eau, pratiques agricoles
Mais, localisés sur quelques stations, leur impact reste globalement
modéré (?). Par contre, le centre du bassin
Seine-Normandie présente une altération généralisée
qui se traduit par des stations classées en catégories passable,
médiocre et même mauvaise, du fait de lintensification
des pratiques agricoles (pollutions chimiques, érosion des sols entraînant
un colmatage des cours d'eau), de laménagement des cours d'eau
pour le drainage, des fortes concentrations urbaines responsables
de pollutions multiples (domestiques et industrielles) et d'une transformation
massive du lit des cours d'eau, au détriment de nombreuses
espèces de poissons.
Lagence conclut par une note doptimisme, en constatant une amélioration
dans les rivières du bassin de la Seine,
depuis quelques années - qui se manifeste par une progression des espèces
les plus sensibles et spécialisées (?) -,
et une stabilisation de la qualité des populations de poissons dans
les fleuves côtiers normands.
Un système d'évaluation de la qualité de l'eau qui focalise sur les altérations, les usages et les fonctions
Le système d'évaluation
de la qualité de l'eau (SEQ-eau) est fondé sur deux grandes
notions :
- les altérations, matières organiques et oxydables,
minéralisation, matières azotées ..., aux caractéristiques
physico-chimiques de même nature et de même effet ;
- les usages et fonctions, susceptibles d'être perturbés
par les altérations, qui comprennent la fonction Potentialités
Biologiques (permettre la vie si l'habitat est satisfaisant) et les
usages Alimentation en Eau Potable, Loisirs et Sports Aquatiques,
Abreuvage, Irrigation et Aquaculture.
Ce système donne ainsi la possibilité de décliner la
qualité de l'eau soit par altération, soit par usage ou fonction.
Alors que la première approche permettrait d'identifier la ou les altérations
qui posent problème, et d'effectuer un suivi de près des politiques
de restauration mises en uvre, la seconde approche indiquerait de façon
claire et pratique l'aptitude de l'eau à satisfaire les usages ou sa
fonction naturelle.
Le
bassin Seine-Normandie en chiffres
Le bassin Seine-Normandie, c'est 8 régions, 25 départements, 9 000 communes 1/5 du territoire national (100.000 km²) ; un fleuve, la Seine, d'une longueur de 780 km ; 17 millions d'habitants, soit 30% de la population française, 40% des activités industrielles du pays, 60 000 km² (60% de la superficie) en terres agricoles.
Les redevances perçues
par lAgence de lEau Seine-Normandie
L 'Agence de l'Eau Seine-Normandie redistribue "la totalité
des redevances (prélèvement ou pollution) qu'elle perçoit
auprès des habitants, des industiels ou des agriculteurs (déduction
faite de ses frais de fonctionnement)".
Les aides attribuées
Les aides attribuées par l'Agence de l'Eau Seine-Normandie se sont
élevées à 4,8 milliards de francs (Mds F) en 2000, qui
ont permis la mise en oeuvre de travaux à hauteur de 7,5 Mds F :
Les aides aux collectivités territoriales : 4 154 millions de
francs (MF), 633,2 millions d'euros (M€)
Les aides à
l'industrie** : 496 MF (75,6 M€)
Les aides à l'agriculture : 154 MF (23,5 M€)
Total des aides : 4 804 MF (732,3 M€)
Les crédits
affectés à la politique des "nouveaux services emplois
jeunes" : 145 MF (22,1 M€)
Les opérations à maîtrise d'ouvrage de l'Agence (BDD,
études, mesures,
) : 154 MF (23,5 M€)
Le Fonds National de Solidarité pour l'Eau : 179 MF (27,3 M€)
Total des interventions : 5 282 MF ((805,2 M€)
Les ressources naturelles
sont riches, grâce à la confluence de trois rivières importantes,
aménagées, la Marne, la Seine et l'Oise, et la présence
de nappes phréatiques puissantes et étendues.
L'agglomération
parisienne, qui consomme 90 % du total régional, est alimentée
pour 1/3 en eau souterraine, et le reste en eau de rivière puisée
par 14 usines de traitement, dont 8 sur la Seine, 5 sur la Marne et une sur
l'Oise. Leurs pompages influent sur le débit et la qualité des
cours d'eau, puisqu'ils sont évalués globalement à environ
20 m3/seconde. Des prélèvements qui sont évacués
pollués dans les égoûts, après usage, et pas parfaitement
épurés avant leur rejet en rivière. Le dispositif serait
gratifié d'un bon niveau de sécurité, grâce aux
interconnexions étroites entre usines de production et réseaux
de distribution, selon lAgence de lEau Seine-Normandie.
