Le
développement continu de lassainissement saccompagne de
laugmentation de production des sous-produits qui en découlent.
Se pose alors la question des tonnages concernés par ces déchets,
de leur nature et de leur devenir. Dans le cadre de sa mission de suivi des
déchets en Ile-de-France, lORDIF souhaite faire le point sur
ces sous-produits, en lélargissant à lensemble des
déchets issus du cycle de leau.
La présente étude concerne les produits suivants :
La démarche suivie
Au travers de la première
partie détude, un constat sur les pratiques actuelles en Ile-de-France
est établi en matière de gestion de ces résidus.
Tout dabord, le contexte général francilien est dressé
:
... et sert de cadre à
lanalyse ultérieure.
Puis, chaque résidu étudié est envisagé séparément
en précisant :
Lors de la deuxième partie détude, chacune des voies dévacuation observées actuellement en Ile-de-France est analysée selon plusieurs approches :
Les perspectives dévolution
et doptimisation sont alors estimées.
Les principaux éléments ressortant de lensemble de
létude sont, par sous-produit :
Pour les grosses usines,
le passage à des filières de recyclage agricole de ces terres
après déshydratation et conditionnement à la chaux apparaît
souhaitable, mais doit faire lobjet dun encadrement technique
et réglementaire précis, quil convient détoffer
pour les filières actuellement existantes. Pour les usines de moindre
taille, pour des raisons de coût et dimpact environnemental limité,
le rejet en réseau dassainissement peut constituer une solution
acceptable, sous réserve de la signature de Conventions Spéciales
de Déversement.
Les résidus de curage des réseaux dassainissement
La production annuelle
sélèverait entre 165 000 et 345 000 tonnes de produit
brut. Cette estimation très imprécise résulte de la variabilité
de la nature des réseaux en Ile de France. On constate également
un décalage important entre la production réelle en réseau
et la collecte (curages) effectivement réalisée.
Lestimation des tonnages collectés porte sur une fourchette de
115 à 135 000 tonnes brutes par an, estimation également délicate
du fait de la diversité des modes de curage et des incertitudes sur
le devenir de ces produits.
La majeure partie des tonnages collectés - 55 à 75 % - serait
envoyée en centre de traitement - 3 centres existant en 1997 - pour
y être valorisée, après tri et lavage, sous forme de sables.
Ce chiffre reste toutefois à prendre avec prudence. 10 % des tonnages
serait également accepté en stations dépuration
avec site de traitement.
Le traitement - station
ou centre spécifique - constitue la meilleure des voies dévacuation
malgré un coût parfois élevé - transport + traitement
- et le déficit actuel de sites daccueil, notamment en grande
couronne. Les autres voies dévacuation actuelles - rejet en réseau
- sont à bannir.
Face aux augmentations prévisibles de tonnages collectés, loffre
en sites daccueil devrait fortement progresser avec près du doublement
de la capacité de traitement totale : 80 000 t/an en 1997 contre près
de 150 à 180 000 t/an à moyen terme.
Les matières de vidange de lassainissement individuel
De même que pour
les résidus de curage de réseaux, on note dune part un
décalage important entre les quantités produites et celles collectées,
et dautre part de grandes difficultés à préciser
les tonnages concernés.
On estime ainsi à environ 380 000 t/an la production totale théorique
de matières de vidange, pour un volume collecté de 60 à
100 000 t/an.
Actuellement, environ la moitié des tonnages collectés serait dépotée en station dépuration pour y être intégrée à la file de traitement des eaux usées. Le dépotage en réseau dassainissement ou en centre de traitement, ainsi que lépandage en agriculture, représentent aujourdhui les autres destinations des matières de vidange, et ce à parts égales.
Les conditions actuelles daccueil sur les stations semblent toutefois bien souvent à préciser :
Le dépotage en station dépuration équipée dun site de réception de ce type de produit est la principale solution à privilégier, tant du point de vue environnemental que financier ou technique. Pour ce faire, loffre en sites daccueil doit être multipliée, notamment sur des stations de taille moyenne, alors quactuellement, ces sites sont principalement situés sur des grosses stations. Une autre solution technique, mais plus délicate à gérer sur le plan financier - et quant à la définition des responsabilités -, pourrait consister en la création dun site de dépotage officiel - et non sauvage comme cest aujourdhui bien souvent le cas - dans le réseau de lagglomération parisienne.
