AIR
UNE

Présentation du Plan Régional pour la Qualité de l'Air

(source : PRQA / DRIRE Ile-de-France / juin 1999 - document intégral de 160 pages téléchargeable sur le site www.drire-ile-de-france.fr)

Et aussi : Lutte contre la pollution de l’air : 4ème édition de l’appel à projet régional

 

Préface de Jean-Pierre Duport, préfet de Paris, préfet d'Ile-de-France

L'Ile-de-France figure aujourd'hui, avec Londres, Tokyo ou New York, parmi le club très fermé et très concurrentiel des grandes métropoles mondiales. C'est une source de richesse et une chance pour chaque francilien, comme pour le pays tout entier qui bénéficie du dynamisme de notre région.

Dans un monde de plus en plus ouvert, cette situation est toutefois, chaque jour, remise en question. L'Ile-de-France doit se défendre, au plan économique bien sûr, grâce à l'innovation mais également au plan social et environnemental. L'efficacité économique de notre région dépend en effet à terme de sa cohésion et de sa qualité de vie et donc de notre capacité à gérer les risques sociaux et environnementaux que la croissance urbaine engendre.

Parmi ces risques, l'état de la qualité de l'air occupe désormais une place particulière, au premier rang des préoccupations des franciliens. Les conséquences de la pollution atmosphérique en terme de santé publique expliquent cette sensibilité et justifient une action volontaire des pouvoirs publics.

Les efforts consentis en matière de réduction des émissions industrielles ou d'amélioration continue de la propreté des automobiles ont donné en effet des résultats visibles et très encourageants qui placent d'ailleurs l'Ile-de- France dans la moyenne des grandes villes européennes.
La situation de la capitale n'est plus celle décrite par Victor Considérant au milieu du siècle dernier, dont témoigne avec force le texte suivant : "
Toutes ces fenêtres, toutes ces portes, toutes ces ouvertures sont autant de bouches qui demandent à respirer, et au dessus de tout cela vous pouvez voir, quand le vent ne joue pas, une atmosphère de plomb, lourde, bleuâtre, composée de toutes les exhalaisons putrides de la sentine. Cette atmosphère-là, c'est la couronne que porte au front la grande capitale, c'est dans cette atmosphère que Paris respire, c'est là qu'il étouffe …" (Paris, 1848).
La ville dense a su devenir une ville économe par sa consommation globale d'énergie et par la masse des émissions polluantes qu'elle engendre. Mais, cette ville, par sa densité même, concentre aussi ces émissions et expose une grande part de sa population à leurs effets.

Face au niveau excessif de pollution que nous connaissons aujourd'hui, nous ne pouvons ignorer plus longtemps la nécessaire adaptation de nos modes de vie et de nos pratiques urbaines, encore façonnés par l'usage d'une automobile qui pénètre au cœur même de nos villes. Pour être durable, la ville se doit de conjuguer densité urbaine et circulations douces, qualité urbanistique et transports en commun. C'est là assurément une orientation décisive de ce Plan Régional pour la Qualité de l'Air et une ambition forte du Plan de Déplacements Urbains.
C'est aussi le sens de la stratégie de métropolisation raisonnée que l'Etat souhaite mener avec ses partenaires dans le cadre du prochain contrat de plan 2000 - 2006.

Le document que vous allez découvrir, et dont je remercie vivement tous les auteurs, se veut d'abord un constat objectif et partagé par les représentants des collectivités locales, des entreprises et des associations. Il met à jour l'état de notre savoir, ses forces et ses faiblesses qui nous invitent à la prudence et à la modestie. Il s'attache à un premier effort prospectif. Il propose enfin diverses orientations et recommandations, à inscrire dans la durée, afin de concilier notre aspiration à des déplacements toujours plus nombreux et le respect du patrimoine commun qu'est notre environnement.

Il appartient aujourd'hui à l'Etat, aux collectivités locales mais également à chaque francilien dans son comportement quotidien de mettre en œuvre ces orientations pour donner à l'Ile-de-France un air de qualité qui participe à l'embellissement de nos quartiers, de nos villes et de notre environnement.

 

Jean-Pierre DUPORT
Préfet de la région d'Ile-de-France
Préfet de Paris

 

 

Présentation du document institutionnel PRQA

 

Le Plan Régional pour la Qualité de l'Air vise à bâtir une politique pour améliorer à moyen terme la qualité de l'air à Paris et dans sa région.

 

La première partie, Objet du plan, distingue trois espaces géographiques différents :

- le cœur dense de l'agglomération : Paris et sa proche couronne, limitée par l'autoroute annulaire A 86 ;

- le reste de l'agglomération de Paris ;

- l'ensemble des zones périurbaines et rurales qui entourent l'agglomération.

 

La deuxième partie, Constats, dresse l'état des savoirs relatifs à l'Ile-de-France sur les divers aspects touchant à la qualité de l'air.

Le réseau de surveillance Airparif est d'une performance de niveau international.
La situation de l'Ile-de-France vis à vis des polluants normés est satisfaisante pour les polluants indicateurs de pollution industrielle.
La situation est défavorable particulièrement pour le dioxyde d'azote et l'ozone.
La pollution due au dioxyde d'azote affecte surtout le cœur dense de l'agglomération.
La pollution par l'ozone est marquée dans les zones périurbaines et rurales éloignées, particulièrement au sud de la région.
Des cartographies ont été établies sur la base des mesures de qualité de l'air pour 1997 et des données de
répartition géographique de la population et des emplois. Plus d'une personne sur deux résidant dans le cœur dense de l'agglomération (soit un habitant sur quatre parmi les 11 millions d'habitants de la région) est potentiellement exposée à des niveaux de concentration de dioxyde d'azote excédant l'objectif de qualité fixé à 50 µg/m3 (en médiane/ percentile 50).
Pour autant les éléments disponibles, quoique insuffisants pour établir une comparaison approfondie et objective,
montrent que Paris ne se démarque pas des métropoles européennes de taille comparable.