La ville de Paris
dispose curieusement dun réseau d'eaux non traitées destinées
à l'arrosage des parcs, le lavage des rues et les chasses dans les
égouts.
La périphérie rurale de lagglomération, qui constitue 2/3 de la superficie régionale, est parsemée de villes et villages alimentés par de l'eau souterraine via environ 700 structures de distribution. Lors des grands pics de consommation, la production deau potable est encore insuffisante, et lAgence de lEau Seine-Normandie déplore la faiblesse des investissements préventifs réalisés pour y remédier, ainsi que la quasi-inexistence dinterconnexions entre réseaux contigus, rendant précaire la pérénité de l'alimentation.
L'architecture du réseau
d'égouts conçue par Haussmann en 1856 pour lagglomération
parisienne perdure, mais le
processus de concentration des eaux usées de l'agglomération
à l'aval de Paris, a du évoluer pour faire face à
l'urbanisation longtemps "galoppante".
La décentralisation de lassainissement est engagée, comme
pour les usines d'eau, précise lAESN.
Le Syndicat Interdépartemental pour l'Assainissement de l'Agglomération
Parisienne (SIAAP) assure le transport et
l'épuration des eaux usées de 8 200 000 habitants, vivant sur
une superficie d'environ 1 900 km2,
dont 6 100 000
habitants pour Paris, les Hauts-de-Seine, la Seine-Denis, le Val-de-Marne,
et 2 100 000 hahitants des 161 communes
de l'Essonne, des Yvelines, du Val d'Oise et de la Seine et Marne.
Environ 2,7 millions de m3 d'eaux usées sont
épurés chaque jour dans les quatre stations d'épuration
du syndicat,
Achères, Noisy-le-Grand, Valenton, et Colombes. Actuellement seules
ces deux dernières épurent à un niveau de
traitement satisfaisant.
Le SIAAP a engagé un grand programme de "maillage de grands
émissaires" (canaux dévacuation, NDLR) afin
d'améliorer la sécurité du transport des eaux usées
vers les stations d'épuration. Dans la zone périphérique
de
lagglomération, toutes les villes sont équipées
de stations d'épuration, conformément à la politique
d'assainissement
réglementaire de la directive européenne sur les eaux
résiduaires urbaines de 1991 et de la loi sur l'eau de 1992.
Le volume global d'épuration dans cette zone est de 500 00 m3/jour,
effectuée par 55 stations couvrant chacune les
besoins de traitement des eaux usées de plus de 10 000 habitants, et
400 stations couvrant chacune les besoins de
traitement dun volume inférieurs à ceux de 10 000 habitants.
Selon lAESN, se développe actuellement l'assainissement individuel
en zone rurale, dont "les performances technique et économique
sont avérées".
La qualité de leau de la Seine
Malgré des améliorations
tangibles, et le retour de plusieurs espèces de poissons, lAgence
de lEau regrète que la
qualité de leau de la Seine à l'aval de l'agglomération
demeure médiocre : la concentration des besoins et des activités
de toutes sortes engendre une concentration des rejets. Les égouts
de l'agglomération parisienne ont un débit équivalent
à celui d'une rivière comme la Marne et faute d'une épuration
suffisante, la pollution rejetée dégrade la qualité de
la Seine jusqu'à la mer.
Les Nations Unies ont choisi Seine-Normandie comme bassin témoin pour une évaluation mondiale de la ressource en eau
Seine-Normandie
a été choisi par les Nations Unies comme unique bassin témoin
européen pour le nouveau
Programme mondial d'évaluation de la ressource en eau (eaux douces,
de surface ou souterraines). Ce bilan mondial a été lancé
en mars 2000 au 2ème Forum mondial de l'eau de
La Haye, en réponse aux inquiétudes de la communauté
internationale, exprimées par ailleurs aux rencontres internationales
de Dublin (1991), Rio (1992) et Paris (1998) et
renforcées en septembre 2000 par la "Déclaration du Millénaire",
qui engage les Nations Unies à réduire de moitié, d'ici
2015, les populations privées d'accès à l'eau potable
et à promouvoir une exploitation durable et équitable de la
ressource.
