Les déchets encombrants en Ile-de-France (28 juin 2000)
Rappel du cadre et des objectifs de létude
Les enquêtes menées par lORDIF ont permis, depuis le début de la décennie 90, de cerner les grandes évolutions de la gestion des déchets ménagers en Ile-de-France.
Si lon a pu constater une stagnation de la production de déchets ménagers à léchelle régionale, les tonnages dencombrants, eux, ont continué à augmenter - + 7 % entre les enquêtes 94 et 96 - alors que dans le même temps les flux dOM brutes diminuaient de 3,7 %.
Cette augmentation des
flux dencombrants est confirmée et amplifiée par la mise
en place rapide de plusieurs dizaines de déchetteries, dont les tonnages,
sauf exception, nétaient pas ajouté au flux de déchets
encombrants
recensés par les enquêtes ORDIF. En 1996, les 45 déchetteries
dIle-de-France ont reçu 137 000 t de déchets, dont une
part correspond nécessairement aux encombrants.
Lun des objectifs de la présente étude était donc de tenter de cerner la totalité de la production des encombrants tout en veillant à distinguer les différents types flux et leurs provenance ; par exemple :
En effet, alors que les collectes sélectives demballages ménagers se développent rapidement et font lobjet dun suivi spécifique et relativement uniforme - par lentremise de la société Eco-Emballages notamment -, il est manifeste que les collectivités locales nont pas une définition uniforme et pérenne du périmètre «déchets encombrants des ménages».
Il apparaissait donc nécessaire
daffiner les données et informations disponibles sur ces déchets
par le biais denquêtes spécifiques sur le terrain, de façon
à mieux comprendre les variations en tonnage et en contenu des
productions d'encombrants, ainsi que les phénomènes de vase
communiquant entre les différents systèmes de collecte - et
de comptabilisation - de différentes catégories de déchets.
Fin 1998, lADEME Ile-de-France a recensé 76 équipements existants.
En complétant ces
informations avec celles que nous avons pu recueillir, nous présentons
dans le tableau suivant
lévolution des implantations de déchetteries en Ile-de-France
:
Déchetteries
existantes par département : comparaison 1996 - 1998

Population
(en milliers) desservie par déchetterie, à léchelle
de chaque département, en 1998
Population totale de chaque département, divisée par le nombre de déchetterie du département

Début
2000, lIle-de-France compte environ 95 déchetteries en fonctionnement.
Observations :
Pour Paris et la petite couronne, les contraintes - densité de population
et forte pression foncière - limitent fortement le développement
de nouvelles déchetteries de superficie et de conception standards
- plus de 2000 m2 - doù un nombre dhabitants par déchetterie
élevé.
A linverse, les 4 départements de grande couronne, rassemblant
près de 5 millions dhabitants, devraient, à terme, être
équipés de manière à se rapprocher des ratios
nationaux : en 1996, lenquête nationale de lADEME indiquait
une moyenne de 21 900 habitants par déchetterie existante : 1438 déchetteries
desservaient 31,5 millions dhabitants. (Echantillon de 127 communes
d'Ile-de-France, 600 000 habitants)
Tableau
récapitulatif des flux d'encombrants et flux associés collectés
par les collectivités enquêtées

* Le SIVOM Yerre
et Sénart comprend également des communes du Val-de-Marne et
de Seine-et-Marne.
DME : déchets ménagers encombrants (origine ménagère)
Tableau récapitulatif des sites de traitement identifiés
dans les enquêtes (liste non exhaustive)
Centre de tri ou/et de transfert réceptionnant des collectes dencombrants
(bennes de collecte P à P)

Autres installations :
Ratios de collecte dencombrants (kg / hab / an) par département,
1994 . 1996

Alors que les
variations de collecte d'ordures ménagères en mélange,
de 1994 à 1996, sont comprises entre -0,8 % en Seine-et-Marne, et -10,7
% dans les Yvelines, et sexpliquent en grande partie par la montée
en puissance des
collectes sélectives demballages ménagers et de journaux
magazines, le tableau précédent illustre la «volatilité»
des tonnages dencombrants pour certains départements entre les
2 enquêtes ORDIF.

Dans ce tableau,
les Franciliens desservis sont ceux habitant une commune proposant le service
mentionné ou
adhérent à une structure intercommunale qui le propose. Dans
le cas des déchetteries, nous nous sommes basés
sur un échantillon de 36 unités, desservant une population de
1 824 100 habitants (population dite «payante»,
dans notre présentation de létat des lieux) et une hypothèse
de 76 déchetteries existantes en 1998.
(1)
près de 60 % du tonnage entrant en déchetterie est constitué
de gravats et déchets verts.
(2) ratio moyen par habitant desservi ou non.
Rappel :