L'analyse des émissions polluantes montre que le trafic routier est le premier responsable des émissions d'oxydes
d'azote et de composés organiques volatils. La concentration des émissions d'oxydes d'azote dans le cœur dense
peut être mise en relation avec les niveaux mesurés dans l'air.
Une étude prospective montre que les émissions régionales annuelles d'oxydes d'azote devraient baisser de 36 % entre 1994 et 2005, et celles de composés organiques volatils de 40 % entre les mêmes dates.
La baisse estimée d'oxydes d'azote entre 1994 et 1998, confirmée par la baisse de concentration du monoxyde d'azote dans l'air, ne s'est toutefois pas encore traduite dans les niveaux moyens de dioxyde d'azote.

Les études épidémiologiques conduites depuis une dizaine d'années en Ile-de-France ont confirmé les effets sur la santé de la pollution atmosphérique. Un chiffrage approximatif des coûts de santé a pu être avancé.
Les effets sur l'environnement naturel ou bâti, peu connus, font l'objet d'une analyse des risques. Quatre couples
polluants-cibles ont été mis en évidence.
Certains coûts peuvent également être approchés.

L'information du public est aujourd'hui un maillon essentiel de toute politique de qualité de l'air. L'analyse de
l'évolution de l'opinion publique et de la façon dont les médias abordent le problème permet d'éclairer les voies à
suivre.

 

La troisième partie, Orientations et recommandations, propose des orientations générales à l'adresse des
autorités publiques selon cinq thèmes distincts et complémentaires :

- connaissance & prospective ;

- déplacements automobiles ;

- activités et habitat ;

- communication ;

- financements & fiscalité.

 

 


Créée en 1979, Airparif est l’association chargée de surveiller la qualité de l’air sur l’ensemble de l’Ile-de-France

Airparif regroupe au sein de son conseil d'administration quatre collèges réunissant les différents acteurs
impliqués dans les problèmes de pollution de l'air :

• les représentants de l'Etat ;

• des collectivités territoriales d'Ile-de- France ;

• des représentants des diverses activités contribuant à l'émission des substances surveillées : les uns, de
l'association d'Airparif regroupant des industriels, les autres du secteur des transports ;

• des associations de protection de l'environnement, de consommateurs, des représentants des professions de
santé, enfin des personnalités qualifiées.

Ces différentes personnes décident ensemble de l'orientation de la politique de surveillance.
Le budget 1999 d'Airparif s'est élevé à un total de 37,5 millions de francs répartis entre les dépenses de fonctionnement (pour 28,2 millions de francs) et les dépenses d'investissement (pour 9,3 millions de francs).

Le budget a été assuré en recettes :

- par l'Etat, pour un peu plus d'un tiers ;

- par les collectivités territoriales, pour un tiers ;

- par les industriels, pour un cinquième ;

- le reste est couvert par les revenus propres de l'association : prestations de service.

La ville de Paris assure la moitié de la part des collectivités territoriales ; le conseil régional en assure un quart.
Le personnel d'Airparif compte 41 personnes au 31 décembre 1999, 19 femmes et 22 hommes avec une moyenne
d'âge de 29 ans.
Les moyens de surveillance progressent très rapidement : il y a 40 ans deux indicateurs étaient suivis ; aujourd'hui Airparif contrôle en permanence de façon automatique six polluants.
Des prélèvements manuels, des suivis d'analyses en laboratoires (effectuées par le Laboratoire d'Hygiène de la Ville de Paris et le Laboratoire Central de la Préfecture de Police), complètent le dispositif de surveillance automatique.
Ils permettent la surveillance des composés organiques (entre autres du benzène) et des polluants métalliques.

Airparif développe des outils de prévision des épisodes de pollution, mais aussi de modélisation des processus
dynamiques de l'atmosphère en vue de mieux orienter les politiques d'amélioration de la qualité de l'air.

NB : Cette présentation est fidèle - dans son contenu textuel et ses illustrations - à l'original ; veuillez nous excuser pour la faible qualité de rendu - indépendante de notre volonté - de certains visuels (graphiques), scannés à faible résolution dans la version originale au format PDF.

 


Lutte contre la pollution de l’air : 4ème édition de l’appel à projet régional

Michel Vampouille, vice-président du Conseil Régional d'Ile-de-France chargé de l'environnement, a fait voter les subventions aux lauréats 2002 de l'appel à projet régional de lutte contre la pollution de l'air. Elles représentent un montant total de 309 221 €, correspondant à la mise en service de :

Le jury, réuni le 3 juillet dernier, a retenu les 12 projets suivants :

L'appel à projets, rappel d'une démarche originale et innovante

La Région a mis en œuvre, depuis 1999, un appel à projets visant à diminuer la pollution des véhicules utilitaires par une aide régionale portant principalement sur le renouvellement de véhicules utilitaires et la mise en place de dispositifs de dépollution sur les véhicules utilitaires lourds (+de3,5t) qui restent plus longtemps en service.
Il s'adresse désormais aux collectivités locales et à leurs groupements, ainsi qu'aux entreprises publiques, aux acteurs ayant une délégation de service public (chambres consulaires, ordures ménagères) et aux entreprises privées. Il concerne aujourd'hui les véhicules routiers mais également les autres modes de transports polluants. Le critère de sélection est la diminution de la pollution obtenue au franc investi. Un jury présélectionne les projets, votés par la Commission permanente. Cette démarche permet de sensibiliser bien au-delà des seuls projets financés et se veut donc incitative et démonstrative.

Commission permanente du 19 septembre 2002