Les récentes évolutions
réglementaires transférant aux communes lobligation de
suivi de lefficacité des dispositifs
dassainissement individuel devraient vraisemblablement poser quelques
difficultés. Toutefois, on peut prévoir une
augmentation importante des tonnages collectés et à traiter
dans les années à venir.
De fait, un doublement
des capacités daccueil en stations dépuration, sil
permet de répondre aux besoins actuels de
traitement, serait insuffisant pour anticiper lavenir.
Les résidus de prétraitement des stations dépuration
Ils regroupent en fait :
Ils sont parfois individualisés - notamment sur les grosses à moyennes stations -, mais peuvent être aussi mélangés.
La majeure partie des tonnages de résidus de prétraitement est actuellement dirigée vers la mise en décharge, soit :
Lincinération - 27 % du tonnage des graisses, dont une grosse partie issue de la station Seine Aval - Achères - ou le traitement en centre spécifique - 15 % des sables et 13 % des graisses - peuvent aussi représenter des débouchés importants, notamment lorsque ces produits sont individualisés.
Lincinération constitue la voie logique délimination des refus de dégrillage du fait de leur nature hétérogène. En revanche, les sables et graisses de prétraitement peuvent donner lieu à recyclage sous réserve dune individualisation. Ces filières, intéressantes sur les plans financier et environnemental, voire réglementaire, sont à développer à lavenir.
Ainsi, les graisses et
les sables peuvent être traitées in situ - stations moyennes
à grosses pouvant réaliser les investissements adéquats
- ou en centre de traitement spécifique.
En cas de traitement in situ, ceci se traduira par des investissements sur
les stations, sous réserve de laccord des maîtres douvrages
concernées.
En cas de collecte des résidus de prétraitement en tout venant,
lincinération devrait rester la voie la plus simple et la plus
logique, dans les petites stations notamment.
Le traitement après collecte de ces résidus est importante, mais une attention toute particulière devra être portée à lavenir sur la réduction à la source de ces déchets.
Les efforts devront porter sur les points suivants :
Des exemples pratiques intéressants se mettent ponctuellement en place en Ile-de-France.
Les boues de stations dépuration domestiques
Elles constituent en
volume le principal des sous-produits issus du cycle de leau, et se
présentent - de même que pour les terres de décantation
dusines deau potable - sous des formes très variables :
de liquides très peu concentrées à solides, selon les
modes de déshydratation utilisés. On exprime donc leur production
en matière sèche (MS) : 115 000 t. MS / an.
Les 3 stations du S.I.A.A.P. existantes en 1997 étaient à lorigine
des 2/3 de ces tonnages.
Les boues dépuration sont le sous-produit le plus suivi, le mieux
connu et le plus encadré - sur les plans technique et réglementaire
- de tous les résidus du cycle de leau.
Par leur valeur fertilisante, voire amendante parfois, mais sous réserve
de son innocuité - teneurs en éléments trace indésirables
-, lépandage agricole constitue le principal débouché
: 88 % des tonnages de boues dépuration franciliennes sont ainsi
épandus en agriculture, dont la moitié est épandue hors
Ile-de-France.
Ceci fait de lIle-de-France une des régions où cette filière
est la plus développée ; la moyenne nationale en 1996 étant
de 55 % des boues dépuration recyclées en agriculture.
Lincinération et la mise en décharge représentent
aujourdhui, à parts égales, le reste des débouchés.
Les conditions dans lesquelles se déroule la filière de recyclage agricole sont toutefois très variables selon les cas, et peuvent présenter des lacunes réglementaires, des absences de :
Les situations sont très diverses, mais dans lensemble, plus la station est importante, plus le suivi et lencadrement - technique et réglementaire - est satisfaisant, même si de nombreuses améliorations doivent encore avoir lieu.
Bien que pratiqué
de façon importante et depuis longtemps, le recyclage agricole en Ile-de-France
de boues dépuration suscite depuis quelques années un
débat sur son opportunité et ses limites. Ce débat est
national mais il trouve un écho particulier en Ile-de-France.
Face aux points positifs de cette filière :
... des points dincertitude ou de rejet apparaissent :
Les réponses à apporter à ces questions sont nombreuses. Elles sont à la fois :
Sont ainsi développés dans cette étude lintérêt ou la nécessité :
En conclusion, cette étude a mis en évidence :
Il apparaît donc que la mise en place dune structure régionale de suivi de ces sous-produits serait souhaitable.
Pour en savoir plus : www.ordif.com