AIR
UNE

PDQA, la qualité de l'air : au point de rencontre de la chimie atmosphérique…

 

Parmi les substances produites par les activités humaines ou les milieux naturels, certaines sont directement
nocives pour l'homme ou l'environnement : ce sont des polluants primaires. D'autres réagissent entre elles, sous l'effet
des conditions atmosphériques, et produisent de nouvelles substances, qui ne sont pas directement émises par
l'activité humaine ou naturelle : ce sont des polluants secondaires. C'est en particulier le cas de l'ozone.
Cette production n'est pas instantanée : elle peut demander plusieurs heures, au sein de masses d'air qui se déplacent au-dessus du territoire.


L'Ile-de-France bénéficie d'un climat océanique, généralement propice à disperser les divers polluants. Pourtant, qu'un anticyclone s'installe durablement sur notre région, en hiver ou en été, et voici que les niveaux moyens habituellement observés connaissent des pointes, dont le public est systématiquement tenu informé depuis cinq ans avec l'institution de la procédure d'alerte et d'information du public le 25 avril 1994.


L'air que nous respirons chaque jour est-il pour autant aussi sain qu'il est souhaitable ?

Quel danger pourrait dissimuler l'iceberg, sous sa pointe apparente affleurant l'eau ?


Telle est la première dimension de l'enjeu présent.

… et de la géographie urbaine

 

L'agglomération parisienne rassemblait en 1997 87 % des 11,1 millions d'habitants de la région, alors qu'elle couvre 2
600 km2, soit un cinquième seulement de la superficie régionale. Sa densité moyenne d'habitat (37 habitants à
l'hectare) masque différents niveaux de concentrations successives.

La zone délimitée par le périmètre de l'A 86, qui comprend donc Paris, le département des Hauts-de-Seine et les communes de Seine-Saint-Denis et du Val-de-Marne situées approximativement à l'intérieur de l'A 86 compte la moitié de la population de l'agglomération de Paris sur un cinquième de sa superficie ; sa densité est voisine de 100 habitants à l'hectare.
Cette zone, dont on verra l'importance dans les analyses qui suivront, n'a pas de nom. On la désignera dans le présent document comme le cœur dense de l'agglomération de Paris. Enfin, 40 % environ de la population de ce cœur dense habite Paris, dont la superficie est (à nouveau) le cinquième de ce cœur dense. Ainsi la densité de l'habitat parisien est-elle double (202 habitants/hectare) de celle du cœur dense. Au final, Paris accueille un francilien sur cinq, alors que sa superficie est inférieure à un centième de celle de l'Ile-de-France.

Aux données de population résidante, il convient d'ajouter les données relatives à l'emploi, détaillées ici par département pour Paris et la petite couronne. Si le fait d'adjoindre l'emploi à la population dans le calcul de la densité tempère un peu le poids de la Seine-Saint-Denis et du Val-de-Marne (le rapport des densités s'établit à 1,34 et 1,38, inférieurs à la moyenne régionale égale à 1,45), il accentue encore l'effet de concentration au bénéfice des Hauts-de-Seine (avec un rapport de 1,56) et surtout de Paris (avec un rapport de 1,76).
Si Paris accueille un cinquième de la population résidante, elle concentre encore un tiers des emplois régionaux.

Les réseaux de transport, routiers et ferroviaires, convergent vers Paris. Les transports routiers jouent un rôle important dans la pollution de l'air. Aux trois niveaux de concentrations urbaines que l'on vient de distinguer correspondent presque exactement trois rocades routières distinctes (cf. plan).
La Francilienne passe grosso modo à la périphérie de l'agglomération de Paris ; à l'ouest cependant, celle-ci,
absorbant les villes nouvelles de Cergy-Pontoise et Saint-Quentin-en-Yvelines, s'est depuis longtemps étendue
au-delà des tracés prévus pour la Francilienne et non encore réalisés. L'A 86 a été choisie ici comme limite du cœur
dense. Aucune de ces deux rocades n'est achevée, et ne le sera avant plusieurs années.

Le boulevard périphérique, enfin, est la seule rocade routière complète. Achevée en 1973, voici vingt-cinq ans, elle
est toute entière implantée sur le territoire de la commune de Paris.
Qui sait aujourd'hui l'origine de son nom ?
Celui-ci date de 1943 : il désigne un projet de boulevard, abondamment planté, destiné à desservir les terrains de sport de la ceinture et à mettre en relation les bois de Boulogne et de Vincennes.
Bien entendu, le fait que cette appellation demeure aujourd'hui usuelle ne doit pas faire oublier son caractère impropre : loin d'être un boulevard, c'est une autoroute annulaire, la seule achevée ; et elle n'est pas périphérique (si ce n'est par rapport à la commune de Paris), mais sertie au cœur-même de l'agglomération.

Comment ces quelques données de géographie urbaine interviennent-elles dans la qualité de l'air ?
Comment apprécier leurs effets sur les émissions polluantes ?
Comment juger en retour des effets de la qualité de l'air sur la population selon ses lieux d'habitat, de travail ?

Telle est la seconde dimension de notre enjeu présent.

 

Une métropole, trois échelles urbaines

L'agglomération de Paris est grosso modo limitée par la Francilienne, là où celle-ci existe.
Les excroissances les plus notables sont situées à l'ouest :
- Cergy-Pontoise et vallée de l'Oise jusqu'au département de l'Oise,
- vallée de Seine aval jusqu'au pôle urbain de Mantes, Saint-Quentin-en-Yvelines.
Parmi les "villes nouvelles", seule Melun-Sénart demeure extérieure à l'agglomération (dans son périmètre de 1990).
(Source :INSEE/SDRIF)

Le cœur dense de l'agglomération de Paris, dessiné selon les limites communales. Il comprend :
- Paris ;
- le département des Hauts-de-Seine ;
- pour la Seine-Saint-Denis : Aubervilliers, Bagnolet, Bobigny, La Courneuve, l'Ile-Saint-Denis, Les Lilas, Montreuil, Noisy-le-Sec, Pantin, Le Pré-Saint-Gervais, Romainville, Saint- Denis et Saint-Ouen ;
- pour le Val-de-Marne : Alfortville, Arcueil, Cachan, Charenton-le-Pont, Chevilly-Larue, Choisy-le-Roi, Créteil, Fontenay-sous-Bois, Fresnes, Gentilly, l'Haÿ-les-Roses, Ivry-sur-Seine, Joinville-le-Pont, Le Kremlin-Bicêtre, Maisons-Alfort, Nogent-sur-Marne, Rungis, Saint-Mandé, Saint-Maurice, Thiais, Villejuif, Vincennes et Vitry-sur-Seine.
(Source : IAURIF)

 

Le Plan est élaboré par une commission placée sous l'autorité du préfet de région. Celle-ci comprend des
représentants de tous les acteurs économiques et sociaux directement intéressés :

- les principaux services de l'Etat ;

- les collectivités territoriales : conseil régional, ville de Paris, conseils généraux, association des maires
d'Ile-de-France ;

- les activités économiques : chambres de commerce, Aéroports de Paris, fournisseurs d'énergie,
constructeurs d'automobiles, pétroliers, syndicat des transports parisiens… ;

- les associations et personnalités qualifiées dans les domaines de l'environnement, de la santé, des transports et de la consommation ;

- le comité régional de l'environnement et les huit Conseils Départementaux d'Hygiène.

Les diverses phases de travail ont été menées par des groupes de travail largement ouverts à tous. Le plan régional est œuvre collective.