sur appel : ville
de Paris et quelques autres collectivités.
La déchetterie
est désormais le système de collecte qui reçoit le plus
dencombrants, et ce mouvement tend à samplifier.
Toutefois, si lon retranche des tonnages de déchetterie les gravats
et déchets verts - 214 500 t - celles-ci drainent une quantité
plus faible dencombrants - 132 000 t - que les collectes porte à
porte à date périodique, qui elles reprennent 220 000 t, dans
lesquelles les gravats et déchets verts représentent une part
marginale.
Enquête ITOM 98
Pour 1998, lenquête
annuelle ITOM - enquête de lADEME portant sur les Installations
de Traitement des Ordures
Ménagères et Assimilés - a comptabilisé 224 000
t dencombrants réceptionnés dans les installations de
transit et de traitement dIle-de-France.
Il sagit bien là des encombrants en mélange et identifiés
comme tel au moment de leur pesée. Par contre, sauf exception, les
tonnages transitant dans les bennes de déchetteries ny apparaissent
pas - notamment bennes gravats, déchets verts, ferrailles - puisqu'elles
vont vers des installations de traitement qui ne sont pas dans le champ dITOM,
ou bien que ces déchets ne sont plus comptabilisés comme «encombrants»
dans ces mêmes installations.
De même, les déchets collectés en «tas sauvages»
sont quelquefois comptabilisés en tant que «déchets communaux»
et napparaissent pas non plus.
La même enquête a recensé 153 000 t de «déblais
et gravats», reçues dans des installations de «transit
+ tri» ; on y trouve cette fois une partie des gravats réceptionnés
en déchetterie, mais surtout des déchets de démolition
de détenteurs professionnels : bennes à trier, ne pouvant aller
en CET de classe III.
Rappel : rendements de la collecte porte à porte en mélange et population desservie, enquête ORDIF 96
Concernant les fréquences
de collecte, la même enquête nous fournit les informations suivantes
:
Sur un échantillon de 414 communes ayant renseigné le questionnaire
sur ce point,
on constate la prédominance de la fréquence mensuelle
Intervenants autres que les collectivités dans la reprise d'encombrants ménagers
Dans les cas que nous décrivons ci-après, lencombrant ménagers sapparente plus à un déchet industriel banal (DIB), ce qui signifie que son élimination est, en principe, à la charge de son nouveau détenteur, et non à celle de la collectivité.
Dans la pratique, la
frontière nest pas aussi claire, car certains flux détournés
lors dune reprise au domicile du
particulier sont réintroduits plus en aval dans les dispositifs de
collecte prévus par les collectivités - déchetterie,
tas
sauvages, collectes d'encombrants périodique en porte à porte
- souvent après avoir été allégés de leur
fraction
revendable ou valorisable.
Collecte sur appel par les associations caritatives ou à objet social
Intervention gratuite - type Emmaüs - consécutive à un
don :
Ces associations orientent les flux collectés dans 3 directions :
Ces associations cherchent généralement à bénéficier d'une reprise gratuite par la collectivité de leurs déchets.
Entreprises dinsertion effectuant des prestations payantes
La prestation se fait
également sur rendez-vous et à l'intérieur de l'espace
privé. Ces entreprises offrent un service
payant de débarras à l'usager, particulier ou professionnel,
mais ne traitent pas elles-mêmes les flux collectés :
ceux-ci sont déposés en centres de transfert, CET 2 ou en déchetterie
si elles y ont accès.
Elles interviennent notamment pour le compte de bailleurs sociaux, dans léévacuation
des encombrants des caves collectives.
Exemples :
Collecte sur appel par des professionnels du débarras
Il sagit dentreprises privées, dont les prestations peuvent être gratuites, voire à coût négatif, si certains objets ont une valeur marchande - brocante - mais de plus en plus souvent payantes, dans le cas dun débarras ou de mise à disposition de bennes.
Deux grands types de prestations sont à distinguer :
Pour les détenteurs
professionnels, il existe des entreprises spécialisées dans
la reprise du mobilier de bureau et
de parcs de matériels informatiques.
Reprises « un pour un » des distributeurs d'électroménager
Lors de lachat dun nouvel appareil, lenseigne propose la livraison à domicile et la reprise de lancien matériel, ainsi que des emballages de livraison. Il sagit essentiellement des appareils les plus encombrants : gros électroménager blanc et grands modèles de téléviseurs. Ce service nest pas facturé au client de façon séparée, mais intégré dans la prestation.
Le même équipage
livre lappareil neuf et reprend lancien. Si lon peut penser
que lappareil neuf fait lobjet de
davantage de soin que l'ancien, il s'agit néanmoins d'un mode de collecte
qui dégrade relativement peu ou pas du tout lappareil : manutention
par 2 ou 3 livreurs, camion de livraison fermé avec hayon élévateur.
Selon leur profil, leurs capacités de stockage ou de regroupement et
leur volonté doptimisation de leurs pratiques, les distributeurs
ont en général plusieurs options pour écouler ces reprises.
On peut citer notamment :
(1) partenariat au niveau
national, mais Envie traite localement avec de nombreuses autres enseignes,
y compris les hypermarchés.
Préconisations
aux collectivités territoriales gestionnaires des déchets
Mise en oeuvre dun programme spécifique de gestion des encombrants
Les évolutions
des services aux habitants en matière de collecte dencombrants,
sinscrivant dans un programme
territorial global de gestion des déchets, pourront se baser sur le
programme d.action présenté dans le tableau
ci-après :
Eléments d'un programme d'actions
optimiser la densité/desserte des déchetteries
substituer aux collectes périodiques en porte à porte une collecte sur appel "ciblée"
rendre accessible ces services aux artisans/commerçants
qualifier la gestion des déchetteries
identifier et soutenir les initiatives "flux détournés"
Lun des volets essentiels de ce programme est linformation et la sensibilisation des habitants et autres détenteurs dencombrants : notamment, lincitation à se rendre en déchetterie doit être soutenue et rappelée fréquemment.
De plus,
différentes expériences, en Ile-de-France et dans dautres
régions, ont montré que lusager est demandeur de
conseils, au moment où il est confronté au problème
dévacuation de ses encombrants :
il est même souvent prêt à payer pour un service personnalisé.
Cest là quun service qualifié de réception
des appels se révèle très efficace : il peut être
intégré dans un service global de gestion des appels concernant
les collectes de déchets : service de type «Allo-Propreté».
Pour en savoir plus : www.ordif.com