Il s'agit de la première initiative de l'histoire des Nations Unies
rassemblant les efforts de 23 de leurs agences. Son
importance politique a été soulignée par Kofi Annan,
secrétaire général des Nations Unies, à l'occasion
de la journée
mondiale de l'Eau du 22 mars 2001.
Ses ambitions sont à la fois scientifiques, culturelles et éducatives
et visent à apporter une réponse opérationnelle à
la Vision Mondiale de l'Eau présentée à La Haye, au bénéfice
et avec la participation de l'ensemble des catégories
d'usagers de l'eau, y compris l'environnement mondial et la biodiversité.
La première édition du Rapport mondial sera officiellement présentée
au 3ème Forum mondial de l'eau de Kyoto (17-23
mars 2003). Elle s'appuiera sur une présentation détaillée
d'au moins 6 bassins ou pays de référence (Bangkok, Ceylan,
Limpopo en Afrique, San Francisco, Tokyo et Seine-Normandie). Les 6 bassins
retenus sont destinés à devenir les zones pilotes de validation
de la pertinence de la méthode et des indicateurs d'évaluation
en cours d'élaboration à l'UNESCO, notamment à des fins
de comparaisons. Le programme devait fournir des contributions substantielles
à la conférence ministérielle de Bonn (3-7 décembre
2001) dédiée à " l'eau pour les pauvres ",
ainsi qu'au 2ème Sommet de la Terre (Johannesbourg,
septembre 2002).
(Communiqué de Presse du 31 mai 2001)
LAgence de lEau Seine-Normandie annonce le budget du nouveau schéma d'assainissement de l'agglomération parisienne...
Le financement des travaux dassainissement de lagglomération parisienne, à léchéance de 2006, est assuré à hauteur de 1,68 milliard d'euros, une enveloppe destinée à décentraliser et diversifier les centres de traitement des eaux usées, améliorer la performance des ouvrages existants, maîtriser les flux d'eaux usées par la création notamment douvrages de stockage des eaux pluviales
... et le concours Eau-pure, Eau-propre à destination des industriels, collectivités locales et associations
Depuis 1993,
l'Agence Seine-Normandie organise le concours "Eau-pure, Eau-propre"
pour récompenser les maîtres
d'ouvrage engagés dans la protection des ressources en eau. L'édition
2001 comportait trois volets.
Le concours
industries était ouvert aux entreprises ayant un site industriel
sur le bassin Seine-Normandie qui met en oeuvre un ensemble de mesures
techniques et organisationnelles aptes à assurer, de façon durable,
un impact réduit pour le milieu aquatique ; il classait en
catégorie 1 les actions de réduction de la pollution à
la source et lutilisation efficace de l'eau, en catégorie 2 la
performance et la qualité de l'épuration des eaux usées
; et en catégorie la qualité du suivi des rejets et de leur
impact sur le milieu naturel. La dotation globale de ce volet était
fixée à 150 000 € (983 935 F) en lots de 15 000 ou 30 000
€ pour les sites les plus importants.
Le concours
collectivités locales, ouvert aux communes dont le projet
d'assainissement s'inscrivait dans une démarche qualité ou était
réalisé dans le respect des règles semblables, de son
élaboration jusqu'à son application était doté
dun 1er prix de 10 € (65,59 F) par mètre
linéaire de canalisation posée en conformité avec
la charte et les contrats finals, dun 2ème
prix de 3 € (19,67 F) par mètre linéaire de canalisation
posée pour les opérations dont le résultat d'audit
montre un ou des écarts avec le référentiel de la charte
mais dont les résultats finals sont bons.
Le concours rivières, qui concerne les gestionnaires de cours d'eau et de zones humides, récompensait des communes ou des associations pour leurs actions exemplaires en matière de préservation de la qualité écologique des milieux aquatiques". Il classait en catégorie 1 une structure employant un garde rivière et était doté de deux prix de 15 000 euros (98 394 F), en catégorie 2 une structure n'employant pas un garde rivière, avec trois prix de 7 500 € (49 197 F), à la clé, et en catégorie 3 le gestionnaire de zones humides, doté dun prix de 7 500 € (49 197 F).
(Sources : http://www.eau-seine-normandie.fr ; résultats du concours non publiés sur le site).
828 actions pour préserver l'eau dans le bassin Seine-Normandie
LAgence de lEau Seine-Normandie, pour surveiller la qualité des eaux de rivière régionales